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Pour une police citoyenne
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 28 - 07 - 2003

Le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, estime que les dernières nominations au ministère de l'Intérieur, à la DST et à la DGSN, s'inscrivent dans la vision Royale de la nouvelle notion d'autorité. En outre, le ministre plaide pour une amélioration des conditions du travail des agents de police.
ALM: Que pensez-vous des derniers mouvements au sein du ministère de l'Intérieur et à la tête de la DGSN et de la DST?
Mohamed Bouzoubaâ : Tout d'abord, je voudrais souligner que ces nominations s'inscrivent totalement dans le cadre de la vision Royale de la nouvelle conception de l'autorité. Elle consiste à procéder à un renouvellement des responsabilités au sein des institutions sécuritaires et surtout à leur rajeunissement.
C'est mettre l'homme qu'il faut à la place qu'il faut. Le but étant, bien évidemment, de renforcer la sécurité des Marocains tout en leur assurant une quiétude totale. Notre pays est, en fait, en train de procéder à une révision en profondeur de la relation qui existe entre les citoyens, d'une part et l'institution sécuritaire, d'autre part. Cette dernière doit être caractérisée par le respect de la légalité et de la dignité. C'est d'ailleurs l'aspect principal de la nouvelle conception de l'autorité dont a parlé, à plusieurs reprises, SM le Roi Mohammed VI.
A votre avis, ces nominations ont-elles un quelconque rapport avec les attentats du 16 mai?
Les évènements tragiques qu'a connus la ville de Casablanca ont certainement poussé le Maroc à revoir beaucoup de choses, notamment en matière sécuritaire. Cela ne signifie pas que cette approche sécuritaire se fait dans l'irrespect des attributions de chaque pouvoir et de chaque institution. La séparation des pouvoirs reste et doit rester de mise. C'est d'ailleurs un gage de démocratie et de respect des droits de l'homme.
Je prends l'exemple de la police judiciaire. Elle travaille sous le contrôle et la supervision du ministère public, notamment lors de l'enquête préliminaire. Le parquet est responsable de la bonne marche de la procédure et du respect de la loi.
Je suis convaincu que cette coopération continuera à fonctionner convenablement. Le but étant, toujours, de garantir le respect scrupuleux de la loi.
Toutefois, une remarque importante s'impose, à ce sujet. L'approche sécuritaire, seule, ne peut jamais assurer la paix et la stabilité. Les agents chargés de la sécurité doivent être, absolument, aidés par tous les citoyens. Les évènements du 16 mai l'ont d'ailleurs prouvé.
Que faire, selon vous, pour que notre police soit entièrement efficace?
Tout d'abord, il faut revoir à la hausse les rémunérations des agents de police. Leurs revenus sont malheureusement trop faibles. Sur ce point, le gouvernement a, rappelons-le, fourni des efforts importants. L'agent chargé de la sécurité doit bénéficier des moyens financiers suffisants pour vivre, lui et sa famille, dans le confort et la dignité totale. En d'autres termes, l'aspect financier de la réforme est indéniable. Mais il y en a d'autres.
Comme la formation, par exemple?
Effectivement. Les agents de police doivent bénéficier d'une très bonne formation, surtout en matière juridique. A ce titre, je tiens à rappeler que le nouveau code de procédure pénale va entrer en vigueur le 1er octobre prochain. Il est nécessaire que les agents de police soient mis au courant des nouveautés qui se trouvent dans ce nouveau code. Pour ce faire, le ministère de la Justice et la DGSN vont organiser des cours de formations, dans toutes les régions du Maroc, auxquels vont participer des magistrats et des officiers de polices.
En quoi consisteront ces formations?
Il s'agira de présenter le nouveau code à ces personnes-mêmes qui seront appelées à l'utiliser dans leur travail. C'est le cas des juges et des officiers de police judiciaire, par exemple.
La formation consistera à leur montrer quelles sont les nouvelles dispositions contenues dans le code de procédure pénale. C'est de cette manière qu'on évitera des dérapages et qu'on assurera une quiétude aux administrés.
Pensez-vous que le sous-effectif soit également un obstacle dans l'action de la police?
Tout à fait, il faut remédier rapidement à cela. Le policier, comme le gendarme d'ailleurs, doivent bénéficier de bonnes conditions de travail. Ils sont en contact direct avec les citoyens. Ils doivent donc être suffisamment nombreux pour être proches d'eux. Ce n'est que de cette manière que l'on peut concrétiser la notion de "police au service du citoyen".


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