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Yetnahaw Gaâ : en Algérie, la résistance démocratique face à la répression et l'entêtement du régime
Publié dans Barlamane le 01 - 03 - 2021

Le 16 février 2019, à Kherrata, en Algérie, la ville où les troupes coloniales françaises ont perpétré un tristement célèbre massacre de manifestants pour la libération en 1945, des centaines de personnes sont descendues dans la rue pour exprimer à nouveau leur colère. Cette décision a été déclenchée par l'annonce ce mois-là de l'intention du président Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat, ce que les manifestants ont vu comme une humiliation ultime.
«Notre pays est indépendant mais ses habitants ne sont toujours pas libres», est un refrain fréquent au sein du mouvement contestataire algérien. Le Hirak se considère comme la continuation de la lutte qui a débuté en 1954. «Plus de 60 ans plus tard, les Algériens se battent toujours pour leur indépendance», a déclaré la semaine dernière l'opposant algérien Tabbou. De ce point de vue, le gouvernement algérien est l'avatar tout aussi arbitraire et violent de l'ancienne administration coloniale.
Le 22 février 2021, le mouvement pacifique de protestation populaire a repris racine dans la rue. Alors que les visages souriants et les slogans mordants et humoristiques du Hirak restent frais dans l'esprit des gens, beaucoup se demandent maintenant quelle sera la prochaine étape du plan d'action du Hirak.
Après des mois remplis d'action, le mouvement populaire a cherche à se réinventer. Dans une interview accordée le 8 janvier à la chaîne de télévision française TV5 Monde, l'activiste politique a directement accusé le système algérien de mener le pays vers l'abîme : «Le pays a été contraint dans une impasse par un régime oppressif.»
Selon lui, le Hirak n'est pas dans une impasse et est le fruit d'un système incompétent qui «pousse les Algériens à rester mobilisés et déterminés».
Les manifestations témoignent également de la prise de conscience des Algériens qu'ils méritent mieux que ce qu'ils ont connu ces dernières décennies.
Bien sûr, la violence coloniale a pris fin en 1962, mais elle a été remplacée par la hogra, qui signifie approximativement «injustice», alors que l'élite dirigeante du pays a été méprisée pendant des décennies. L'effet du Hirak s'étend d'ailleurs au-delà de l'arène politique. Les dirigeants méprisants sont toujours un puissant moteur de soulèvements.
C'est quelque chose qu'il faut garder à l'esprit pour saisir les motivations sous-jacentes du mouvement de protestation et, surtout, tracer le cours de son avenir.
Son avenir est quasiment assuré, comme le montre le sentiment renouvelé de solidarité qui a imprégné les manifestations populaires du Hirak vendredi. Les manifestations témoignent également de la prise de conscience des Algériens qu'ils méritent mieux que ce qu'ils ont connu ces dernières décennies.


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