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Washington reconduit unilatéralement les sanctions de l'ONU contre l'Iran
Publié dans Barlamane le 20 - 09 - 2020

Mike Pompeo a promis des mesures américaines pour punir ceux qui «violent» les sanctions. Une procédure sans effet juridique, assurent les autres grandes puissances.
Les Etats-Unis ont unilatéralement proclamé, dans la nuit de samedi 19 à dimanche 20 septembre, que les sanctions des Nations unies (ONU) contre l'Iran sont à nouveau en vigueur à la suite d'une procédure contestée activée par les Etats-Unis.
«Aujourd'hui, les Etats-Unis saluent le retour de quasiment toutes les sanctions de l'ONU contre la République islamique d'Iran auparavant levées», a ainsi déclaré le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, dans un communiqué.
Surtout, le gouvernement de Donald Trump menace clairement de mettre en place un système de sanctions dites secondaires pour punir tout pays ou entité qui violerait les sanctions de l'ONU, quand bien même il est l'un des seuls au monde à estimer qu'elles sont en vigueur. C'est une arme redoutable : les contrevenants désignés par Washington se verraient bloquer l'accès au marché et au système financier américains.
«Si des Etats membres de l'ONU ne remplissent pas leurs obligations pour appliquer ces sanctions, les Etats-Unis sont prêts à utiliser leurs propres outils pour punir ces défaillances», a prévenu Mike Pompeo. Il a promis que des «mesures» américaines seraient annoncées «dans les prochains jours» contre «ceux qui violent les sanctions de l'ONU».
Pas d'effet juridique, déclarent les autres puissances
Washington est toutefois isolé, les autres grandes puissances, et notamment ses alliés européens, assurant au contraire que ces sanctions ne sont pas réactivées et que la procédure américaine est sans effet juridique.
«Toute décision ou mesure prise dans l'intention de rétablir» les sanctions «n'aura aucun effet juridique», avaient d'ailleurs répondu par avance le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France, dans une lettre commune adressée vendredi à la présidence du Conseil de sécurité.
Les Américains «se rendent compte eux-mêmes qu'il s'agit d'une déclaration mensongère», a aussi estimé le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. «Nous attendons de la communauté internationale et de tous les pays du monde qu'ils s'opposent à ces actions irresponsables du régime à la Maison Blanche et qu'ils parlent d'une seule voix», a ensuite déclaré Saeed Khatibzadeh, porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères.
«Le monde entier dit que rien ne s'est passé. Cela s'est simplement passé dans le monde imaginaire» du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, a affirmé M. Khatibzadeh. «C'est beaucoup de bruit pour rien et je pense que ce sont les jours et les heures les plus amers des Etats-Unis.»
Estimant que Washington était «isolé» et «du mauvais côté de l'histoire», le porte-parole iranien a déclaré que Téhéran adressait un message aux Etats-Unis : ils doivent «retourner au sein de la communauté internationale, [respecter] leurs engagements, arrêter de se rebeller et le monde les acceptera».
Une décision américaine également dénoncée par Moscou, dont le ministère des affaires étrangères a estimé qu'elles étaient dénuées de fondement légal : «Les initiatives et actions illégitimes des Etats-Unis ne peuvent, par définition, avoir de conséquences internationales légales pour les autres pays.»


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