Tourisme : Record de 138 MMDH (+21%) sur les recettes voyages en devises en 2025    Maroc : les réserves en eau dépassent 10 milliards de m3, un niveau inédit depuis 2018    Marruecos: Nieve, lluvias, chubascos y hasta -6° de lunes a miércoles    Maroc : Neige, pluies, averses et jusqu'à -6° de lundi à mercredi    544 croisières et 1,8 million de passagers via le port de Shanghai en une seule année    Sidi Kacem : Evacuation préventive des habitants du douar « Al Houafate » pour prévenir les risques d'inondations    L'Ambassade de France au Maroc présente ses condoléances suite au décès de l'artiste Abdelhadi Belkhayat    Exécution de la loi de finances: un solde budgétaire négatif de 61,6 MMDH en 2025    Indonésie : un séisme de magnitude 4,9 au large de Tahuna    Autriche: Arrestation avec l'appui de la DGST d'un suspect pour projets d'attentat terroriste    FC Barcelone : Fermin Lopez prolonge son contrat jusqu'en 2031    La CAF déterminée à préserver l'intégrité, la réputation et la compétitivité mondiale du football africain (Patrice Motsepe)    La France déterminée à établir avec le Maroc un nouveau traité de coopération bilatérale avec une forte dimension parlementaire (Responsables français)    Maroc-UE / Nasser Bourita : Passer de la logique du "voisin" vers une logique d'"allié" (vidéo)    Le temps qu'il fera ce dimanche 1er février 2026    Province de Sidi Kacem : des évacuations préventives et forte mobilisation pour protéger les populations contre d'éventuelles inondations    Maroc-France. Un nouvel élan pour la coopération bilatérale avec une forte dimension parlementaire    Le grand artiste marocain Abdelhadi Belkhayat n'est plus    Robbie Williams se produit pour la première fois au Maroc    Histoires berbères : le Collectif 4.0 et la Fondation Al Mada présentent un atelier immersif pour toute la famille    Marrakech. Trois nouvelles installations à découvrir au MACAAL    Taounate: Dispositif d'urgence pour sécuriser les populations suite aux intempéries    Le dirham s'est apprécié de 1,5% face au dollar    Chine: Les investissements à l'étranger ont atteint 145,66 milliards de dollars en 2025    Décès de Abdelhadi Belkhayat, grand nom de la chanson marocaine    Pays du Sahel : Bank of Africa effectue une tournée diplomatique et économique de haut niveau    Désalinisation au Maroc : Un écart croissant entre les coûts de production et les prix de vente [Rapport]    Scandale des contrats de la COP 22 : condamnation de deux ex-responsables de Marrakech pour détournement de fonds publics    Moroccan music icon Abdelhadi Belkhayat passes away at 86    CAN - Maroc - Sénégal : Motsepe pris au piège de sa propre commission de discipline    Motsepe tente d'éteindre l'incendie avec un verre d'eau : Analyse du communiqué    Sanctions de la CAF : un verdict au goût amer    CAF : Des sanctions pensées pour être contestées, le TAS comme échappatoire    Le Roi Mohammed VI mobilise les FAR pour faire face aux intempéries au Maroc    Terrorisme : Arrestation en Autriche grâce à la coopération avec la DGST    Décès d'Abdelhadi Belkhayat, icône de la musique marocaine, à 86 ans    Ksar El Kebir : mise en place de tentes pour les sinistrés et reflux partiel des eaux après les inondations    André Azoulay reçoit l'ambassadeure du Kazakhstan pour approfondir la coopération bilatérale    Sous les Hautes Instructions Royales... Mobilisation maximale de la Commission nationale de veille pour faire face aux inondations et protéger les citoyens sinistrés    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    Boualem Sansal à l'Académie française : un message sans équivoque    CAN 2028 : l'Afrique du Sud envisage une candidature avec le Mozambique et le Lesotho    Real Betis : Abde Ezzalzouli décisif dans la qualification directe en Ligue Europa    Sécurité avant tout : le Danemark officialise l'expulsion des étrangers condamnés    Omar Hilale élu président de la Commission de consolidation de la paix    Intempéries: Sur Hautes Instructions Royales, les FAR déploient des unités d'intervention appuyées de matériels, d'équipements et d'engins nécessaires au transport des populations touchées et à leur hébergement    Presse et politique : l'ANME trace une ligne rouge face aux dérives populistes    À Casablanca, Afric'Artech 2026 inaugure l'ère de la création numérique africaine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Anarchie dans des établissements de santé publics et privés : à qui incombe la responsabilité ?
Publié dans Barlamane le 06 - 09 - 2019

Plusieurs hôpitaux et cliniques bénéficient d'une réputation délétère et ce, à cause de plusieurs points noirs. Que ce soient les intermédiaires qui contrôlent le sort des patients dans certains hôpitaux publics ou dans des cliniques privées, les pratiques au noir ou encore la surfacturation des prestations médicales, ce sont les patients et leurs familles qui en pâtissent.
Dès qu'un patient rentre dans un établissement de santé, la première chose qui l'interpelle est l'autoritarisme des agents de sécurité. Ces derniers sont devenus des véritables courtiers dans certains hôpitaux et cliniques, gérant les rendez-vous, contrôlant qui a et qui n'a pas le droit d'y accéder, "collectant souvent d'énormes sommes en pots-de-vin fournies par les patients", qui sont démunis devant la maladie. Bouazza El Kharrati, président de la Fédération marocaine des droits du consommateur, le soutient. « Très souvent les intermédiaires exercent en tant qu'agents de sécurité et s'improvisent en directeurs d'hôpitaux », affirme-t-il à Barlamane.com/fr ; d'ailleurs, ces agents de sécurité ne se constituent pas "videurs" de leur propre gré, » certaines cliniques privées ont recours à leur agent de sécurité dans la prise de rendez-vous", aussi aberrant que cela puisse paraître. Ce système d'intermédiaires ne s'arrête pas là, selon la même source, »il comprend également les chauffeurs d'ambulance ». Il s'agit d'un défaut patent d'organisation du flux.
Une situation d'autant plus grave que « le secteur de la santé au Maroc souffre de défaillances structurelles, auxquelles s'ajoute cette problématique d'intermédiaires ». Après avoir réussi à obtenir rendez-vous et consultation, les soucis ne s'arrêtent pas là. Si dans le public, beaucoup de patients se plaignent de prestations de mauvaise qualité et de la corruption qui y sévit, dans le privé, il s'agit d'autres préoccupations auxquelles fait face le patient. La surfacturation des prestations médicales a pris des dimensions affolantes. »Le prix des prestations médicales est fixé et régi par la loi, qu'il s'agisse des actes de consultation ou des actes chirurgicaux. La loi existe mais n'est pas appliquée », affirme M. El Kharrati.
« Le plus aberrant dans ce mode de fonctionnement des cliniques, c'est que nous avons eu des cas de personnes, qui, à la veille de leur opération, ont été convoquées par le chirurgien. Croyant que ce dernier allait simplement leur expliquer la procédure ou les préparer à l'opération, ils se sont retrouvé face à un médecin qui leur facture 4.000 ou 5.000 dhs de plus, au noir, sur le prix de l'opération qui leur a été annoncé et débité par la clinique. Ces surfacturations sont appelées par les médecins « le prix de la main », s'indigne M. El Kharrati. « C'est de l'extorsion et de l'abus de pouvoir sur une personne en position de faiblesse« . Les patients sont même obligés de déposer des chèques en garantie. », s'indigne El Kharrati face à ces pratiques illégales et pourtant si courantes.
Si les cliniques exigent des patients des sommes largement plus élevées que ce qui est établi par la loi ainsi que le soutient le président de la Fédération marocaine des droits du consommateur, elles n'hésitent pas à frauder avec les mutuelles aussi. Bouazza El Kharrati nous confie que la Fédération a reçu le cas d'un fonctionnaire mutualisé à l'OCP, « dont le système de couverture médicale est l'un des meilleurs. La clinique où ce fonctionnaire a reçu des soins n'a pas hésité à gonfler la facture et à demander au patient de déposer un chèque en garantie, en attendant que sa mutuelle les rembourse. ». Khattabi renchérit : « la loi dans ce genre de cas est claire, mais malheureusement, les patients ont du mal à porter plainte, puisque les tribunaux demandent généralement des preuves et des témoins et que ces surfacturations se font au noir et sont discutées à huis clos ».
La solution résiderait, selon plusieurs médecins contactés par nos soins, dans la révision des tarifs de la CNOPS qui sont bas pour certaines opérations nécessitant soit de longs suivis soit un grand nombre d'heures en position debout. La facture présentée au patient se répartirait à plus de 50% pour clinique, ensuite une grande partie irait à l'anesthésiste et à la pharmacie, le reste au chirurgien ne couvrirait pas les efforts du médecin. Ce qui expliquerait, sans les justifier, les pratiques au noir.
En outre, vu que seuls les médecins professeurs, c'est-à-dire ceux exerçant dans les CHU, ont le droit de cumuler des postes au sein du public et du privé, certains utilisent ce dernier comme moyen de compensation pécuniaire. « Bien que la loi limite les heures d'exercice permises aux médecins du secteur public, Ils cumulent pour la plupart plus d'heures dans le privé et la pratique du noir sévit toujours et encore, malgré leur rémunération pour des actes médicaux dans le privé », explique M. El Kharrati.
Le temps plein aménagé (TPA) qui n'est autorisé que pour les professeurs par un dahir du temps de feu le Roi Hassan II a été établi suite à la demande des professeurs d'une augmentation de salaire. Pour y remédier, ils ont été autorisés à exercer deux demi-journées dans le secteur privé. Les spécialistes exerçant dans la santé publique non professeurs n'y ont pas droit, mais les salaires, estiment les médecins, n'étant pas à la hauteur des études, ils exercent dans le privé illégalement au détriment des hôpitaux qui sont, de fait, déserts aux horaires de travail. Quant aux professeurs qui ont le devoir de former les spécialistes, ils n'accomplissent plus cette mission vu qu'ils ne se contentent pas de deux demi-journées mais vont pour la plupart tous les jours aux horaires de travail et de formation notamment les matinées, exercer dans le privé.
Côté médecins, certains pensent que cette anarchie peut être jugulée par des solutions simples à prendre, comme s'aligner sur le modèle européen avec un TPA au sein de l'hôpital mais en améliorant au préalable les infrastructures ; ou encore par la mise en place de primes de rendement.
En termes d'accompagnement et de suivi, les cliniques diffèrent. C'est-à-dire que même après avoir déboursé de copieuses sommes pour recevoir leurs soins, les patients ne sont pas sûr de recevoir un suivi adéquat. M. El Kharrati souligne qu'en termes d'accompagnement, « certains patients qui, par exemple, ont besoin d'effectuer des analyses, ne sont pas sûrs d'être dirigés par leur clinique à un laboratoire fiable ».
« Certains de ces laboratoires ne sont pas contrôlés, ajoute M. El Kharrati, il n'y a personne pour vérifier si le matériel de ces laboratoires est conforme, ou s'il n'est pas étalonné. Même en termes de suivi médical, M. El Kharrati assure que « très peu de médecins assurent le suivi médical des patients », sauf si ces derniers payent le prix fort à chaque contrôle, consultation ou diagnostic.
Le porte-parole de la Fédération estime que que la responsabilité incombe au ministre de la Santé de remédier au chaos dans lequel baigne le secteur de la santé, soulignant qu' « Anas Doukkali, se retrouve malheureusement dans l'incapacité de réformer ce secteur ».
Le président ajoute qu' « aujourd'hui ni le privé ni le public ne répondent aux besoins des citoyens, le niveau de la santé au Maroc est aussi bas que les caniveaux. ». En colère, El Kharrati estime que « si les hôpitaux publics étaient structurés selon les normes et dotés des équipements nécessaires, le secteur privé se serait senti dans l'obligation de s'acquitter de ses tâches avec sérieux et ne se serait pas permis ce type de pratiques ignobles ».
Entre des hôpitaux publics saturés et des clinique privées dont il semble, à la lumière des révélations de Bouazza El Kharrati, que le premier objectif est le profit financier, le citoyen se voit puiser dans ses forces physiques, psychiques et financières pour se soigner, sauver sa vie ou encore bénéficier d'un accompagnement lors de maladies lourdes. Des attentes légitimes souvent déçues.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.