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Discours de haine : à l'ONU, le Maroc plaide pour le dialogue entre religions
Publié dans Yabiladi le 15 - 03 - 2026

À Genève, lors d'un événement en marge de la 61e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, l'ambassadrice du Maroc auprès du Saint-Siège, Rajae Naji Mekkaoui, a présenté le "modèle marocain" de coexistence religieuse comme un exemple unique de diversité et d'unité reconnue internationalement.
DR


À Genève, l'ambassadrice du Maroc auprès du Saint-Siège, Rajae Naji Mekkaoui, a mis en avant ce qu'elle a présenté comme le «modèle marocain» de coexistence religieuse, fondé sur treize siècles d'histoire, la Commanderie des croyants et une tradition d'ouverture entre cultures et religions. Intervenant lors d'un side event consacré au dialogue interreligieux et à la lutte contre les discours de haine, la diplomate a souligné que le Royaume a développé «un modèle unique, reconnu à l'échelle internationale», où la diversité religieuse constitue un facteur d'unité plutôt que de division.
Selon Rajae Naji Mekkaoui, ce modèle repose d'abord sur un socle institutionnel clair. La Constitution de 2011 consacre l'islam comme religion officielle tout en garantissant la liberté de croyance et de culte. Elle confie également au souverain, en tant que Commandeur des croyants, la responsabilité de protéger les fidèles et d'assurer le respect de la diversité religieuse.
La diplomate a également insisté sur les fondements doctrinaux de l'islam marocain, reposant sur trois références : l'acharisme pour la foi, le malikisme pour le droit et le soufisme pour l'éthique. Ces courants, a-t-elle expliqué, privilégient un équilibre entre raison et révélation et favorisent une approche ouverte et modérée de la pratique religieuse.
Dans cette perspective, le Maroc ne se définit pas comme une société composée de minorités religieuses, mais comme «une nation plurielle», nourrie par la diversité de ses composantes culturelles et spirituelles.
Le Maroc revendique sa tradition de coexistence religieuse
Pour illustrer cette tradition, l'ambassadrice a évoqué l'histoire des communautés juives au Maroc, rappelant que le Royaume a longtemps constitué une terre d'accueil pour les populations persécutées.
Les Juifs marocains ont ainsi été pleinement intégrés à la société, tout en conservant leurs institutions religieuses et juridiques. Le Maroc reste notamment l'un des rares pays où des tribunaux rabbiniques continuent de statuer sur les questions de statut personnel et d'héritage au sein de la communauté juive.
La diplomate a également rappelé un épisode marquant de la Seconde Guerre mondiale. En 1942, face aux pressions des autorités nazies et du régime de Vichy, le roi Mohammed V refuse d'appliquer les lois antisémites et de livrer les Juifs marocains. «Il n'y a pas de Juifs au Maroc, seulement des sujets marocains», aurait alors déclaré le souverain, affirmant qu'«un père n'abandonne jamais sa famille».
Des institutions dédiées à la modération religieuse
Rajae Naji Mekkaoui a également mis en avant le rôle des institutions religieuses marocaines dans la promotion d'un islam modéré et la prévention de l'extrémisme.
Parmi elles figurent notamment le Conseil supérieur des oulémas, la Rabita Mohammadia des oulémas ou encore la Fondation Mohammed VI des oulémas africains, chargée de former imams et prédicateurs dans plusieurs pays du continent. Ces structures participent à la diffusion de valeurs telles que la tolérance, le respect des différences et la coexistence pacifique.
L'ambassadrice a également cité l'université Al-Quaraouiyine de Fès, fondée en 859 par Fatima al-Fihriya et souvent présentée comme la plus ancienne université du monde. Pendant des siècles, l'institution a accueilli des étudiants de diverses confessions et origines, devenant un espace d'échanges intellectuels et de dialogue religieux.
Un plaidoyer sur la scène internationale
Au niveau international, le Maroc plaide depuis plusieurs années pour le renforcement du dialogue interreligieux et la lutte contre les discours de haine. Le Royaume a notamment contribué à l'adoption de la Journée internationale de lutte contre les discours de haine, célébrée le 18 juin.
Rajae Naji Mekkaoui a toutefois reconnu que la montée des discours de haine, amplifiée par les réseaux sociaux et les technologies numériques, constitue un défi croissant.
Face à ces dérives, le Maroc plaide pour une coopération internationale renforcée, visant notamment à mieux réguler l'espace numérique, prévenir la radicalisation en ligne et trouver un équilibre entre la protection de la liberté d'expression et la lutte contre l'incitation à la haine.


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