Plus de 1,3 tonne de cocaïne saisie à Tanger Med    La CGEM décline son software    V.E Maroc publie son évaluation sur les risques de durabilité en 2021    Deux startups marocaines participent pour la première fois    Prémices d'une nouvelle guerre civile au Liban ?    Ahmed Ouikhalen et Meryem Mahfoud remportent la 3è édition    Le WAC domine et s'incline, le Raja s'impose face aux Libériens de LPRC Oilers    La montagne qui a accouché d'une souris    L'union européenne est-elle soumise à un gouvernement des juges?    Appel à promouvoir la médecine d'urgence au Maroc    Le ministère public présente le guide de la « Kafala » des enfants abandonnés    «Osmoses», nouvelle exposition de Hiba Baddou    «J'utilise le fantastique pour raconter, pour voir la réalité avec un autre angle»    Penser le visage avec Emmanuel Levinas    Arabie Saoudite : Levée des restrictions liées au Covid-19    Le PLF2022 table sur un taux de croissance de 3,2 pc et un déficit budgétaire de 5,9 pc du PIB    Coiffe saoudienne... à l'anglaise    Béni Mellal-Khénifra : Exposition collective... aux couleurs de l'automne    Le PLF-2022 table sur un taux de croissance de 3,2 % et un déficit budgétaire de 5,9 %    Daech et les Talibans : un casse-tête ou une menace ?    L'Opinion : Du sécuritaire à l'humanitaire    Couture : Maison Sara Chraibi divulgue sa collection printemps-été 2022    Faux printemps arabes    Covid-19. Colin Powell, secrétaire d'Etat sous George W. Bush, est décédé    Casablanca : Nabila Rmili annonce une vaste campagne de nettoyage    Covid-19 / Maroc : La situation épidémiologique au 18 octobre 2021 à 16H00    Espagne : les séparatistes basques reconnaissent la «douleur» subie par les victimes de l'ETA    Relations entre la Russie et l'OTAN : Moscou suspend sa mission et celle de l'Alliance    Les villes les mieux équipées en guichets automatiques bancaires    Para-basket : L'OCS accède à la première division du Championnat national    Casablanca : Interpellation d'un individu impliqué dans l'agression d'un mineur à l'aide d'un chien féroce    Feuille de route de l'exécutif : ambitions démesurées, petits moyens ?    Transmission du Covid-19: le Maroc passe au « niveau faible »    Face aux résistances des vieux briscards : Les Pionniers!    Relations Maroc-Mali : Interview exclusive avec Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères    Pegasus : avant son procès le 25 octobre, Rosa Moussaoui fait une crise de panique    Ligue des champions /2ème tour « aller » : Le Wydad risque de se faire balancer vers la Coupe de la CAF !    Le taux de fécondité chez les femmes marocaines en forte baisse    Dr Saïd Afif: « L'obligation du pass vaccinal permettrait le retour à la vie normale »    «Te Amo» : Nouveau tube de Khaoula Moujahid    Maroc: ce qui va changer dans le secteur de la Santé    Unité flottante de stockage du gaz au Maroc : les dernières infos du ministère    Cameroun : neuf morts dans un accident provoqué par des vents forts    Laâyoune-Sakia El Hamra : Avortement de trois tentatives d'immigration clandestine    France-Algérie : Quand le régime d'Abdelmadjid Tebboune use de la truanderie politique pour faire plier Paris    Classement FIFA. Le Maroc devrait doubler l'Algérie et intégrer le Top 30 mondial pour la première fois    Fin de la «Crise des sous-marins»?    Magazine : Sarim Fassi-Fihri, maux croisés    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Et Dieu créa «La présidente» !
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 17 - 04 - 2007

Alors que les socialistes étaient encore sous le traumatisme du séisme qu'a été pour eux la chute de la maison Jospin en 2002, ils se prennent subitement à rêver d'un retour au pouvoir. Et si la belle Ségolène allait réussir là où l'austère Jospin avait échoué ?
Sans conteste et même avant que les Français ne choisissent le futur locataire de l'Elysée dimanche prochain, elle constitue la surprise majeure des présidentielles 2007. Son nom est Ségolène Royal. «Ségo» pour la foule d'intimes et d'anonymes de plus en plus dense qui forme son fan-club. Son apparition sur l'écran radar de ces élections fut aussi soudaine que massivement pénétrante. Elle débarqua avec la vitesse d'un météore, enfiévrant avec la morgue des débutants les courbes des sondages. En effet, qui aurait cru que cette femme longiligne, à la silhouette effacée, discrète, rongeant son frein dans les allées du pouvoir mitterrandien, serait un jour le porte-drapeau de la flamme socialiste?
Elle avait tout pour être freinée sec dans ses ambitions présidentielles. Son premier handicap est qu'elle partageait sa vie avec François Hollande qui se trouve être le premier secrétaire du Parti socialiste, poste traditionnellement choisi dans la galaxie socialiste comme tremplin vers l'Elysée. Comment convaincre le père de ses quatre enfants de ravaler ses ambitions et de lui céder le tapis magique vers le pouvoir ? Une situation tellement inédite, tellement originale qu'on dirait le fruit de l'imagination débridée d'un écrivain de scénario hollywoodien.
Si ce passage de témoin fut en son temps présenté à la presse et expliqué à l'opinion comme aisé, allant de soi, découlant de l'évidence naturelle qu'impose la dictature des sondages, les difficultés accompagnant l'opération furent difficiles à masquer. Les méandres mouvementés des primaires au sein du Parti socialiste, la composition durement négociée des équipes de campagne, l'élaboration forcenée du programme électoral allaient être le théâtre de douloureux grincements de dents aux conséquences électorales néfastes.
Ségolène Royal dut donc passer la sélection des primaires au sein du parti socialiste. Au cours de ses longs débats, elle n'avait nullement besoin de forcer son talent. Prônant, sans crier gare, «la démocratie participative», une idée aussi séduisante que fondamentalement impraticable , elle n'avait qu'à étaler tranquillement sa «féminité maternelle» et son regard enjoué sur le destin des français, sur les écrans de télévisions ou devant des militants socialistes désabusés. Sa simple présence apporta un électrochoc. Alors que les socialistes étaient encore sous le traumatisme du séisme qu'a été pour eux la chute de la maison Jospin en 2002, ils se prennent subitement à rêver d'un retour au pouvoir. Et si la belle Ségolène, ses sourires enjolivés, ses tailleurs aux couleurs vives, allait réussir là où l'austère Lionel Jospin avait magistralement échoué? Mais avant cela, il fallait convaincre et gagner l'épreuve inédite des primaires. Ce fut étonnamment facile. En face d'elle jouaient deux mastodontes de l'appareil socialiste : Dominique Strauss Khan et Laurent Fabius, deux champions consommés de la technocratie, sans âme et sans rêves. Même si la presse internationale, notamment américaine, en fit la coqueluche du moment, n'hésitant pas à souligner le vent de fraicheur, d'élégance qu'elle introduisit dans cette campagne, sa victoire fut le début d'un long calvaire. Premier obstacle : comment s'imposer à la grande famille de gauche plurielle française et éviter la grande déperdition de voix qui coûta sa place à Lionel Jospin lors des dernières présidentielles ? Second obstacle, le plus décisif : comment se positionner par rapport à la tornade Sarkozy dont les œillades appuyées à l'extrême droite visent à ratisser le plus large possible ? Il y eut de la part de Ségolène l'épisode de l'encadrement militaire des jeunes délinquants, le contrôle accru des prestations sociales, la polémique sur les signes patriotiques et les symboles identitaires… Une vraie course-poursuite vers le statut de celui qui offrira le plus de garanties et d'assurance à une France inquiète de son avenir et qui doute de ses capacités.
Dans sa démarche actuelle, Ségolène Royal mise sur la volonté affirmée ou inconsciente de Français d'opérer une vraie rupture dans leur vie politique en confiant, pour la première fois dans l'histoire, la magistrature suprême à une femme. Il lui reste cette semaine pour les convaincre que, dans ce monde incertain marqué par l'insécurité internationale et domestique, elle peut être la femme «présidente».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.