Cash Plus améliore son PNB consolidé en 2025    Farid Mezouar : "Il s'agit d'un nouveau compartiment, qui exige une préparation adéquate"    Championnat mondial de Handball : l'Afrique à la conquête de l'Allemagne    OM : Medhi Benatia défend le choix Habib Beye pour relancer Marseille    Ezzalzouli : « Pourquoi ne pas rêver grand ? » avec le Bétis    LdC : Le gouvernement portugais ouvre une enquête sur les insultes racistes présumées visant Vinicius    Casablanca : décès de l'individu ayant tenté de se suicider au siège de la BNPJ    Affaire Jacques Leveugle : TPAME lance un appel urgent à témoins    LIFA 2026. Abidjan, capitale de la création féminine    2M met à l'honneur Touria Chaoui dans une nouvelle série d'animation patrimoniale.    Maroc–Gambie : le Roi réaffirme sa volonté de renforcer la coopération bilatérale    L'ancien ministre Abdesselam Zenined n'est plus    Partenariat stratégique pour accélérer le paiement digital dans le tourisme marocain    Google propulse Gemini dans la création musicale avec Lyria 3    La PS6 pourrait n'arriver qu'en 2029 à cause de la crise mondiale de la RAM    Noussair Mazraoui face à l'incertitude à Manchester United : un départ envisagé ?    Transport aérien : pourquoi la presse espagnole redoute l'ascension du hub de Casablanca    Cosumar mise sur l'IA et le Big Data pour un pilotage agro-industriel décarboné et performant    Sécurité routière : plus de 8 milliards de DH pour la période 2026-2030    Edito. Ramadan Moubarak    Bourse de Casablanca : ouverture en hausse    Ouverture interculturelle : Al Akhawayn organise une rencontre sur le thème « Maroc – Palestine : Les Rendez-vous avec l'Histoire»    Ksar El Kébir : Le versement des aides financières aux sinistrés se poursuit    Aziz Akhannouch preside el Consejo de Administración de la Agencia Nacional de Apoyo Social    Brahim Takioullah, le Marocain reconnu deuxième plus grand homme au monde    Glovo et la NARSA signent une convention pour renforcer la sécurité des livreurs    Service militaire 2026 : l'opération de recensement du 2 mars au 30 avril    Décès de Leila Shahid à 76 ans... Une voix palestinienne majeure sur la scène diplomatique internationale    Le Chef du gouvernement préside le conseil d'administration de l'Agence nationale de soutien social    Robbie Williams, Scorpions, Cory Wong, Mika... une constellation de stars attendue à Jazzablanca    Jeudi, 1er jour du mois de Ramadan au Maroc    Ramadan : Le Roi adresse des cartes de vœux aux Chefs d'État des pays islamiques    « Maroc, Terre de Cultures » : le Collectif 4.0 fait vibrer la Villa des Arts de Casablanca    Espagne : 5 jeunes marocains morts dans un incendie en Catalogne    Inspection du travail : un bilan lourd pour les cafés et restaurants    Ramadan : l'esplanade des mosquées d'Al Qods ouverte à 10.000 fidèles palestiniens    Ramadan en France: annonces contradictoires et colère des musulmans    Mechra Bel Ksiri: Reanudación de las clases presenciales en varias escuelas    APM Capital Maroc cierra un fondo de transporte y logística de 243 millones de dólares    Achraf Hakimi égale un record historique marocain    Hamdallah en mode extraterrestre : sextuplé historique avec Al-Shabab    CAN 2025 : Le Maroc «a été volé» en finale, selon un responsable de la CAF    A Londres, West End se pare de lumières pendant ramadan 1447/2026    Sahara : Une recomposition stratégique plus large qui profite au Maroc (rapport espagnol)    De Cordoue à Marrakech, un documentaire retrace la vie d'Ibn Rochd    Gala de la Fête du Printemps 2026 – Robots humanoïdes, vedettes d'une soirée féérique    Fête du Printemps 2026 : le box-office en Chine franchit le milliard de yuans en seulement trois jours    Réadmissions des OQTF : L'Algérie a fini par céder aux pressions de la France    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le président de X-Links menace de délocaliser la liaison reliant le Maroc au Royaume-Uni face à l'inaction de Londres et qualifie Rabat de «future puissance des énergies renouvelables»
Publié dans Barlamane le 30 - 03 - 2025

Le projet X-Links, d'un montant de 25 milliards de livres sterling, prévoit d'acheminer chaque jour jusqu'à 3,6 gigawatts d'électricité solaire et éolienne du Maroc vers le Royaume-Uni grâce à 4 000 kilomètres de câbles sous-marins, permettant d'alimenter neuf millions de foyers et de réduire de 10 % les émissions de CO2 du secteur énergétique britannique. Mais après quatre ans de démarches et face aux lenteurs administratives, ses investisseurs menacent de se tourner vers l'Allemagne ou d'autres marchés. Un retard qui met également en péril la construction d'une usine en Ecosse, censée employer 1 200 personnes.
Le Royaume-Uni risque de perdre un projet énergétique novateur de 25 milliards de livres sterling, destiné à alimenter neuf millions de foyers en électricité à moindre coût si les autorités ne lèvent pas les obstacles administratifs qui entravent son avancement.
Dave Lewis, président de X-Links et ancien dirigeant du groupe Tesco, a mis en garde, dans un entretien accordé au Telegraph, contre la lenteur des décisions ministérielles qui pourrait pousser les investisseurs à délocaliser cette entreprise d'envergure. À l'heure où la transition énergétique est un enjeu crucial, il souligne que les capitaux nécessaires sont disponibles, mais que «l'attentisme gouvernemental pourrait compromettre définitivement cette perspective.»
Un projet sans précédent
Le projet prévoit de capter l'énergie solaire et éolienne dans la région saharienne de Tan-Tan, au Maroc, avant de la transporter vers la Grande-Bretagne grâce à 4 000 kilomètres de câbles sous-marins à très haute tension. L'électricité ainsi produite serait disponible quasi instantanément, avec une capacité de production estimée à 19 heures par jour, en raison des conditions météorologiques particulièrement favorables du sud marocain.
Avec un tarif demandé avoisinant 70 livres par mégawattheure (MWh), cette source d'énergie se positionne comme une alternative plus compétitive que le nucléaire, la biomasse ou l'énergie marémotrice. En comparaison, les fermes éoliennes offshore britanniques, bien que proches en termes de coût, restent soumises aux aléas climatiques.
Des financements abondants mais une impasse politique
Selon M. Lewis, le volet financier ne constitue pas un obstacle : 8 milliards de livres ont déjà trouvé preneurs et les tests effectués sur le marché obligataire pour lever les 17 milliards restants ont suscité une offre excédant largement les attentes. Cependant, X-Links attend toujours la validation d'un contrat d'achat garanti à long terme par le gouvernement, nécessaire pour sécuriser l'investissement.
Malgré son statut de «projet d'importance nationale» accordé il y a 18 mois, le dossier demeure en suspens. La décision repose désormais entre les mains du ministre britannique de l'énergie, Ed Miliband, dont l'aval est indispensable pour fixer un prix d'achat stable de l'électricité produite.
Un avenir incertain pour l'industrie britannique
L'incertitude entourant l'avenir de X-Links menace également la construction d'une usine en Ecosse, à Hunterston (Ayrshire), où 1 200 emplois sont attendus pour la fabrication des câbles nécessaires au projet. Le site, stratégiquement implanté à proximité d'eaux profondes permettant le transport maritime, devait également approvisionner d'autres infrastructures énergétiques de même nature.
Toutefois, face aux lenteurs administratives britanniques, X-Links mène en parallèle des discussions avec d'autres pays, notamment l'Allemagne, pour y transposer un projet identique. Une décision de relocalisation entraînerait alors la délocalisation de l'unité de production de câbles, privant ainsi le Royaume-Uni des retombées économiques de cet projet. M. Lewis se montre ferme : «Nous avons suivi toutes les procédures requises depuis quatre ans. Si la situation ne se débloque pas rapidement, nous devrons nous tourner vers d'autres options.»
L'enjeu dépasse le seul cadre industriel. Outre la réduction des émissions de 10 % du secteur électrique britannique, le projet X-Links représente une étape clé dans la diversification des sources d'approvisionnement énergétique du pays. Un retard supplémentaire pourrait compromettre définitivement la participation du Royaume-Uni à cette avancée stratégique.
L'instabilité ministérielle sous les gouvernements conservateurs a entravé l'avancement du projet. «Nous avons connu cinq ministres de l'énergie en moins de trois ans... Les interruptions successives, puis les élections générales, ont mis à rude épreuve la patience de nos partenaires financiers», confie-t-il.
Un modèle énergétique complémentaire aux ressources britanniques
Le Maroc, qualifié par M. Lewis de «future puissance des énergies renouvelables», dispose d'atouts naturels considérables. L'ensoleillement constant du Sahara et les vents puissants de l'Atlantique permettent d'assurer une production énergétique stable sur 19 heures par jour, soit un niveau de fiabilité supérieur aux infrastructures britanniques. «Lorsque le vent cesse de souffler en mer du Nord, nous nous retrouvons face à une diminution brutale des capacités de production. X-Links apporte une solution contre-cyclique qui préserve la continuité de l'approvisionnement», explique-t-il.
Une concurrence internationale grandissante
Cependant, le Royaume-Uni n'est plus l'unique destination envisagée par X-Links. Devant les lenteurs administratives, l'entreprise étudie des alternatives, notamment en Allemagne et dans un second pays dont l'identité n'a pas été précisée. M. Lewis met en garde contre la multiplication de projets concurrents exploitant la même technologie de courant continu haute tension (HVDC) : «Il y a près de 30 initiatives similaires dans le monde. Plus nous tardons, plus nous risquons de perdre nos investisseurs au profit d'autres marchés.»
L'usine de Hunterston (Ecosse), destinée à la fabrication des câbles sous-marins et censée employer 1 200 personnes, pourrait ainsi être relocalisée ailleurs. «Nous avons besoin d'un engagement clair. Si les autorités persistent à repousser leur décision, nous devrons envisager d'autres options», prévient-il.
Des inquiétudes sur la souveraineté énergétique
L'hostilité de Westminster à l'égard d'une source d'approvisionnement étrangère constitue un autre obstacle. Depuis le conflit en Ukraine, le gouvernement britannique privilégie le renforcement de sa production nationale, notamment dans le domaine nucléaire. Un raisonnement que m. Lewis juge infondé : «Toutes les matières premières nécessaires aux centrales atomiques proviennent de l'étranger. Pourquoi ce raisonnement s'appliquerait-il à X-Links et non au nucléaire ?»
Les craintes relatives à une possible vulnérabilité des câbles sous-marins sont également balayées. Selon lui, leur profondeur les protège des ancres de navires et toute tentative de sabotage relèverait d'un acte de guerre.
Enfin, l'idée que ce projet exploiterait les ressources d'un pays en développement est catégoriquement rejetée. «Ce projet est porté par le Maroc lui-même», affirme-t-il, mettant en avant la création de 10 000 emplois dans le royaume et l'ampleur des investissements qu'il générera.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.