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Industrie automobile : comment anticiper les défis à venir
Publié dans EcoActu le 30 - 01 - 2020

Depuis la mise en service de l'usine de Renault à Tanger, en 2012, le secteur a connu une nouvelle dynamique, comme en témoigne le relèvement substantiel de la capacité de production du secteur, qui a atteint 430.000 unités en 2018 entre les deux sites de Tanger (340.000 unités) et de Casablanca (90.000 unités).
Selon l'étude parue ce mois de janvier, cette dynamique sectorielle a été renforcée par la mise en service de l'usine de Peugeot à Kénitra en juin 2019 qui devrait contribuer au renforcement de la capacité de production du Maroc de +100.000 véhicules en 2019 et de +100.000 véhicules avant 2023, et au renforcement attendu de la capacité de l'usine SOMACA de +70.000 unités. Ce qui porte à terme la capacité de production totale du Maroc à 700.000 unités par an à l'horizon 2023, lit-on dans la récente étude de la DEPF consacrée à l'industrie automobile au Maroc et ses nouveaux gisements de croissance.
Depuis, la part du Maroc dans la production africaine de voitures s'est nettement améliorée, passant de 11% en 2011 à 36% en 2018, le propulsant à la 1ère place dans le segment des voitures de tourisme et à la 2ème place pour tous segments confondus après l'Afrique du Sud.
Des performances qui ont eu un fort impact sur la balance commerciale, 91 % de la production étant destinée à l'export. Ainsi, durant la période 2014-2018, suite à la transformation du secteur en écosystème automobile, les exportations sont passées de 42,7 milliards de dirhams à 72,3 milliards de dirhams, en progression annuelle moyenne de 14%. L'automobile est devenue ainsi le premier secteur exportateur pour la cinquième année successive, devant le secteur des phosphates, avec une part dans les exportations nationales de 26%.
Par ailleurs, les IDE automobiles reçus par le Maroc, tous segments confondus, ont connu une forte augmentation entre 2010 et 2018, pour se chiffrer à 25,21 milliards de dirhams sur la même période. Compte tenu de cette dynamique, la part des IDE automobiles dans le secteur industriel est passée de 14% en 2010 à 72% en 2018. Des IDE essentiellement européens qui ont commencé à se diversifier en 2018, écartant ainsi tout risque systémique du fait que les deux constructeurs sont français.
Si l'épopée a démarré en ciblant le segment du low-cost, l'arrivée du groupe PSA place le Maroc sur un nouveau segment de voitures connaissant un essor remarquable. Il s'agit du small car4, représentant plus de 30% des ventes automobiles mondiales et évoluant entre 5% et 6% par an.
Par conséquent, la construction de l'usine PSA à Kenitra a favorisé la montée en gamme de l'industrie automobile marocaine et le développement de nouvelles filières à forte valeur ajoutée et intensité technologique. Grâce au montage de moteurs, la part du Made in Morocco devrait s'élever à 80% dans les produits sortant de l'usine.
L'installation de 27 fournisseurs dans l'écosystème de PSA conforte cet engagement vers l'élévation du contenu local dans sa production au Maroc. D'un autre côté, les investissements en R&D et la création d'un centre d'excellence à Casablanca, employant 2.300 salariés dont 85% sont des ingénieurs, viendraient renforcer le positionnement high tech du secteur au niveau de la région MENA.
Si le Maroc s'érige en plateforme automobile mondiale de sous-traitance, les pouvoirs publics se sont engagés également à rehausser le taux d'intégration locale, en négociant un seuil minimum de 65% de contenu local pour l'opérateur Renault (ce taux se situe actuellement à près de 50%), et un seuil minimum de démarrage de 60% pour le groupe PSA qui devrait être porté à 80% à terme. Aujourd'hui, le montant total du sourcing local signé entre les deux constructeurs automobiles et les fournisseurs automobiles au Maroc est estimé à 3 milliards d'euros, dont 2 milliards signés avec le groupe Renault et 1 milliard avec le groupe PSA, note l'étude de la DEPF.
Et l'écosystème devrait davantage se renforcer puisque le Maroc a signé un accord d'entente avec BYD, de même que les négociations déjà entamées avec d'autres constructeurs seront de nature à diversifier le secteur.
L'anticipation clé de voûte
Dans un contexte conjoncturel marqué par une atonie de la demande et des risques économiques croissants liés, notamment, aux tensions qui pèsent sur le système commercial multilatéral (guerre commerciale sinoaméricaine), l'industrie automobile mondiale a subi, récemment, d'autres contraintes en particulier, la suppression des avantages fiscaux en Chine et le lancement de nouveaux tests d'émissions de carbone en Europe, analyse la DEPF.
Conséquences, cette industrie s'est contractée en 2018 pour la première fois depuis la crise financière mondiale, enregistrant une croissance négative de -1% des ventes automobiles, et les perspectives à court terme du secteur restent moroses. D'ailleurs, plusieurs marchés automobiles ont connu, en 2019, une baisse des ventes à l'instar de la Chine et de l'Europe où les chiffres d'affaires se sont contractés de l'ordre de 3 % au premier semestre 2019.
Comment le Maroc peut-il dans un environnement aussi hostile que mutant préserver ses acquis et les développer ?
Le leitmotiv est une adaptation permanente de ce secteur aux transformations technologiques pour contourner notamment les contraintes réglementaires et environnementales mais également renforcer sa compétitivité pour mieux faire face aux pressions d'une concurrence de plus en plus intense.
Comptant à son actif deux grands constructeurs automobiles d'une capacité totale de 700.000 unités, en plus de la signature d'un protocole d'entente avec BYD, le Maroc a atteint une taille critique importante qui lui permet d'être en meilleure posture pour tirer profit de la dynamique des mouvements de délocalisation qui s'opèrent à l'échelle mondiale, rassure la DEPF. De nouveaux investissements pourraient hisser l'industrie automobile nationale vers de nouveaux créneaux et apporter de nouvelles technologies et savoir-faire automobiles.
À noter que éléments factuels jouent en sa faveur que sont la proximité de l'Europe et son statut de clé d'entrée sur le marché africain. Une marché qui représenterait la deuxième grande croissance de vente automobiles mondiale d'ici 2022.
Mais d'autres éléments doivent être renforcer en permanence : d'un côté les IDE en recherche et développement et en innovation à même d'accompagner la transformation technologique de l'industrie automobile marocaine, dont notamment la digitalisation des véhicules et l'usage de l'impression 3D pour produire des pièces et des composants complexes.
Et de l'autre côté, l'anticipation de la formation des talents et de l'innovation est cruciale pour l'essor du secteur automobile marocain.
Par ailleurs, m'émergence de nouveaux types de véhicules tels que les voitures partagées, les voitures électriques et les voitures autonomes, devrait modifier la demande pour les voitures personnelles au niveau des marchés développés. La préparation à cette nouvelle demande pousse les opérateurs à engager des investissements colossaux en matière d'innovation et de technologie avancée, et à entamer des opérations de fusions-acquisitions à la recherche d'économies d'échelle et de parts de marché. Dans ce contexte mondial, le Maroc, dont l'industrie automobile est émergente, devrait anticiper lui aussi les nouveaux paramètres qui caractériseront la demande automobile, notamment dans les pays de l'Europe occidentale qui constituent son principal marché automobile à l'export. S'engager dans les métiers automobiles de demain serait une condition indispensable à la survie de son industrie locale face au resserrement prévu des marges bénéficiaires des opérateurs et à la préservation de ses avantages compétitifs par rapport à ses concurrents, conclut l'étude de la DEPF.
Intégralité de l'étude de la DEPF


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