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Vague de froid : Quand l'air polaire bouleverse notre hiver [INTEGRAL]
Publié dans L'opinion le 20 - 11 - 2025

Une vague de froid touche en ce moment une large partie de l'Europe. Faut-il s'attendre à une chute drastique des températures au Maroc ? Eclairage.
Le continent européen connaît cette semaine un net refroidissement lié à la descente d'une masse d'air froid depuis le Nord du continent. Plusieurs pays font état d'une baisse sensible des températures et de conditions hivernales précoces, notamment dans les régions exposées aux influences polaires. Le phénomène n'est pas uniforme, mais il traduit un changement de circulation qui oriente l'air froid vers l'Ouest et le centre de l'Europe. Dans ce type de situation, la Méditerranée occidentale se retrouve rarement isolée : la modification du flux général peut influencer le pourtour nord-africain en favorisant l'arrivée de perturbations atlantiques. Le Maroc n'est pas directement concerné par la vague de froid elle-même, mais il peut en ressentir les effets indirects, notamment à travers un changement de rythme de la circulation atmosphérique. Cette configuration, expliquent les climatologues, fait partie des interactions habituelles entre l'Europe et l'Atlantique Nord à cette période de l'année.
Le mécanisme global
Pour comprendre pourquoi la situation européenne peut avoir un impact au Maroc, il faut regarder le climat comme un ensemble. Comme nous l'explique le climatologue Mohamed Saïd Karrouk, «le climat de la Terre est un système, un bloc qui fonctionne ensemble, comme un moteur». Et en ce moment, ce moteur est marqué par la Niña. «La Niña est un événement météo-océanique qui se situe dans le Pacifique équatorial», un océan qui «influence profondément le climat mondial». Lorsque ses eaux sont froides, «elles transmettent peu d'énergie», ce qui entraîne «un affaiblissement de l'alimentation énergétique de l'atmosphère». Dans ce contexte, «l'anticyclone des Açores s'affaiblit pendant cette période» et «l'Oscillation nord-atlantique est actuellement négative». Ce basculement «permet aux précipitations de parvenir jusqu'à l'Ibérie et l'Afrique du Nord». C'est ce qui explique que, même sans froid européen, le Maroc puisse connaître un temps plus changeant, avec davantage de précipitations et de passages nuageux.
Dynamique régionale
Nous sommes encore en automne, cette période où les grands échanges d'énergie de l'hémisphère Nord commencent à basculer vers l'Equateur. Dans ces moments de transition, l'air ne circule plus en ligne droite : il ondule. Comme le rappelle le climatologue Karrouk, cette circulation ondulante permet simplement aux masses d'air de se déplacer différemment selon les moments de la saison, ce qui peut amener de l'air plus frais vers les régions proches de la Méditerranée. Ce type de configuration permet à des masses d'air plus fraîches venues du Nord-Ouest de s'approcher de notre région. Elles ne provoquent pas un froid direct au Maroc, mais elles modifient l'équilibre local : l'air chaud encore présent se mélange à cet air plus frais, ce qui favorise un temps plus instable et plus humide que ces dernières semaines. Le pays reste donc à l'écart du froid intense européen, mais pas de ses effets secondaires sur l'atmosphère régionale.
Le Maroc face au froid ?
Pour Mohamed Saïd Karrouk, le Maroc ne sera pas exposé à la masse d'air glaciale qui touche l'Europe, mais il en ressentira l'influence à travers le fonctionnement habituel de la circulation atmosphérique. Le climatologue précise que la masse d'air froide observée en Europe ne descendra pas jusqu'au Maroc, mais que son influence se fera sentir sur l'ensemble de l'Afrique du Nord. Cette influence se manifeste surtout par la poursuite d'un temps instable, porté par des perturbations venant du Nord-Ouest et plus fréquentes qu'en période neutre. Les régions du Nord seront les plus exposées, tandis que l'intérieur du pays connaîtra un rafraîchissement lié à ces passages humides. Les zones de relief resteront, comme souvent en cette saison, les plus sensibles aux baisses de température. Dans l'ensemble, la situation actuelle reste donc logique : le Maroc reçoit l'écho du refroidissement européen sans être concerné par ses extrêmes.

3 questions au Pr Mohamed Saïd Karrouk, climatologue : « Le froid et la neige pourraient se réaliser au niveau des grands reliefs qui sont le Rif et l'Atlas »
* Comment expliquer, sur le plan régional, que le Maroc soit affecté par le refroidissement européen ?

- La saison d'automne est une saison intermédiaire entre l'été et l'hiver, où les systèmes énergétiques basculent vers l'Equateur. Cette phase implique une circulation atmosphérique régionale au niveau de l'hémisphère Nord qu'on appelle une circulation méridienne. Méridien, ça veut dire qu'au lieu de venir directement de l'Ouest vers l'Est, elle ondule, monte vers le Nord, redescend vers le Sud et forme des crêtes et des vallées planétaires. Ces crêtes poussent la chaleur vers le pôle, et les vallées font descendre le froid vers l'Europe du Sud et vers l'Afrique du Nord. C'est la situation actuelle, et c'est ce qui explique l'influence du refroidissement européen sur notre région.

* Concrètement, à quoi doit s'attendre le Maroc dans les prochains jours ?

- Des précipitations vont continuer de s'abattre sur le Maroc, principalement sur la partie Nord du pays. Le froid ne va pas parvenir jusqu'à chez nous, mais l'influence régionale se traduit par une poursuite des perturbations. Le scénario reste marqué par une dynamique humide et un rafraîchissement, mais sans basculement vers une vague de froid franche au niveau national.

* La neige est-elle probable sur les reliefs, et cette situation est-elle exceptionnelle ?

- Le froid et la neige pourraient se réaliser au niveau des grands reliefs qui sont le Rif et l'Atlas. Il faut considérer cette situation comme étant habituelle et normale quand on est en phase Niña. Ceci était attendu dès que la Niña commençait à s'installer au niveau du Pacifique. Ce que nous observons aujourd'hui s'inscrit donc dans une logique climatique connue et attendue.


Prévention : Campagne hivernale 2025-2026 précoce dans les zones exposées
Dans la perspective des dégradations attendues pour la fin novembre, les autorités marocaines ont activé les préparatifs de la campagne hivernale 2025-2026. Un communiqué du ministère de l'Equipement et de l'Eau indique que le dispositif annuel de viabilité hivernale est désormais opérationnel, avec l'organisation d'un système de permanence dans les régions concernées, le suivi renforcé des routes de montagne et la mobilisation progressive du matériel destiné aux interventions d'urgence. L'objectif affiché est d'assurer la continuité de la circulation dans les zones d'altitude et de réduire les risques d'isolement liés aux chutes de neige ou à la dégradation des conditions météorologiques. Depuis le début de l'automne, les services dépendant de ce dispositif ont engagé une surveillance accrue des axes sensibles, conformément aux procédures prévues pour la saison hivernale. Cette préparation porte notamment sur l'identification des points nécessitant une vigilance particulière et la coordination avec les équipes chargées d'intervenir en cas de perturbations. Le communiqué ne fait pas état de mesures exceptionnelles, mais confirme la mise en œuvre du cadre de veille habituel pour cette période de l'année. Alors que les prévisions font état d'un refroidissement et de perturbations possibles dans les prochaines semaines, la montée en puissance de ce dispositif vise à doter les régions concernées d'un socle opérationnel suffisant avant l'arrivée des premiers épisodes hivernaux.

Transition saisonnière : Pourquoi le temps va changer différemment selon les régions
Le Maroc va connaître un changement de temps, mais pas de la même manière partout. Ces prochains jours, une zone d'air plus froid venue du Nord va influencer le pays, tandis qu'un air plus doux circule encore sur une partie de l'Atlantique. Quand ces masses d'air différentes se rencontrent, elles n'ont pas les mêmes effets selon les régions : les reliefs et les plateaux peuvent ressentir davantage la fraîcheur, certaines zones du Nord et du Nord-Est peuvent connaître du vent, alors que d'autres régions restent plus calmes. À cette période de l'année, ce type de contraste est fréquent. Novembre marque la transition entre la fin de l'automne et les premières conditions hivernales. Les circulations atmosphériques changent progressivement, et le Maroc se retrouve souvent au croisement de plusieurs influences. C'est ce qui explique qu'un même épisode puisse apporter fraîcheur, vent ou instabilité selon les endroits, sans que le phénomène soit uniforme à l'échelle du pays. Ces différences régionales reflètent simplement le passage vers les premiers épisodes de la saison froide.
Açores et météo
L'anticyclone des Açores est une vaste zone de hautes pressions située dans l'Atlantique Nord. C'est l'un des moteurs du climat marocain : quand il est fort, il bloque les perturbations et apporte un temps stable ; lorsqu'il s'affaiblit, il laisse passer l'humidité venue de l'océan. En période de Niña, ce système peut perdre en influence, ce qui facilite l'arrivée de pluies et d'air plus frais sur l'Afrique du Nord. Son positionnement détermine donc largement la nature des épisodes météorologiques que connaît le Maroc.
Oscillation nord-atlantique ?
L'Oscillation nord-atlantique (NAO) décrit la manière dont les pressions atmosphériques varient entre l'Islande et la région des Açores. Selon que l'écart de pression est fort ou faible, les perturbations suivent des trajectoires différentes. Quand la NAO est dite «négative», les systèmes perturbés circulent plus facilement vers l'Europe du Sud et l'Afrique du Nord. C'est ce qui peut permettre à des épisodes humides ou frais d'atteindre le Maroc, même si le pays n'est pas directement touché par une masse d'air froide venue d'Europe.


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