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Oujda : Flambée des prix des légumes et des fruits
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 02 - 08 - 2011

Des pommes de terre à 6 DH, des tomates à 12 DH et la laitue à 10 DH avec une montée en flèche des prix des fruits remettent sur le devant de la scène la spéculation constatée au début de chaque Ramadan.
Les prix des produits de large consommation à l'instar des légumes et des fruits ont enregistré, au niveau de la ville d'Oujda et de plusieurs localités de l'Oriental, une considérable hausse à trois jours du mois sacré du Ramadan et ce malgré l'abondance de ces produits chez les agriculteurs. Une flambée qui n'a aucune explication plausible puisque la saison agricole était meilleure et la production de plusieurs légumes et fruits a enregistré une augmentation substantielle. Le problème se situe encore une fois au niveau des spéculateurs qui maîtrisent la distribution. Cela a affecté considérablement les petites et moyennes bourses. Tous les légumes ont enregistré des hausses allant de 3 à 8 DH le kilo. Les pommes de terre se vendent entre 5 et 6 DH (au lieu de 2,50 DH il y a une semaine), les tomates très demandées durant le Ramadan, oscillent entre 7 et 12 DH au lieu de 2,50 DH, les carottes et les navets sont à 8 et 10 DH, les petits pois à 12 DH, la laitue à 10 DH, les haricots à 12 DH et le poivron à 9 DH. De leurs côtés, les fruits ont enregistré des hausses inexplicables : les pommes sont passées de 10 DH à 17 DH, les prunes sont à 12 DH, le raisin entre 12 et 14 DH. Quant aux bouquets de persil, coriandre et céleri, ils ont quadruplé de prix. De telles fluctuations des prix ont laissé un amer goût chez plusieurs consommateurs qui se demandent sur les raisons d'une telle anarchie qui se répète chaque année, tout en pointant du doigt les spéculateurs et l'inefficacité des services de contrôle. Au niveau de la ville d'Oujda, la distribution de ces produits n'est pas contrôlée. Seulement 20 % des légumes et fruits vendus au niveau de la ville sont distribués via le marché de gros et s'acquittent de leurs redevances aux recettes municipales. De fait, c'est la loi du marché illégal qui oriente les prix à sa guise, notamment dans les marchés de quartiers ou hebdomadaires.
Selon des données recueillies auprès de l'Office régional de la mise en valeur agricole de la Moulouya (ORMVAM), la production des pommes de terre et de la tomate a enregistré des taux meilleurs que ceux des trois dernières années. De fait le prix devait fléchir et non flamber comme c'est le cas pour ce début de Ramadan. Ces mêmes données précisent que les stockages traditionnels ne peuvent résister aux chaleurs de l'été et de surcroît, le marché sera submergé dans un bref délai. Ils expliquent aussi que cette flambée ne peut durer longtemps vu des impératifs du marché qui obligent les agriculteurs à vendre leurs récoltes. Le problème se situe au niveau de la distribution qui est maîtrisée par des spéculateurs qui ont pris l'habitude d'imposer leurs lois en périodes de fortes demandes. Une responsabilité assumée aussi par plusieurs citoyens qui tombent dans le piège de l'avidité et de la pénurie imaginaire malgré les assurances des départements ministériels concernés par la distribution des produits alimentaires. Le dernier communiqué du ministère de l'Intérieur, à ce sujet, précise que l'offre en produits alimentaires, durant le mois de Ramadan, sera suffisante avec une stabilité au niveau des prix. «Il semble que ces bonnes intentions exprimées par plusieurs départements ministériels se heurtent à la rapacité des usuriers des produits alimentaires», commente un père de famille qui n'arrive pas à remplir son couffin comme en temps normal. Il est à préciser, par ailleurs, que les prix des autres produits de large consommation à l'instar des viandes rouges (entre 65 et 70 DH), de la volaille (15 DH), les poissons, les condiments, les produits laitiers, les haricots secs, les lentilles, les pois chiches, ainsi que les produits subventionnés ont gardé leurs prix habituels.


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