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Entretien avec Mohamed Ghanam, Chef du service de LCD : «L'aridité touche 93% du territoire national»
Publié dans Finances news le 29 - 06 - 2006

* Le Sous-Massa-Draâ, l'Oriental, Marrakech-Tensift-Haouz, Tadla-Azilal et Meknès-Tafilalet sont les régions les plus exposées.
* L'Allemagne et le PNUD partenaires de taille dans la lutte contre la désertification (LCD).
Finances News Hebdo : Comment évolue l’extension de la désertification au Maroc ?
Mohamed Ghanam : Au Maroc, le phénomène de désertification affecte de grandes étendues et est d'autant plus prononcé que le climat est aride avec des cycles de plus en plus longs de sécheresse et que les sols sont pauvres et très vulnérables à l'érosion. De plus, la précarité des conditions de vie des populations rurales les pousse à surexploiter les ressources naturelles pour satisfaire leurs besoins croissants, ce qui amplifie davantage la dégradation des milieux.
Les facteurs qui favorisent le déclenchement et l'accentuation de la désertification résident dans l'aridité du climat qui concerne près de 93 % du territoire national. Aujourd'hui, à cette contrainte naturelle s'ajoute la dégradation continue du couvert végétal qui est constamment sollicité pour la satisfaction des besoins des populations en terres de culture, en bois et en ressources fourragères pour le cheptel. Ces deux facteurs engendrent la pauvreté et la fragilité des sols qui sont dues essentiellement à leur faible teneur en matières organiques et à des utilisations incompatibles avec le principe de leur conservation avec, de surcroît, une pression démographique de plus en plus forte.
Le niveau du processus est apprécié à travers plusieurs indicateurs :
• La dégradation du couvert végétal exprimée par la perte de biodiversité est due essentiellement à la récolte excessive de bois d'énergie et le surpâturage, les défrichements pour la recherche de nouvelles terres de culture, les incendies qui détruisent près de 3.000 ha/an et l'urbanisation qui ronge l'assiette foncière forestière, principalement dans les régions côtières à des fins d'habitat ou touristiques.
• L'érosion hydrique est intense avec des dégradations spécifiques dépassant 2.000 t/km2/an sur les versants du Rif au nord du Maroc, entre 1.000 et 2.000 t/km2/an dans le pré-Rif, entre 500 et 1.000 t/km2/an dans les Moyen et Haut-Atlas et moins de 500 t/km2/an dans les autres régions.
• Dans les régions du Sud et de l'Oriental du pays, l'ensablement dû à l'érosion éolienne constitue l'une des principales manifestations de la désertification. En effet, des dizaines de petites retenues et des centaines de saguias sont mises hors d'usage après seulement une courte période de fonctionnement sous l'effet de l'ensablement. Dans ces mêmes régions, des agglomérations rurales, des palmeraies et des voies de communications souffrent également de ce phénomène.
• Le problème de la salinisation et de la remontée de la nappe phréatique touche presque tous les grands périmètres irrigués ; une superficie de 37.000 ha (sur 414.000 ha étudiés) est concernée par la salinisation ou l'alcalinisation. Dans les seules
provinces de Zagora et d'Errachidia, il est estimé que 22.000 ha de terres irriguées et 5 millions d'hectares de terrains de parcours sont touchés par la salinisation qui y conjugue ses effets avec ceux de l'ensablement.
F. N. H. : Quelles sont les régions les plus fortement menacées ?
M. G. : La synthèse de l'état de l'évolution de la désertification, exprimée à travers des cartes de changement de l'état de végétation et du suivi interannuel par télédétection, a permis d'identifier les zones qui ont subi des évolutions durant la période étudiée. Parmi les zones les plus touchées par une évolution significative de la dégradation, on peut retenir 5 principales régions, à savoir le Sous-Massa-Draâ, l'Oriental, Marrakech- Tensift-Haouz, Tadla-Azilal et Meknès-Tafilalet.
F. N. H. : Quelles sont les conditions nécessaires pour faire réussir le PAN LCD ?
M. G. : L'option retenue par le Programme d'action nationale pour la lutte contre la désertification (PAN-LCD) est de privilégier les mesures susceptibles de compléter les programmes sectoriels existants, de catalyser leur mise en œuvre et de promouvoir une véritable dynamique de développement rural basée sur l'intégration, la territorialisation, le partenariat et l'approche participative en harmonie avec la gestion conservatoire des ressources naturelles.
Pour réussir le PAN LCD, il y a lieu de :
• Développer des approches nouvelles et novatrices pour mobiliser et acheminer les ressources nécessaires au financement des activités de lutte contre la désertification en s'appuyant sur des mécanismes qui associent la mobilisation des ressources financières disponibles à la participation de tous les partenaires potentiels.
• Asseoir un système de suivi - évaluation du PAN. En effet, le suivi de l'impact des actions du PAN sur l'état des ressources naturelles doit être assuré en permanence pour alimenter en données le tableau de bord qui fournit des éléments objectifs permettant de décider, en connaissance de cause et en temps utile, des modifications et des amendements à apporter au programme.
Bref, la réussite du PAN-LCD, dans sa double dimension d'engagement politique et d'outil de planification d'actions concrètes novatrices sur les plans des interventions et des modalités de mise en œuvre, nécessitera la mobilisation de toutes les énergies disponibles.
F. N. H. : Comment se présente la coopération avec les partenaires étrangers dans le domaine de la LCD ?
M. G. : Suite aux différentes concertations avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux, deux projets d'appui à la mise en œuvre du PAN sont initiés avec la coopération de la République Fédérale d'Allemagne et du PNUD.
Il s'agit du Programme de développement local dans la réserve de biosphère de l'arganeraie et dans la vallée du Draâ, appuyé techniquement par la GTZ (organisme allemand) dans les provinces pilotes de Tiznit, de Chtouka Aït Baha et de Taroudant, et du Programme de lutte contre la pauvreté rurale, la désertification et les effets de la sécheresse sur des sites pilotes par sous-programme d'appui aux actions suivantes : Projet de zone montagneuse d'Al Haouz, Plan national des bassins versants, Périmètres de mise en valeur en bour et PAN LCD.
Ces projets visent i) le renforcement de l'environnement politique, législatif et institutionnel, ii) le renforcement des capacités, iii) l'opérationnalisation des principes du PAN autour de projets de terrain visant la réhabilitation et la conservation des écosystèmes naturels, iv) l'auto-organisation de la population usagère autour des filières génératrices de revenus, et v) la promotion d'actions communautaires participatives de développement local par la mise en valeur du potentiel de production des ressources naturelles.
Par ailleurs, un projet relatif au Suivi-Evaluation du PAN LCD est en cours avec l'appui de l'OSS et dont le financement est assuré par l'UE.
D'autres projets sont mis en œuvre et entrent dans le cadre des domaines prioritaires du PAN relatif aux actions intégrées de LCD et son menés avec l'appui de l'UE dans le cadre du programme MEDA ou sur financement de la BIRD. Il s'agit de projets intégrés des zones forestières et périforestières, d'aménagement des bassins versants ou de mise en valeur des périmètres à agriculture pluviale.
Enfin, des rencontres sous forme d'ateliers (2003) et de tables rondes (2004) ont été organisées entre les acteurs nationaux et les partenaires au développement pour sensibiliser ces derniers et acquérir l'information sur leurs priorités et stratégies, notamment en ce qui concerne les possibilités et formes de financement, ainsi que les critères et procédures en vigueur pour chaque partenaire.
Toutes ces concertations, menées dans le cadre d'un processus consultatif, ont permis d'enregistrer un certain nombre d'acquis aboutissant à des partenariats qui ont été conclus avec divers partenaires tels que l'Union européenne et l'OSS (alerte précoce à la sécheresse avec l'appui de l'OSS), le FEM (lutte contre la désertification et réduction de la pauvreté dans les hauts-plateaux de l'Oriental)...


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