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[Exclusif] Blé tendre importé : avec plus de 3,6 Mds de DH d'arriérés de la restitution, les importateurs s'asphyxient
Publié dans EcoActu le 16 - 06 - 2022


Ecrit par Lamiae Boumahrou |
Pour maintenir la stabilité du prix du blé tendre malgré la flambée des cours sur le marché international, le gouvernement a adopté deux mesures phares à savoir la suspension des droits de douanes et la restitution forfaitaire à l'importation. Une restitution qui s'élève à 4,667 Mds de DH (entre novembre 2021 et mai 2022) mais dont l'Etat n'a payé que 1 Md de DH. Une situation qui met sous pression les trésoreries des importateurs.
Qui aurait imaginé un tel scénario ? A peine le monde s'apprête à remonter la pente après plus de 2 ans de crise sanitaire en raison du Covid19, qu'il se retrouve pris dans les filets d'une guerre qui, depuis plus de 3 mois, chamboule l'équilibre mondial.
Cette fois-ci ni le vaccin ni les mesures restrictives ne pourront stopper l'hémorragie causée par cette guerre. Tous les signaux sont au rouge. La flambée des prix des matières premières met à rude épreuve les Etats notamment les plus vulnérables, ceux qui dépendent des importations des matières premières.
Conséquences : une crise énergétique sans précédent et une crise alimentaire qui menacent la survie de milliers de personnes et ce en bouleversant les chaînes d'approvisionnement mondiales. Le Maroc, à l'instar du reste du monde, est frappé de plein fouet par cette crise dont les conséquences sur son économie pèsent de plus en plus.
Outre la hausse des prix des hydrocarbures qui plombe l'économie, le gouvernement marocain fait face à la hausse vertigineuse des prix du blé tendre, l'un des produits alimentaires de première nécessité pour les Marocains, ainsi qu'à la forte volatilité. Faut-il rappeler que l'Ukraine et la Russie exportent 30% des besoins mondiaux de blé tendre et 13% de maïs (chiffres 2021 FAO).
Pour maintenir le prix stable sur le marché interne et pour garantir la disponibilité du blé tendre, l'Etat a adopté des mesures notamment la suspension des droits de douanes en mai 2021 ainsi que la restitution forfaitaire à l'importation (outre la compensation du blé tendre produit localement) .
Aussi, pour maintenir le prix du pain inchangé, le gouvernement avait-il instauré un mécanisme de restitution à l'import du blé tendre. Une prime calculée chaque mois suivant les cours mondiaux et payée par l'Etat aux opérateurs sur les quantités importées. Ainsi, le prix de vente du blé tendre est plafonné à 270 DH/Quintal sortie ports marocains. Sauf qu'en raison de la volatilité des prix, le coût de cette restitution forfaitaire risque d'exploser non pas sans conséquences sur les finances publiques.
Contacté par nos soins Jamal M'Hamdi, président de la Fédération Interprofessionnelle des Activités Céréalières (FIAC) affirme qu' « aujourd'hui, grâce à ces mesures et aux efforts des importateurs, le Maroc dispose d'un stock de blé tendre d'environ 4,5 à 5 mois. Malheureusement nous sommes confrontés à une volatilité des marchés dont les conséquences risquent d'être lourdes et nous manquons de visibilité en raison de cette crise géopolitique qui perdure ».
En effet, le prix du blé tendre sur le marché international a doublé passant d'environ 207 dollars/T (16 juin 2021) à plus de 500 dollars/T un an après (prix FOB). Les importateurs achètent le blé tendre entre 475 DH/quintal et 514 DH/quintal (Frais d'approche inclus) dont plus de la moitié soit plus 200 DH/quintal doit être restituée par l'Etat. Une restitution qui malheureusement tarde à être payée mettant les finances des importateurs sous pression.
A noter que la restitution de cette subvention s'élève à plus de 4,667 Mds de DH sur la période allant du 31 novembre 2021 à fin mai 2022 pour plus de 3,325 millions de tonnes de blé tendre importés. Nous apprenons que seulement 1 Md de DH des 4,667 Mds de DH ont été versés par l'ONICL aux importateurs (financés par le budget de l'Etat).
Des retards de paiement qui s'accumulent et qui mettent non seulement en danger les trésoreries des importateurs mais aussi sur le volume des importations. « Malgré les tensions de trésorerie, les importateurs continuent d'approvisionner et de s'activer sur les marchés internationaux. Cela dit, les banques doivent mettre en place de nouvelles lignes de financement pour accompagner les opérateurs », précise Jamal M'Hamdi.
Mais jusqu'à quand ? C'est la question qui s'impose aujourd'hui notamment dans un contexte de plus en plus morose. En effet, en plus de la guerre et ses incertitudes, le Maroc fait face à une sècheresse qui va nécessiter beaucoup plus d'importation de blé. « Il y a beaucoup de variables, d'enjeux et d'intérêts dans cette équation qui nous maintient dans l'incertitude», nous affirmé Jamal M'Hamdi.
Quant à la possibilité d'acheminer le blé tendre de la Russie ou de l'Ukraine, elle est conditionnée par plusieurs paramètres factuels et des problèmes techniques notamment le risque transport étant donné que les compagnies d'assurance ne veulent pas couvrir le risque de guerre ainsi que le risque de financement puisque les banques ne veulent pas financer les opérations pour éviter les sanctions.
« Notre objectif premier est de garantir l'approvisionnement du pays en blé tendre en élargissant notre champ d'importation et en diversifiant nos fournisseurs », a tenu à préciser le président de la Fédération en rassurant que le Maroc est bien approvisionné pour alimenter le marché avec quiétude et résilience.
Dans cette conjoncture empreinte d'incertitudes et d'appréhensions, les importateurs de blé tendre n'ont qu'à prendre leur mal en patience espérant que l'Etat débloque le plus tôt possible le remboursement, que la guerre cesse et que l'ordre mondial se réinstalle.


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