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Finance islamique en Afrique : Le Maroc dans les starting-blocks
Publié dans Finances news le 06 - 02 - 2015

Casablanca était l'hôte du 6ème Forum africain de la finance islamique. Un rendez-vous annuel incontournable coïncidant cette année avec l'adoption de la loi 103.12 sur les organismes de crédit qui consacre 17 articles à la finance participative. Ce texte vient à point nommé pour le Royaume, alors que l'Afrique, notamment francophone, lorgne de plus en plus les financements islamiques.
Le calendrier fait parfois bien les choses. Alors que Casablanca abritait la 6ème édition du Forum africain de la finance islamique (FAFI), grand rendez-vous annuel des acteurs de la finance halal sur le continent, la loi 103.12 était publiée au Bulletin Officiel. Grâce à cette loi, le Maroc dispose désormais d'un cadre juridique et réglementaire robuste pour la finance islamique, qui va permettre à cette activité de se déployer dans les meilleures conditions sur le plan national, puis régional.
Il était temps, diront certains, le Royaume étant l'un des derniers pays arabes à se lancer sur ce créneau prometteur. Pour Khalid Labniouri, directeur commercial de Dar Assafaa, pionnier au Maroc dans la distribution de produits alternatifs, le fait d'arriver en dernier «est une chance historique», puisque cela permet de «tirer les leçons de 40 années d'expérience» et de tâtonnements en tout genre de la part des pays à avoir tenté l'aventure avec plus ou moins de succès.
Le potentiel africain
Fort de ce nouveau cadre juridique, le Royaume a l'Afrique francophone en ligne de mire. Le potentiel dans cette région est en effet immense, selon les participants au FAFI : une croissance économique de plus de 5%, une communauté musulmane constituant près de 44% de la population, un taux de bancarisation ne dépassant pas les 15%, et d'importants besoins en investissements, notamment dans les infrastructures. L'année 2015 devrait connaître l'essor de la finance islamique dans cette région, à en croire les différents intervenants. Cet intérêt croissant constitue une aubaine pour le Maroc qui a de nombreux atouts à faire valoir pour investir le marché ouest-africain de la finance participative. K. Labniouiri évoque les liens culturels, spirituels et religieux qu'entretient le Royaume avec l'Afrique qui lui confèrent un avantage certain. Il évoque également la forte présence d'opérateurs économiques marocains en Afrique de l'Ouest, au premier desquels on retrouve le secteur bancaire. Les trois majors bancaires que sont Attijariwafa bank, BMCE Bank et le Groupe Banque Populaire connaissent une véritable success-story africaine, avec une connaissance approfondie du marché et des contextes locaux. La banque participative marocaine pourra se développer dans les filiales de ces banques marocaines et profiter de leur connaissance du terrain. Néanmoins, de nombreux défis restent à surmonter. Il s'agit notamment des enjeux liés à la règlementation, à la gouvernance, à la stratégie d'implémentation (ressources humaines, formation des théologiens, pédagogie, connaissance des clients), à l'offre (le positionnement par rapport à la concurrence des banques conventionnelles), et à la gestion de la liquidité des banques islamiques. Par ailleurs, le paramètre risque en Afrique doit également être pris en compte.
Du point de vue marocain, les opérateurs ne souhaitent pas mettre la charrue avant les boeufs, comme l'a souligné Youssef Baghdadi président du Directoire de Dar Assafa, lors de son intervention au FAFI : «nous allons procéder doucement au départ et nous allons expérimenter l'ensemble des produits participatifs avec des risques mesurés, car nous avons un gendarme (la Banque centrale ndlr) et c'est tant mieux». Pas de précipitation donc, encore moins d'improvisation. Le Maroc doit d'abord réussir le business model de la banque participative sur le plan national avant de l'exporter en Afrique francophone.
Un modèle marocain inédit...
Car, faut-il le rappeler, le législateur marocain a opté pour un business model inédit, comme l'a souligné Abderrahmane Lahlou, d'Abwab consulting. Cette originalité du modèle marocain se manifeste notamment dans le choix de l'intégration des deux systèmes (conventionnel et participatif). Il se manifeste aussi dans le choix de la gouvernance, avec une gestion bicéphale entre le Conseil supérieur des Oulémas et Bank Al-Maghrib. Le premier émet des avis de conformité et n'interfère pas dans la gestion des banques ; quant au second, il est le véritable détenteur du pouvoir exécutif et assure le contrôle et l'encadrement des banques participatives.
Le Maroc a fait le choix d'un cadre règlementaire protecteur et centralisé, avec un cadre opérationnel libéral permettant aux banques participatives une grande marge de manoeuvre. «Nous avons un contour bien dessiné, avec une grande liberté à l'intérieur de ce contour», résume Abderrafii Maataoui de Finaliance. Ce qui signifie que les banques auront la possibilité d'opter soit pour des Islamic Windows, des filiales, des joint-ventures, etc... pour lancer leur activité de finance participative. En outre, l'ingénierie financière étant libérale, il ne faut pas figer les produits. Ainsi, le texte de loi permet d'ouvrir le champ à d'autres produits que ceux habituellement commercialisés.
...à affiner
En réalité, pour reprendre l'expression de A. Maataoui, avec la loi 103.12, «ce sont les gros oeuvres qui ont été livrés, place à présent à la finition et à la technicité». Tout reste à faire ou presque. BAM, qui garde la main en matière de régulation, doit émettre au plus vite 6 circulaires pour permettre le démarrage effectif de l'activité. Celles-ci portent sur les caractéristiques techniques des produits, le fonctionnement des fonds de garantie, les agréments (apanage exclusif de BAM), la collecte et le placement des dépôts d'investissement, la fonction conformité, et une circulaire règlementant le rapport annuel à fournir à BAM.
Certaines recommandations ont été émises par ailleurs lors de ce Forum pour que le lancement opérationnel de la finance participative se déroule dans les meilleures conditions.
Il s'agit notamment de prévoir par la suite un rôle plus important pour le CSO et de s'acheminer vers un Sharia Board indépendant, hybride, et doté de pouvoir d'investigation. D'autres chantiers méritent également d'être réglementés, à l'image du traitement des pénalités de retard, de l'adaptation des normes comptables, ou encore la mise en place de mesures prudentielles spécifiques. Des précisions qui ne seront pas superflues quand on sait que le risque de réputation est autrement plus important pour les banques participatives que pour les banques conventionnelles, et «risque de frapper de plein fouet dès les premières semaines», selon Maataoui. «Au niveau de la gouvernance et de l'éthique, nous devons être au sommet», prévient-il.


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