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Le Maroc à la veille d'un tsunami social ?
Publié dans Challenge le 24 - 06 - 2020

Alors que le robinet des facilités procrastinatrices des Prêts Damane est encore à débit élevé, un tsunami de licenciements risque de s'abattre sur l'économie marocaine. Et cette fois-ci l'Etat ne peut plus faire grand-chose à moins d'un keynesianisme débridé dont il n'a plus les moyens ! Et ce n'est qu'à ce prix que de restructurations au pas de charge dont le redimensionnement des effectifs est qu'une dimension essentielle que les entreprises qui auront survécu et retrouvé la confiance, pourraient contribuer, à nouveau, à résorber à partir de 2021 (voire 2022) le chômage dont le pic de 12,5% estimé par le FMI à fin 2020 risque d'être largement dépassé.
Les derniers signaux émis par les patrons d'entreprise semblent indiquer une vague imminente de charrettes sociales. Et ce ne sont pas les mesures exceptionnelles mises en place tant par Bank Al Maghrib qui a triplé les capacités de refinancement du secteur bancaire, réduit de plusieurs crans son taux directeur et allégé le carcan des règles prudentielles que par l'Etat qui a joué aux pompiers de service à travers l'octroi de sa garantie souveraine [allant jusqu'à 95%] pour des crédits de sauvetage [les fameux produits Damane confectionnés par la Caisse Centrale de Garantie] destinés à éviter l'asphyxie financière tant aux auto-entrepreneurs qu'aux TMPE et, depuis peu, les grandes entreprises ; qui viendront éviter le raz de marée de licenciements qui se laisse poindre à l'horizon.
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L'échéance qui risque de mettre le feu aux poudres est celle toute proche du 30 juin 2020, date butoir de deux dispositifs majeurs déployés dans l'urgence par les pouvoirs publics au lendemain de l'instauration de l'Etat d'urgence sanitaire dans le pays. Il s'agit de l'indemnité mensuelle d'arrêt temporaire d'emploi versée par la CNSS aux salariés du secteur privé mis en chômage technique par les entreprises en difficulté [suite à une baisse significative de leur activité] mais également du produit Damane Oxygène dont la fenêtre d'utilisation échoit dans quelques jours [au-delà du 30 juin aucun tirage de l'autorisation préalablement accordée par la banque et la CCG n'est plus possible]. Aussi, avec une reprise d'activité encore en pointillé, voire trop timide ou carrément inexistante pour certains secteurs [évènementiel, tourisme, activités culturels et loisirs], des milliers d'entreprises toutes tailles confondues seront dans l'incapacité de payer leurs salariés à partir du mois prochain. Il faut s'attendre donc à des licenciements massifs de la part d'employeurs qui chercheront à s'engouffrer dans la brèche de l'article 66 du Code de travail qui prévoit le recours aux licenciements économiques pour assurer la survie de leurs entreprises et ce, à travers une procédure judiciaire et administrative ad hoc [assez sinueuse du reste]. Et c'est justement de survie dont il s'agit ici car au sortir de la période traumatisante du confinement de la population, la majorité des entreprises se retrouveront avec des revenus fortement érodés, une profitabilité laminée et un surendettement massif [comme conséquence du seul moyen trouvé par l'Etat pour éviter des faillites innombrables au beau milieu de la crise sanitaire et, surtout, aux conséquences économiques et sociales dévastatrices]. Pour bon nombre d'employeurs, c'est « restructures toi...ou crèves ! ». Des restructurations économiques dont on ne voit guère, hélas, comment notre économie pourrait s'en exonérer. Pour un spécialiste contacté par la rédaction, après une première salve estivale de dégraissage touchant tous les niveaux hiérarchiques et toutes les chaines de valeur de leur activité, de larges pans du secteur privé [textile, tourisme, commerce et distribution non alimentaire, automobile, immobilier, services...] vont se retrouver dès l'automne prochain, avec des « bilans dopés par de la dette et des Cash-flows opérationnels significativement réduits ». Pour les managers qui traversent ici, pour la plupart, la plus dure des épreuves de leurs carrières, ne rien faire serait tout simplement suicidaire. Il leur reste, alors, d'opter parmi le catalogue des remèdes possibles entre redimensionnement des effectifs [plus structurel cette fois-ci et presque inévitable pour les plus durement touchés], cessions d'actifs, fusions et regroupements en quête de synergie et d'économies d'échelle, recapitalisations [là aussi quasiment imparable] et, enfin, réorganisations au pas de charge.
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Dans un tel état de désolation économique, le chômage – on s'en doute – connaîtra une forte hausse au Maroc. Probablement bien davantage que les deux points et demi anticipés il y a deux mois par le Fonds Monétaire International (FMI), lequel avait tablé sur un pic de 12,5% à fin 2020 [contre près de 10% un an plus tôt]. La remontée de la pente sera donc longue et douloureuse.
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