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Arrestation de Boualem Sansal : l'hallucinante rhétorique antisémite du régime algérien contre Emmanuel Macron et la France qui appuie sa folle dérive autoritaire
Publié dans Barlamane le 23 - 11 - 2024

L'arrestation de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, confirmée le vendredi 22 novembre par l'agence officielle Algérie Presse Service (APS), marque un tournant sans précédent dans la répression intellectuelle en Algérie. Dans un contexte de relations diplomatiques presque rompues entre Alger et Paris, le régime algérien a accompagné cette interpellation d'une rhétorique outrancière et antisémite, qualifiant la réaction française de celle d'une «France macronito-sioniste.»
Un écrivain sous le joug d'accusations extrêmes
Boualem Sansal, âgé de 75 ans, a été arrêté à Alger le samedi 16 novembre. L'auteur, connu pour son franc-parler et son opposition aux dérives autoritaires du régime, était ciblé depuis plusieurs années pour ses écrits jugés critiques envers le pouvoir. Selon les informations recueillies par Le Figaro, il doit être présenté devant le procureur et un juge ce dimanche 24 novembre. Les accusations portées contre lui sont d'une gravité exceptionnelle. Il pourrait être inculpé pour «terrorisme», une charge utilisée de manière systématique par les autorités algériennes contre leurs opposants politiques. Le régime reproche à M. Sansal des écrits susceptibles, selon lui, de porter atteinte à «la sûreté de l'Etat, l'intégrité du territoire, la stabilité ou le fonctionnement normal des institutions.» Si ces accusations étaient retenues, l'écrivain risquerait la réclusion criminelle à perpétuité.
Une rhétorique antisémite révélatrice
En dénonçant les réactions françaises comme émanant d'un prétendu «lobby macronito-sioniste», l'APS ne recule plus devant l'instrumentalisation d'un discours antisémite dans son arsenal de propagande. La liste des figures ciblées par ce média inclut des personnalités françaises telles qu'Eric Zemmour, Valérie Pécresse ou Jack Lang, présentées comme appartenant à un «bottin anti-algérien et accessoirement pro-sioniste.»
Dans un article particulièrement virulent, APS a également ironisé sur la prétendue incapacité de la France à arrêter le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s'il venait à «se pointer à l'aéroport Charles-de-Gaulle.» Cette comparaison grossière et hors de propos illustre une tentative maladroite de détourner l'attention des enjeux réels, à savoir l'arrestation d'un intellectuel dont les écrits sont jugés dérangeants par le régime.
Des tensions diplomatiques exacerbées
Selon Abdou Semmar, journaliste et analyste politique, l'arrestation de Boualem Sansal s'inscrit dans une stratégie claire du régime algérien destinée à tester les limites de la France tout en consolidant son contrôle intérieur. «Le régime algérien utilise des concepts flous comme 'terrorisme' ou 'atteinte à l'intégrité territoriale' pour criminaliser toute voix dissidente», explique M. Semmar. Il souligne également que cette arrestation survient dans un contexte marqué par la reconnaissance, par Emmanuel Macron, de la souveraineté marocaine sur le Sahara, une décision perçue comme un affront majeur par Alger.
Un verrouillage politique croissant
Cette escalade autoritaire ne se limite pas à Boualem Sansal. Selon des données récentes de l'ONG Human Rights Watch, plus de 300 opposants politiques et militants des droits de l'homme sont actuellement emprisonnés en Algérie sous des accusations similaires. L'utilisation de lois vagues et d'accusations imprécises constitue une méthode systémique visant à museler toute opposition.
Pour Barlamane.com (et d'autres médias après lui), les autorités algériennes ont été particulièrement irritées par des déclarations récentes de M. Sansal sur YouTube, où il évoquait les frontières historiques entre le Maroc et l'Algérie. Ces propos, largement relayés par les supports marocains, ont été interprétés comme une remise en cause de l'intégrité territoriale algérienne, une ligne rouge pour le régime.
Une mobilisation internationale croissante
Face à cette arrestation, la réaction de la France a été rapide. Emmanuel Macron a exprimé jeudi 21 novembre sa «vive préoccupation» et affirmé que «les services de l'Etat sont mobilisés pour clarifier la situation de Boualem Sansal.» Une pétition en ligne, lancée sur la plateforme Change.org, appelle à une intervention immédiate du gouvernement français pour obtenir la libération de l'écrivain.
Pour Le Figaro, cette affaire dépasse le simple cas d'un écrivain et pose la question de la capacité de la France à défendre ses valeurs face à un régime de plus en plus autoritaire. Le quotidien souligne que Boualem Sansal avait récemment acquis la nationalité française et envisageait de quitter définitivement l'Algérie, qu'il considérait comme «irrespirable.»
Une répression méthodique et bien calculée
L'arrestation de Boualem Sansal reflète une stratégie précise du régime algérien visant à étouffer toute contestation interne tout en défiant les pressions extérieures. La référence systématique au «terrorisme» dans les accusations montre une tentative de donner une légitimité juridique à des actes de répression purement politiques.
Sur le plan technique, cette approche repose sur une utilisation abusive des lois algériennes, notamment l'article 87 bis du code pénal, qui définit de manière large et imprécise les actes terroristes. Ce flou juridique permet d'inculper presque n'importe qui pour des opinions jugées contraires à l'idéologie officielle.
En ciblant Boualem Sansal, une figure de renommée internationale, le régime algérien cherche également à envoyer un message clair à d'autres intellectuels critiques, notamment Kamel Daoud. Cependant, cette stratégie pourrait se retourner contre Alger, en attirant une attention internationale accrue sur ses pratiques répressives et sur l'isolement croissant du pays sur la scène diplomatique.


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