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Culture du cannabis
Publié dans Finances news le 19 - 05 - 2005

En collaboration avec l’Office contre la drogue et le crime, organisme relevant de l’ONU, l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des préfectures et provinces du Nord du Royaume a mené, pour la deuxième année consécutive, une enquête sur la culture du cannabis. Les investigations révèlent que cette activité illicite profite le plus aux trafiquants marocains et surtout aux «barons» étrangers, tandis que les paysans du Rif demeurent marginalisés.
Les revenus générés par le cannabis au niveau intérieur n’ont pas dépassé les 325 millions de dollars, alors qu’au niveau international le chiffre d’affaires est estimé à 13 milliards de dollars.
Proximité géographique oblige et aussi qualité de la marchandise qui demeure, de fait, très appréciée par les consommateurs par rapport aux autres produits provenant d’Egypte, d’Afghanistan ou du Liban, le Maroc reste la principale source de cannabis en Europe occidentale avec 80% de produits écoulés.
L’enquête menée par l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des préfectures et provinces du Nord du Royaume (APDN) est basée sur l’analyse d’images satellite SPOT couvrant toute la zone du Rif, ce qui a permis d’estimer la culture du cannabis à environ 120.500 ha en 2004, soit une baisse de 10% comparée à 2003. Les plus grandes diminutions ont concerné la province d’Al Hoceima (-54%) et la province de Taounate
(-43%) et, dans une moindre mesure, Larache (-1%). Selon l’APDN, «ces diminutions font suite à des actions de sensibilisation menées par les autorités locales».
En revanche, la culture du cannabis a sensiblement augmenté dans la province de Tétouan (+19%) et Chefchaouen (+13%).
La progression des cultures se réalise au détriment du patrimoine forestier. Selon le Haut commissariat des Eaux et Forêts, «la région du Rif perd chaque année plus de 3.800 ha, soit 45% de la superficie de forêts touchée par les incendies». Ces terres, au lieu d’être reboisées, sont utilisées comme nouvelles plantations pour le cannabis. La province de Chefchaouen vient en première position avec 2.850 ha incendiés. En effet, 62% des cultures du cannabis sont concentrés dans cette province. Le reste est réparti entre les provinces de Taounate (12%), Larache (10%), Al Hoceima (9%) et Tétouan.
Une baisse notoire
Les résultats de cette enquête, qui n’ont pas été encore publiés, révèlent une baisse d’environ 10% de la culture du cannabis. Cette baisse des cultures a engendré un impact notoire sur la production et, bien entendu, sur les revenus. En effet, le prix de la résine de cannabis a considérablement baissé entre 1999 et 2004. Cette situation a engendré des revenus en baisse de près de 25% pour les 800.000 personnes concernées par la culture du cannabis, soit, à peu près, plus de 96.000 familles. Alors que les prix de ces drogues ont connu une progression notoire en Europe et dans d’autres «marchés» à travers le monde. Apparemment, ce sont les barons de la drogue et les réseaux internationaux qui profitent le plus de ces activités où les marges bénéficiaires excèdent de loin les coûts de production. A titre de comparaison, les revenus générés par le cannabis au niveau intérieur n’ont pas dépassé les 325 millions de dollars, alors qu’au niveau international le chiffre d’affaires est estimé à 13 milliards de dollars. Le kilo de résine de cannabis est vendu à partir de 1.400 DH/kg au Maroc, alors que ce même kilo est écoulé au prix de 20.000 euros (prix de gros) à Amsterdam ou Bruxelles. De ce fait, les paysans demeurent les parents pauvres de la culture du cannabis. Cette activité illicite profite essentiellement aux trafiquants marocains et européens.
En ce qui concerne les cultures ou activités de remplacement tant prônées par l’UE et des organismes onusiens, il n’existe que très peu d’alternatives à la production de cannabis pour une zone qui demeure très pauvre dans les sens naturel ou humain du terme. Ces régions sont isolées et peu dotées en services publics. Dans les localités fortement orientées vers cette production, le savoir-faire et les pratiques agricoles traditionnelles se sont perdus en raison d’une sur-dépendance économique par rapport à cette activité illicite.
D’autant plus que les autres cultures dites normales n’offrent pas assez de revenus pour assurer la subsistance des exploitants. Un hectare de cannabis génère entre 8.000 et 12.000 DH suivant la saison, alors qu’un hectare de céréales ne dépasse pas les 2.000 DH dans le meilleur des cas. La différence est notoire !
Le cannabis est de 10 à 40 fois plus rentable que les cultures arboricoles. Parmi les productions licites, la plus rentable à l’hectare est celle du figuier, mais même dans ce cas, le cannabis demeure 2 à 8 fois plus rentable. Par rapport à la vigne, il l’est de 4 à 17 fois et pour l’olivier de 4 à 14 fois.
En effet, le Rif central se confine dans un enclavement prononcé, un manque de ressources naturelles, un environnement menacé, une insuffisance en équipements sociaux et éducatifs, une organisation sociale collective peu développée marquée par la faiblesse des moyens des collectivités locales, une structure économique précaire que compensent en partie les transferts des MRE et certaines activités illicites, notamment la culture et le commerce du cannabis et la contrebande.
Echecs des projets
alternatifs
La mise à niveau de l’organisation sociale collective, notamment dans la zone du Rif central, s’impose dans la mesure où le succès et la pérennité des programmes de développement alternatifs ne peuvent être assurés sans l’appui de structures modernes et organisées. Le soutien de la coopération internationale, compte tenu de l’importance des ressources financières à mobiliser pour la mise en œuvre des actions identifiées dans le cadre du programme de développement de la région, est aussi un élément déterminant.
L'éradication de la culture du cannabis doit s'inscrire dans le cadre d'une approche globale, intégrée et participative, avec notamment une collaboration en profondeur des organismes ou d’entités étrangères comme l’Union européenne.
Les projets de développement alternatif financés par l’UE ont subi jusqu’ici des échecs, car mal conçus et mal adaptés aux besoins des paysans.
Les provinces du Rif sont les plus denses du Royaume (130 hab/km2), ce qui ne peut faire vivre toute la population actuelle qui reste fixée sur place grâce au prix payé pour le cannabis.


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