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Entretien : «Un dispositif nécessaire, mais pas suffisant»
Publié dans Finances news le 21 - 04 - 2011

Une meilleure approche macroprudentielle est nécessaire à la réduction du risque systémique.
Le point avec Foued Ayari, professeur de Finance à l'American University of Paris, consultant pour plusieurs banques et ancien analyste au New York State Banking Département, chargé notamment des questions de Bâle II et associé gérant chez Ultimat Consulting à Casablanca.
- Finances News Hebdo : Quel serait, selon vous, l'impact des futures contraintes de liquidité de Bâle III sur les banques ?
- Foued Ayari : Parmi les différents facteurs qui ont généré la crise financière, celui qui, à mon sens, a été le plus dévastateur est la crise de liquidité. On est passé de niveaux de liquidité excessivement élevés avant la crise, à une chute brutale de celle-ci pendant la crise. Les banques centrales ont dû intervenir à plusieurs reprise sous plusieurs formes pour pallier cette soudaine sécheresse. Les mesures de Bâle III qui concernent la liquidité sont le Liquidity Coverage Ratio(LCR) et le Net Stable Funding Ratio (NSFR) et cela contribuera à coup sûr à plus de stabilité financière, et donc à une réduction du risque systémique. Cela dit, je ne pense pas que cela sera suffisant et je m'attends à des mesures supplémentaires car, par exemple, les mesures de liquidité telles qu'elles sont aujourd'hui proposées, vont entraîner une accumulation d'obligations souveraines. Or nous assistons aujourd'hui à une crise de la dette souveraine de plusieurs pays tels que le Portugal, la Grèce ou l'Irlande et que même la note AAA des Etats-Unis risque d'être abaissée après que Standard & Poors ait émis un Negative Outlook. Je pense donc que des ajustements seront nécessaires.
- F.N.H. : Croyez-vous que le renforcement des fonds propres protègera d'une nouvelle crise ?
- F. Y. : Absolument pas. Je pense que cela réduira la probabilité d'une crise à court et moyen termes, mais il est impossible de réduire la probabilité à zéro. Le phénomène de crise est cyclique et elle reviendra.
La question n'est pas si elle reviendra, mais quand elle reviendra et avec quelle magnitude. Je pense que la plupart des mesures qui ont été prises vont dans le bon sens, mais ne vont pas assez loin.
En mai 2008, soit environ 4 mois avant la chute de Lehman Brothers, j'avais répondu à des questions d'un journaliste du Congressional Quarterly Press, basé à Washington, et à l'époque j'avais souligné l'importance de renforcer la réglementation et de s'attaquer au manque de transparence sur les marchés de gré à gré. Il faut savoir que le volume notionnel global des produits dérivés sur les marchés de gré à gré (qui n'est pas ou peu réglementé), est de l'ordre de 600.000 milliards de dollars (le volume est régulièrement reporté par la Bank of International Settlements); c'est presque 10 fois le PIB mondial !! D'ailleurs, à l'époque, j'avais appelé à mettre en place une Chambre de compensation pour le marché de gré à gré sur le même principe que celui du marché organisé et j'observe d'ailleurs que cela a été le cas, par exemple,
en 2009, avec l'Intercontinental Exchange et LCH Clearnet pour le clearing des produits dérivés de crédit. Cela augmente la transparence et réduit considérablement le risque de contrepartie. Les marchés de gré à gré sont caractérisés par un manque de contrats standardisés, de réglementations, de transparence, d'un mis-pricing du risque, d'asymétrie de l'information, un risque de contrepartie important et d'opérations hors bilan qui augmentent l'opacité du marché et la difficulté d'en réduire le risque systémique. Il y a donc encore du chemin à faire.
- F.N.H. : Quelles sont les avancées réglementaires et les obstacles à franchir pour les banques ?
- F. Y. : Il y a eu pas mal de progrès en termes réglementaires à différents niveaux avec, entre autres, la réforme de Wall Street (Dodd-Frank Act), en plus de celles prises par différents pays et juridictions. Et donc nous assistons à une multiplication de contraintes pour les banques qui auront un coût, mais qui ne seront pas suffisantes si les autorités mettent trop de microréglementations (au niveau des banques) non accompagnées de règles macroprudentielles et une coordination globale effective. On pourrait par exemple assister à un arbitrage réglementaire du fait de la différence de traitement parmi plusieurs pays.
- F.N.H. : A votre avis, Bâle III aura-t-il un impact sur la redéfinition des business modèles et les structures des groupes ?
- F. Y. : Oui, forcément. Mais l'objectif restera toujours le même en terme de maximisation des profits et donc on assistera probablement à de «l'innovation» et à un contournement des règles. Il suffit tout simplement de voir comment, historiquement, les banques ont réagi à chaque vague de réglementations, que ce soit le Mac Fadden Act ou le Glass Steagall Act aux USA, pour ne citer que ces deux.
- F.N.H. : Quel serait l'impact des changements réglementaires sur les ratings des banques ?
- F. Y. : Je pense que les agences de notation attirent beaucoup plus l'attention maintenant du fait des critiques qui ont été faites à leur égard durant la crise, et aussi de la place prépondérante prise par ces dernières dans le cadre de Bale II et III. Les contraintes imposées aux banques devraient aller en leur faveur au niveau du rating, mais d'une manière inégale, en fonction de la taille de la banque.
- F.N.H. : Une étude du FMI fait apparaître que, même si le dispositif Bâle III contribuera à élargir les volants de liquidité, il ne sera cependant pas en mesure d'appréhender intégralement la dimension systémique du risque de liquidité. Qu'en pensez-vous ?
- F. Y. : Effectivement. Comme je l'avais mentionné plus haut, dans un premier temps, une meilleure approche macroprudentielle est nécessaire à la réduction du risque systémique. Dans un deuxième temps, et toujours au niveau macro, il faudra renforcer les mécanismes de réponses au début de crises sans pour autant augmenter l'aléa moral (moral hazard).
Cela dit, la définition même du risque systémique et ses différentes mesures n'étant pas évidentes, une approche verticale du risque systémique avec plusieurs niveaux, ou soupapes, me semble nécessaires, au moins autant qu'une approche horizontale comme par exemple prendre des mesures qui visent à augmenter la transparence, la gouvernance, la standardisation et réduire le risque de contrepartie, pour ne citer que quelques unes. A cela, il faut ajouter la nécessité de tenir compte de l'interdépendance croissante des économies dans un monde de plus en plus volatile et où le long terme se confond avec le court terme. Le monde ressemble de plus en plus à un village, où non seulement l'éternuement d'un pays entraîne un rhume dans un autre pays, mais l'idée même où l'anticipation qu'un pays puisse éternuer entraîne un rhume dans un autre pays !
- F.N.H. : Par conséquent, croyez-vous que la mise en place de ce dispositif soit toujours nécessaire ?
- F. Y. : Nécessaire, oui ; suffisante, non.
Propos recueillis par W. Mellouk


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