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Un think-tank américain invite le Maroc à lancer une «Marche verte» pour récupérer Ceuta et Melilla
Publié dans Yabiladi le 16 - 03 - 2026

L'appel ne vient ni de Rabat ni de Madrid, mais de Washington. Dans une tribune publiée par le think-tank American Enterprise Institute, l'analyste américain Michael Rubin suggère au Maroc d'organiser une nouvelle «Marche verte» pour reprendre Ceuta et Melilla.
Michael Rubin, membre de l'American Enterprise Institute for Public Policy Research (AEI) / DR


«Pedro Sanchez, le président espagnol, devrait passer des paroles aux actes concernant la rhétorique anticoloniale et mettre un terme à l'occupation de l'Afrique par l'Espagne», déclare l'ancien responsable au Pentagone, Michael Rubin, dans un article publié par l'American Enterprise Institute for Public Policy Research (AEI), un think-tank connu pour ses positions néoconservatrices.
Rubin va plus loin et estime que «Mohammed VI devrait renouer avec l'esprit de la Marche verte pour achever l'expulsion des colons espagnols du territoire marocain».
Il poursuit en précisant que «Ceuta et Melilla, bien que relativement petites, sont des avant-postes illégaux abritant environ 170 000 colons espagnols. Elles représentent une faiblesse pour la sécurité européenne, car des migrants africains traversent régulièrement la frontière pour demander l'asile».
Cet ancien membre du ministère américain de la Défense suggère même aux Marocains de «déployer des bulldozers à la frontière, puis d'entrer pacifiquement à Ceuta et Melilla pour y hisser le drapeau marocain».
«Bien que Sanchez et la presse espagnole s'indigneraient, ils n'auraient aucune raison d'agir, pas plus que l'OTAN, même si des forces marocaines entraient dans les villes pour rétablir l'ordre et organiser le départ des colons par le détroit de Gibraltar vers l'Espagne.»
L'OTAN ne réagirait pas automatiquement
L'expert avance également un argument juridique : selon le traité de l'OTAN, une telle initiative ne déclencherait pas automatiquement une réaction. «L'article 6 est explicite : "Aux fins de l'article 5, une attaque armée contre une ou plusieurs Parties est réputée inclure une attaque armée contre le territoire de l'une quelconque des Parties en Europe ou en Amérique du Nord… ou contre les îles sous la juridiction de l'une quelconque des Parties dans la zone de l'Atlantique Nord, au nord du tropique du Cancer." Ni Ceuta, ni Melilla, ni les îles Canaries ne déclencheraient une réponse de l'OTAN, tout comme l'OTAN ne serait pas obligée de réagir à une attaque contre Hawaï ou Porto Rico», explique-t-il.
En juin 2022, lors du sommet de l'OTAN à Madrid, l'Espagne avait tenté d'étendre explicitement la protection de l'Alliance à Ceuta et Melilla. Cette initiative s'était soldée par un échec, malgré une campagne menée durant des mois par la diplomatie espagnole autour des «menaces venant du sud» pesant sur l'Alliance.
La prise de position de Michael Rubin intervient dans un contexte de tensions entre le gouvernement espagnol et le président américain Donald Trump. Ce dernier a menacé, le 3 mars, de rompre les relations avec l'Espagne, une menace réitérée le 11 mars.
L'article de Michael Rubin suscite un vif intérêt dans les médias espagnols, qu'ils soient de droite ou de gauche, ainsi que parmi les soutiens du Polisario.
En janvier dernier, la section de Podemos aux îles Canaries a accusé le Parti populaire et Vox de légitimer, par leur soutien à l'opération militaire américaine contre le Venezuela, une doctrine internationale qui pourrait ouvrir la voie à une nouvelle «Marche verte» orchestrée par le Maroc, avec l'appui des Etats-Unis, visant à récupérer l'archipel des Canaries ainsi que Ceuta et Melilla.


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