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Vagues de chaleur : quel impact socio-économique ?
Publié dans Challenge le 18 - 07 - 2024

Selon Allianz Trade, les vagues de chaleur pourraient coûter -0,6 point de PIB à la croissance mondiale, un impact équivalent à celui d'une demi-journée de grève. Dans certains pays, des secteurs, notamment celui du BTP, mettent leurs employés au chômage technique durant ces périodes.
Les vagues de chaleur sont la manifestation la plus évidente du changement climatique dans la plupart des régions du monde. L'année 2024 s'ajoute à une liste qui ne cesse de s'allonger, marquée par plusieurs vagues de chaleur successives, remarquables par leur intensité et leur durée. Selon les experts du GIEC, les émissions anthropiques de gaz à effet de serre sont la cause de la hausse de la fréquence et de la sévérité des vagues de chaleur dans le monde. Et le constat alarmant est que ces montées de chaleur ont des conséquences sur la vie économique. C'est le constat amer d'Allianz Trade. D'après Allianz Trade, les conséquences sont lourdes.
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Les journées de très forte chaleur (à partir de 32°C selon les auteurs de l'étude) à répétition pèsent directement sur la croissance. Ainsi, en Chine, avec 47 jours supérieurs à 32°C, la croissance du PIB a chuté de 1,3 point en 2023. Sur les mêmes bases, avec 37 jours de très fortes chaleurs, l'Espagne va perdre 1 point de son PIB. La Grèce voit son PIB reculer de 0,9 point suite aux 35 jours de forte chaleur déjà enregistrés cette année. L'impact se fait moins sentir quand la canicule ne s'installe pas durablement. C'est le cas de la France. Avec 2 jours supérieurs à 32°C, le PIB de l'Hexagone perd « seulement » 0,1 point en 2023. Même constat du côté des Etats-Unis, avec une chute légère de 0,3 point du PIB sur 13 jours d'une canicule historique.
-0,6 point du PIB mondial en 2023
Conséquence logique des vagues de chaleur, la productivité du travail recule, avec notamment des heures de travail réduites. Si la température est supérieure ou égale à 32°C, la capacité à effectuer un travail physique diminue d'environ 40%. À 38°C, le déclin de la productivité est encore plus spectaculaire, chutant de deux tiers, précise l'étude d'Allianz Trade. « Macroeconomiquement, du fait de l'effet de taille, les principales économies occidentales et asiatiques sont celles qui pèsent le plus, en valeur absolue, en termes de pertes liées au réchauffement climatique.
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En revanche, en valeur relative, les économies moins développées, notamment africaines, devraient clairement pâtir, car encore assez largement agraires et n'étant pas spécifiquement outillées en climatisation, que ce soit sur les lieux de travail ou dans les maisons », nous confie Hicham Alaoui, CEO d'Allianz Trade. Selon le rapport du Lancet Countdown cité par les experts d'Allianz Trade, en 2021, les fortes chaleurs ont potentiellement fait perdre 139 heures de travail en moyenne par personne dans le monde. Allianz estime que le PIB mondial pourrait chuter de 0,6 point cette année suite aux différentes vagues de chaleur enregistrées ces dernières semaines.
Le monde du travail doit-il s'adapter aux urgences climatiques ?
Un rapport de l'agence des Nations Unies pour l'emploi a averti en mai dernier que plus de 70% de la main-d'œuvre mondiale est susceptible d'être exposée à une chaleur excessive au cours de sa carrière. Agriculteurs, ouvriers du bâtiment, ces professions sont les premières à subir les conséquences du dérèglement climatique. En France, par exemple, le gouvernement Attal a pris la question très au sérieux. Depuis le 14 mai dernier, le Premier ministre envisage de renforcer l'arsenal légal des salariés sur la question du réchauffement climatique. Concrètement, le dispositif permettrait de mieux protéger les employés en cas de températures caniculaires ou de grand froid. En attendant, depuis juin 2023 en France, la canicule est devenue un nouveau motif de chômage technique pour les salariés du BTP. Selon Santé Publique France, "près de la moitié de ces accidents du travail mortels sont survenus dans le cadre d'une activité professionnelle de construction et de travaux publics".
Maroc : Les 50° dépassés pour la première fois !
L'été dernier, l'ensemble du Maroc était en proie à une série de vagues de chaleur ayant porté les températures à des niveaux records. La Direction générale de la météorologie (DGM) avait indiqué en juillet 2023 une température record de 50,4°C à Agadir. « Ce temps caniculaire est dû à la remontée d'une masse d'air sec et chaud par le sud, […] en particulier la journée du vendredi 11 et samedi 12 », explique la DGM dans un communiqué. Cette année, rebelote pour les températures chaudes. Dans plusieurs provinces du Maroc, les températures varient entre 40 et 46°C, selon la Direction générale de la météorologie (DGM) dans un bulletin d'alerte de niveau de vigilance orange. Les valeurs exceptionnelles enregistrées ont été à l'origine de feux de forêts dans le nord du pays, près de Tanger, mais aussi plus à l'est du royaume, dans la province de Taza.
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« Le réchauffement climatique est une réalité, dont les impacts directs et indirects sont considérés avec une attention particulière au niveau du Groupe Allianz Trade, y compris au niveau de la politique de souscription. Les explications sont relativement simples et peuvent être résumées en deux principales thématiques. D'une part, les phénomènes de canicule engendrent une consommation accrue en eau dans le secteur agricole, ce qui induit une hausse des coûts de production et donc de l'inflation, érodant ainsi le pouvoir d'achat. D'autre part, la productivité des salariés s'en ressent grandement, notamment dans les économies moins développées, où la climatisation n'est pas démocratisée. Un salarié qui a très chaud au travail, puis chez lui le soir, se fatigue plus vite et se repose moins », explique le CEO d'Allianz.
En entreprise, que dit le code du travail ?
Après nos investigations, nous avons constaté qu'il n'existe pas encore de dispositions spécifiques concernant les fortes chaleurs dans le Code du travail marocain. À l'heure où les vagues de chaleur persistent dans le temps, il devient urgent, au nom de la santé publique, de se pencher sur cette question. En France, par exemple, l'article R 4121-1 du Code du travail stipule que tout employeur doit prendre en considération les risques liés aux « ambiances thermiques » dans le cadre de sa démarche des risques pour la santé et la sécurité de ses travailleurs. Une mesure rappelée dans le plan canicule : les employeurs sont tenus d'assurer la sécurité et la santé de leurs salariés en tenant compte notamment des conditions climatiques.


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