Maroc/Chili : vers de nouveaux horizons de coopération économique et commerciale    Revue de presse de ce samedi 24 janvier 2026    Conseil de paix : le Maroc confirme son rôle incontournable sur la scène mondiale    Au-delà du football, la constance d'une vision africaine    Un régime qui vit de la conspiration : comment le pouvoir algérien a fait de l'hostilité envers le Maroc un substitut à l'Etat    Sahara marocain : à Washington, le polisario ramené sur terre    Le dirham s'apprécie de 0,5% face au dollar du 15 au 21 janvier (BAM)    Nador: le Chinois Shandong Yongsheng Rubber lance la construction de sa méga-usine de pneus    Marché obligataire primaire : focalisation des levées du Trésor sur la maturité 2 ans    Salon National de l'Olivier : Plus 250 rencontres BtoB enregistrées    Université Privée de Fès : 474 nouveaux lauréats célébrés    Maroc/Chili : vers de nouveaux horizons de coopération économique et commerciale    Urbanisme : les Cours régionales des comptes se penchent sur les dérives de présidents de communes    Les Etats-Unis se retirent « officiellement » de l'OMS    Renseignements, pressions et chantage : l'Algérie accusée d'espionnage en France    Développement et paix: M. Guterres appelle à la mise en œuvre « immédiate » du Pacte pour l'avenir    Amina Mohammed appelle à défendre la Charte des Nations Unies    Conseil de paix : le Maroc scelle son engagement    Sénégal–Maroc : Ismael Saibari reconnaît son erreur après l'incident des serviettes    Ligue 1: Nayef Aguerd incertain pour le choc Marseille-Lens samedi    La FIFA annonce une dotation record de 4 millions USD pour les vainqueurs de la Coupe des Champions Féminine    Programme des principaux matchs du samedi 24 janvier 2026    L'hommage royal à la maturité des Marocains : des messages pour consolider le front intérieur face aux tentatives de déstabilisation    Construction de 30 mini-terrains FIFA Arena au Maroc    Le temps qu'il fera ce samedi 24 janvier 2026    Les températures attendues ce samedi 24 janvier 2026    Rabat : Remplacement d'une valve pulmonaire sans chirurgie, une première nationale    UIC: una colaboradora apartada por comentarios racistas contra los senegaleses    Aeronáutica militar: Marruecos y Sabena Engineering refuerzan su alianza estratégica    Bulletin d'alerte : fortes pluies, neige et vents forts de vendredi à dimanche    La DGSN dément des accusations d'attaques post-CAN relayées par Le Point    SIEL : une 31è édition sous le signe de la France et d'Ibn Batouta    Mehdi Laraki : "Je respecte les traditions, mais je n'aime pas qu'on les enferme"    Art contemporain : quand Montresso inscrit la création africaine sur la scène mondiale    Prix des cinq continents de la Francophonie : la Marocaine Hajar Azell finaliste de l'édition 2026    Tormenta Ingrid: alteraciones en el tráfico marítimo entre Tarifa y Tánger    Désintox : Un journaliste de la TV sénégalaise affirme que Infantino a soutenu le Maroc la veille de la finale de la CAN    UIC : une collaboratrice écartée pour propos racistes contre les Sénégalais    Maroc - Sénégal : la 15e Haute Commission Mixte se tiendra à Rabat    L'Olympique de Marseille recrute le jeune international marocain Ziyad Baha (16 ans)    Foot & Drums : Casablanca s'apprête à faire danser les corps et les cultures    Maroc-Libéria : Le Conseil de gouvernement s'informe d'un accord de coopération dans le domaine militaire    Afric'Artech : Premier grand rendez-vous africain de la créativité numérique    TikTok crée une co-entreprise aux Etats-Unis pour y éviter son interdiction    Accident ferroviaire en Espagne : une ressortissante marocaine parmi les victimes    CAN 2025 : le SNPM dénonce une dérive médiatique et met en cause des agendas hostiles    Expo : Nu et cru, le corps féminin ne se cache plus    Semaines du Film Européen au Maroc: Une programmation ambitieuse au croisement des récits européens et méditerranéens    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Ces “fragiles” minoritaires
Publié dans Challenge le 11 - 04 - 2009

Faire un parallèle entre la protection du consommateur et celle des actionnaires minoritaires s'est imposé. La société au sens civil du terme représente à bien des égards la société dotée d'un capital. La lecture du projet de loi sur la protection des consommateurs insiste sur les jalons d'un verrouillage de l'action revendicative, à l'image de celle fixée par les textes sur la S.A ou encore la SARL.
Ils appartiennent à une catégorie d'actionnaires particulière. Ils ne profitent guère des opportunités qu'offre la position d'actionnaires majoritaires. Les minoritaires représentent une classe d'actionnaires plus fragile que les autres. L'actionnaire de référence a incontestablement une longueur d'avance sur la foule des minoritaires. Les protéger est d'autant plus d'actualité que le cadre juridique accorde cette prérogative au commissaire aux comptes. Comment explique-t-on que jusqu'à présent, aucune association représentant les actionnaires minoritaires n'ait encore vu le jour ? A qui la faute ? Et bien, il se trouve que les raisons vont bien au-delà d'un défaut de mouvement. «Nous sommes face à une situation où les intéressés sont beaucoup plus dans une logique de boursicoteurs. Les minoritaires n'adhèrent pas à une vision de permanence ou encore de moyen terme», explique à ce sujet Zakaria Fahim, expert-comptable et commissaire aux comptes. Comment cela se déroule-t-il sous d'autres cieux, où la protection du consommateur donne lieu à une véritable organisation, tant des instances civiles qu'administratives, les minoritaires se regroupant afin de défendre leurs intérêts. Ils utilisent un organe qui est notamment destiné à servir d'interface entre les comptes et les actionnaires majoritaires. Avec leurs quatre à cinq actions, les petits porteurs peuvent également se constituer en minorité de blocage. Très rares sont les affaires jurisprudentielles recensées à ce niveau. L'une d'entre elles est celle qualifiée d'abus de minorité. Le cas d'espèce concerne le refus de la minorité face à une augmentation de capital. Le juge a débouté les plaignants, arguant que l'opération d'augmentation de capital se faisait dans l'intérêt de l'entreprise. En se présentant devant le juge en tant qu'association, les revendications de la minorité auraient-elles eu plus de poids ? Autre affaire. En 1998, la BNDE a procédé à une augmentation de capital pour porter sa participation à 80% dans le capital de la BMAO, dans l'optique d'une fusion. Mais la fusion n'a jamais réussi, la justice a bloqué l'opération. Les actionnaires minoritaires de la BMAO ont intenté une action en justice pour stopper ce qu'ils considéraient comme une malversation, dans la mesure où l'offre proposée par la BNDE (une action BNDE pour 10 actions BMAO) était dérisoire.
Au sein des sociétés cotées, le système est verrouillé et tout est mis en oeuvre pour tenter d'arracher le consentement de la minorité légale. Même si, sur le plan législatif, des dispositions s'occupent de la préservation des droits des minoritaires. En ce qui concerne les sociétés faisant appel à l'épargne publique, il est stipulé que tout actionnaire minoritaire doit être informé de la manière dont la société est conduite. Il a même la possibilité de s'opposer à toute décision prise durant les assemblées générales extraordinaires et ce, à la condition qu'il existe une minorité de blocage qui équivaut à un tiers de voix plus une. Par ailleurs, les minoritaires ont, de par la loi, un droit de regard sur le contrôle de la légalité quant aux participations aux assemblées générales. Il se traduit par la possible révocation du commissaire aux comptes et la désignation d'un expert chargé de présenter un rapport de gestion. Par ailleurs, lors des assemblées générales ordinaires, s'ils réunissent 1/10ème du capital social, les actionnaires minoritaires peuvent intervenir dans la convocation de l'assemblée en cas d'inactivité du conseil d'administration. De plus, ceux qui détiennent au moins 5% du capital ont la possibilité d'inscrire à l'ordre du jour des projets de résolution. Au cas échéant, si ce droit n'est pas pris en compte, il s'en suivra la nullité des délibérations. Étant donné cet arsenal de droits, reste à savoir ce qu'il en est de l'application. De parole d'expert, “ ces droits sont très peu exercés. Nombreux sont ceux qui pensent que la justice est lente. Par ailleurs, comme les minoritaires ne sont pas regroupés en association, les dépenses engendrées par ce genre d'initiatives sont décourageantes. Une association leur permettrait de mutualiser les coûts”, estime Zakaria Fahim. En termes de recours, c'est la saisine directe du président du tribunal qui leur est offerte. C'est ainsi que si les minoritaires représentent au moins 1/10ème du capital, ils peuvent demander au président du tribunal la récusation ou encore la révocation du commissaire aux comptes. Ils ont également la possibilité de demander à la haute instance du tribunal de désigner un ou plusieurs experts chargés de présenter un rapport sur des opérations de gestion. Il peut également se trouver qu'un projet de fusion lèse les actionnaires minoritaires. Et ce même si le texte de loi prévoit “l'accord unanime des actionnaires ». Faute de constituer un groupe de force, l'institution du commissaire aux comptes devrait parer au plus urgent. “Si la loi accorde aux dirigeants la responsabilité d'arrêter les comptes, de mettre en place un dispositif de contrôle interne ou celui d'une organisation qui fonctionne, elle désigne également en le commissaire aux comptes le rôle de garant et d'appui des droits des minoritaires”, indique à ce sujet notre praticien. Si les minoritaires ne prennent pas leurs responsabilités en abandonnant leur posture de spectateurs, les actionnaires de référence continueront à faire cavalier seul.
Un peu de benchmark
En matière de droit des actionnaires minoritaires, l'expérience française est fort édifiante. Car dans l'hexagone, on ne compte pas moins de trois grandes associations qui ont fait leurs preuves dans le domaine, sans compter les associations spécifiques. L'association de défense des actionnaires minoritaires (ADAM), créée en 1991, est la plus médiatisée des associations dont l'objet est de défendre les intérêts collectifs des investisseurs. En 1998, elle conteste les modalités d'absorption d'Havas par la Compagnie Générale des Eaux et obtient près d'un milliard d'euros supplémentaires pour les minoritaires d'Havas. Mais, au-delà du simple fait de revendiquer et de défendre, l'association des petits porteurs actifs (APPAC) a été créée dans le but de participer aux conseils d'administration et de ne pas fuir les responsabilités. À nos acteurs nationaux d'en prendre de la graine pour sortir de leur logique de boursicoteurs du dimanche.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.