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EnR: les pays qui fournissent les champions africains en technologies...
Publié dans Challenge le 01 - 09 - 2025

Le développement des énergies renouvelables s'accélère sur le continent, porté par des objectifs de transition énergétique. En Afrique, trois acteurs se positionnent comme les fournisseurs dominants des principaux parcs d'Afrique du Nord (Maroc, Egypte) et d'Afrique du Sud...Zoom sur ces fournisseurs.
Le continent africain est engagé dans une transformation énergétique sans précédent. D'ici 2030, plus de 70 GW de capacités renouvelables supplémentaires devraient être installés, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Des projets de grande envergure voient le jour au Maroc, en Egypte, en Afrique du Sud ou encore au Kenya, portés par l'ambition d'assurer la sécurité énergétique, d'attirer les investisseurs et de répondre à la pression climatique. Mais derrière les chiffres et les parcs solaires ou éoliens qui s'étendent dans le désert ou sur les côtes, une réalité demeure: la dépendance en technologique.
Selon un rapport publié en 2024 par GreenCape, une organisation sud-africaine à but non lucratif qui agit comme catalyseur du développement de l'économie verte en Afrique, ces équipements représentent de loin les principales catégories de composants importés pour les grands projets d'énergies renouvelables en Afrique, qu'ils soient raccordés au réseau ou conçus pour des systèmes autonomes. En effet car si les champions africains des énergies renouvelables – qu'ils soient publics ou privés – montent en puissance, leurs équipements viennent très majoritairement de trois pays se partagent aujourd'hui l'essentiel du marché : la Chine, l'Espagne et le Danemark.
« Pour le marché des renouvelables en Afrique et considération faite de la dominance chinoise en matière photovoltaïque et stockage de l'énergie, Européenne en pour l'éolien, les pays africains sont en marge de ces technologies renouvelables qui constituent un espoir en matière d'électrification de l'Afrique. Ces industries renouvelables ne peuvent prendre naissance en Afrique, sans un important effort en matière de recherche et développement permettant de donner naissance à une industrie renouvelable africaine qui peut rivaliser avec les autres industries renouvelables dans le monde », nous confie l'expert en énergie Said Guemra.
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Et d'ajouter : « Le Maroc va connaître un important investissement chinois en matière de fabrication des pales d'éoliennes pouvant servir le marché local, mais également la marché africain, il faut noter que les projets hydrogène avec des besoins très importants en photovoltaïque et éolien peut donner naissance à des unités de production pour le marché marocain, avec ses sept projets, et le reste de l'Afrique, qui connaît de plus en plus des lancements de projets hydrogène. Ces projets en GW peuvent lancer une véritable industrie solaire et éolienne en Afrique, il suffit d'avoir un peu plus de visibilité en matière d'hydrogène pour que ces projets voient le jour ».
La Chine, un allié stratégique...
Premier fournisseur mondial de panneaux solaires et d'équipements liés au photovoltaïque, la Chine est l'un des partenaires clés de la transition énergétique africaine. Pékin a su imposer ses industriels grâce à une combinaison de prix compétitifs, financements adossés aux banques chinoises et une diplomatie proactive à travers l'initiative des Nouvelles Routes de la Soie.
En 2023, entre 85 et 90 % des modules photovoltaïques installés en Afrique provenaient de Chine, selon le rapport « Renewable Power Generation Costs in 2024 » de l'IRENA. Les fabricants LONGi, JA Solar, Trina Solar et Jinko Solar dominent le marché, portés par des capacités industrielles massives et des prix très compétitifs. La société Canadian Solar, bien qu'implantée au Canada, produit en grande majorité en Chine et figure régulièrement parmi les cinq plus gros exportateurs mondiaux. La majorité des modules livrés au continent sont de type N-type TOPCon, une technologie plus performante en conditions chaudes, largement produite par ces cinq industriels chinois. L'Afrique ne fabrique ni wafers, ni cellules, ni modules complets. Seules quelques unités d'assemblage existent, notamment en Afrique du Sud.
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Par ailleurs, il faut noter que l'Inde gagne du terrain dans des pays comme le Kenya ou l'Ouganda, en fournissant des équipements solaires pour des usages domestiques ou ruraux. Quant à l'Union européenne, sa présence commerciale s'est fortement réduite. Elle est passée à moins de 5 % au niveau mondial, selon le rapport « Solar PV Global Supply Chains » de l'Agence internationale de l'énergie (IEA) publié en 2023. Une tendance qui se reflète aussi sur le marché africain où sa diffusion est désormais marginale.
Un marché de l'éolien où l'Europe est très présent
Contrairement au solaire photovoltaïque, le marché éolien africain est dominé par les fabricants européens. En 2024, selon Wood Mackenzie et le Global Wind Energy Council, les fabricants européens restaient majoritaires hors Chine dans les installations éoliennes. Des compagnies comme Vestas ayant installé plus de 10 GW sur les marchés internationaux, suivi par Siemens Gamesa et Nordex.
En Afrique, où les données sont moins détaillées, ces trois acteurs se positionnent néanmoins comme les fournisseurs dominants des principaux parcs d'Afrique du Nord (Maroc, Egypte) et d'Afrique du Sud, d'après plusieurs bilans de projets récents publiés entre 2022 et 2024. Mais il faut toutefois admettre que la Chine gagne du terrain.
D'après l'IRENA, des fabricants comme Goldwind et Mingyang ont livré plusieurs projets récents au Kenya et en Egypte, soutenus par des financements chinois. En dehors de quelques opérations d'assemblage de mâts ou de fondations en Afrique du Sud, les composants majeurs — pales, nacelles, générateurs et convertisseurs — restent intégralement importés.
Stockage et onduleurs : deux maillons stratégiques verrouillés par l'Asie
En matière de stockage, la Chine et la Corée contrôlent plus de 95 % des systèmes déployés en Afrique en 2024. Le géant chinois CATL occupe près de 45 % du marché, suivi par le coréen LG Energy Solution (25 %), puis BYD (15 %). Les parts restantes se répartissent entre Samsung SDI et Panasonic. Ces batteries alimentent une large gamme de projets, des mini-réseaux ruraux aux installations domestiques, portés par des opérateurs tels que Bboxx, d.light ou PowerGen. Si la forte baisse des coûts — évalués à 192 USD/kWh en 2024 par l'IRENA — stimule leur adoption, aucune production locale n'existe : les batteries lithium-ion et leurs composants critiques sont entièrement importés, empêchant l'émergence d'une filière industrielle africaine.
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Du côté des onduleurs, indispensables pour convertir le courant continu des panneaux solaires en courant alternatif, la domination asiatique est tout aussi marquée. Huawei et Sungrow, deux fabricants chinois, représentent ensemble 55 % du marché mondial (29 % et 26 % respectivement), une avance qui se traduit en Afrique par une présence massive dans les grands parcs solaires. Growatt, également chinois, s'impose progressivement dans les segments résidentiels et hors réseau, notamment pour les kits domestiques.
À l'inverse, les acteurs européens comme SMA (Allemagne) et Fronius (Autriche) ont vu leur part chuter à moins de 7 % à l'échelle mondiale, leur présence africaine se limitant à quelques projets cofinancés. Là encore, aucune unité d'assemblage n'existe sur le continent : électroniques de puissance, logiciels de commande et convertisseurs sont importés dans leur intégralité. Ainsi, qu'il s'agisse du stockage ou des onduleurs, deux maillons stratégiques pour la stabilité et la fiabilité des réseaux africains, le verrou technologique reste total. L'Afrique installe des projets d'envergure, mais demeure dépendante des chaînes d'approvisionnement asiatiques.
Pour rappel, l'IRENA alerte depuis plus d'une décennie sur la nécessité d'un tissu industriel africain en matière de renouvelable. Dès 2011, elle recommandait de miser sur la fabrication locale de composants solaires et éoliens pour réduire les coûts, créer des emplois et améliorer la balance commerciale. Dans ses travaux récents, notamment avec RES4Africa (Renewable Energy Solutions for Africa), elle plaide pour des politiques de contenu local afin de tirer des bénéfices durables de la transition énergétique.


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