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L'Etat profond français cherche à entraver l'extradition d'un ancien agent de renseignement marocain en fuite, recherché pour divers crimes
Publié dans Barlamane le 18 - 07 - 2025

La teneur partisane du papier publié jeudi par Le Monde Afrique, qui présente comme un «exilé» un individu radié depuis 2010 de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), étonne peu à vrai dire. Mehdi Hijaouy, poursuivi pour de graves délits de droit commun et soupçonné d'avoir opéré durant des années comme agent double, est utilisé par certains services français pour atteindre le Maroc.
À la veille de la fête du Trône, la publication d'un article à teneur ouvertement orientée dans Le Monde Afrique, qui tente de présenter comme une victime un ancien agent des services marocains, Mehdi Hijaouy, radié depuis 2010 et désormais poursuivi pour une série d'infractions pénales graves, dissimule des éléments clés du dossier mais aussi quelques intentions inavouées.
Mehdi Hijaouy, qui avait quitté la Direction générale des études et de la documentation (DGED) il y a près de quinze ans, ne dispose d'aucune fonction officielle depuis sa radiation pour faute lourde. Jusqu'en 2024, il a vécu paisiblement au Maroc où il s'est essayé à de nombreuses activités privées. L'année dernière, il s'est brusquement éclipsé après avoir eu vent de plaintes déposées contre lui par plusieurs personnes à qui il avait promis des cartes de séjour en France. Contrairement à ce que laisse entendre Le Monde, il ne s'agit ni d'un dissident ni d'un intellectuel marginalisé, mais d'un individu poursuivi pour escroquerie aggravée, faux et usage de faux, association de malfaiteurs et facilitation d'émigration illégale.
Une notice rouge internationale a été émise à son encontre en septembre 2024, à la suite d'une enquête judiciaire marocaine rigoureuse. Les autorités espagnoles l'ont également mis en cause pour falsification de documents officiels, notamment après la découverte d'un faux passeport. Ce parcours de fuite s'inscrit dans une stratégie de dissimulation d'autant plus préoccupante que plusieurs éléments en possession des services marocains suggèrent que Mehdi Hijaouy aurait exercé des fonctions d'intermédiaire occulte pour des réseaux étrangers, faisant de lui un double agent aux activités désormais dévoilées.
Une manœuvre médiatique révélatrice
L'article publié par Frédéric Bobin dans Le Monde Afrique, aussitôt traduit et relayé par les supports contrôlés par le chef des renseignements émiratis Tahnoune, reprend sans la moindre vérification les affirmations de ses avocats, William Bourdon et Vincent Brengarth. Ces derniers sont connus pour leurs interventions à géométrie variable dans des dossiers délicats. Le premier, pourtant associé de longue date à Transparency International, a été épinglé par La Lettre (3 juin 2025) pour avoir conseillé simultanément une proche du président Denis Sassou-Nguesso. Le second s'est spécialisé dans la défense de figures controversées, y compris dans des affaires de terrorisme. Leurs interventions dans le dossier Hijaouy s'inscrivent dans une tentative manifeste d'empêcher son extradition, sous couvert de protection des droits.
Cette publication, qui intervient à la veille de la fête du Trône, porte l'empreinte d'une campagne téléguidée, soigneusement chorégraphiée pour saper l'image d'un Maroc stable, sûr de lui et maître de ses décisions — une image que l'Etat profond français, encore attaché à une conception néocoloniale des équilibres maghrébins, peine manifestement à tolérer.
Une présentation déformée des faits
Le récit de Le Monde s'efforce de présenter Mehdi Hijaouy comme un expert en «intelligence sécuritaire» victime de règlements de comptes, alors qu'il est cité dans des crimes de droit commun. Les citations de ses textes parus dans des publications locales ne sauraient masquer une réalité judiciaire désormais solidement établie.
La présentation des poursuites comme un «harcèlement administratif» contre ses proches repose sur une dénaturation volontaire des faits. En réalité, les poursuites engagées contre certains membres de sa famille – notamment pour fraudes documentaires, obtention illégale d'autorisations ou usage de faux – sont juridiquement fondées et examinées dans le cadre de procédures indépendantes. Nul n'est inquiété pour ses opinions. Tous les faits reprochés sont documentés.
Le ton du texte, les sources invoquées et le timing de la publication traduisent les relents d'une opération soigneusement calibrée, dont l'odeur persistante évoque, pour les observateurs avertis, la signature familière de certaines officines hexagonales spécialisées dans les opérations d'influence. Pour les connaisseurs, il est difficile de croire que Le Monde et son journaliste chevronné et expérimenté Frédéric Bobin tombent dans le piège de Hijaouy : à coup sûr, il y a une main invisible qui orchestre l'opération, allusion à certains agents du renseignement français toujours en contact avec Hijaouy.
L'Etat marocain dénonce une tentative d'ingérence déguisée
Contrairement aux insinuations du papier, les allégations selon lesquelles cette affaire incarne une prétendue guerre de services ne reposent sur aucun élément objectif. Le dossier Hijaouy ne relève ni du domaine politique, ni de celui des institutions royales : il s'agit d'un contentieux pénal dont les chefs sont d'une gravité incontestable.
L'insistance à travestir les faits en querelle d'appareil traduit une tentative d'ingérence déguisée en journalisme. À cet égard, cette tentative d'enfumage ne saurait détourner l'attention de la justice : la demande d'extradition repose sur des éléments probants, validés par les autorités judiciaires compétentes.
La déontologie de Frédéric Bobin, que l'on aurait pu croire intacte au regard de son expérience, provoque aujourd'hui un malaise. La complaisance avec laquelle il relaie des narratifs farfelus et passe sous silence les faits matériels – «l'existence de poursuites judiciaires sérieuses, la découverte d'un faux passeport, les charges étayées dans deux pays» – révèle une prise de position préoccupante pour un journal à prétention de référence.
«Mehdi Hijaouy aurait servi de 1993 à 2014 au sein de la DGED», écrit Le Monde alors que l'intéressé lui-même affiche sur son CV 1994 comme date de recrutement et 2010 comme date de départ. La vérité que ne dit ni Le Monde ni Hijaouy est que ce dernier avait été recruté par feu le général Abdelhak Kadiri en 1994 avant d'être licencié peu après. Et c'est l'actuel directeur général Mohamed Yassine Mansouri qui l'a récupéré dans son cabinet en 2005 avant de le congédier en 2010. Ni Le Monde ni le «rigoureux» Frédéric Bobin n'ont cru utile de vérifier ces données. Sans doute ont-ils fait confiance les yeux fermés à la main invisible qui leur a transmis des éléments filtrés.


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