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Commerce extérieur : Pourquoi une nouvelle stratégie ?
Publié dans Finances news le 29 - 06 - 2006

* Une hausse des importations marocaines de 12% entre 2000 et 2004 contre 4% entre 1995 et 1999.
* Pallier les contre-performances des exportations et faire du commerce extérieur un des moteurs de la croissance économique sont désormais le leitmotiv.
L’Association Marocaine des Exportateurs a tenu la semaine dernière son Assemblée Générale Ordinaire sous la présidence de A. Bel Madani. Cette assemblée a vu la participation du ministre du Commerce extérieur qui a exposé les grandes lignes du diagnostic et éléments pour une nouvelle stratégie du commerce extérieur national.
Dans un contexte de vive concurrence, les exportateurs nationaux sont appelés à être vigilants et à faire preuve de compétitivité. Cette prise de conscience résulte du constat suivant: au cours de la période 1995-2005, le déficit commercial s’est aggravé de 13,3% par an. Les importations ont progressé de 109,4% en 10 ans, s’établissant à 178 Mds de DH en 2005 contre 85 Mds de DH en 1995. En revanche, les exportations n’ont progressé que de 57,6% en 10 ans. Autres facteurs expliquant ce déficit commercial : la flambée des prix du pétrole, la récession économique de la zone Euro, l’appréciation de l’Euro au détriment du Dollar et l’abolition de l’accord multifibres. Le déficit commercial s’explique également par une politique de change peu flexible et une absence d’instruments de financement pour la promotion des exportations. D’après un rapport de la Banque mondiale, l’indice de restriction commerciale du Maroc est de 0,51%. Sur 92 pays, il est le troisième le plus élevé après l’Egypte (0,60%) et le Nigeria ( 0,55%). Parmi les recommandations de la Banque mondiale, il est important de développer les capacités productives, de s’ouvrir sur le commerce mondial et de rechercher de nouveaux marchés à l’étranger. D’après Mechahouri, la nécessité de la mise en place d’une nouvelle stratégie est une suite logique aux accords de libre-échange conclus par le Maroc. Elle permettra une meilleure adaptation aux mutations du commerce international, tout en palliant les contre-performances des exportations et en faisant du commerce extérieur un des moteurs de croissance économique et de développement humain. Le diagnostic du commerce extérieur permet ainsi de dégager les performances générales en mettant en place une politique commerciale adéquate. De même, l’analyse sectorielle a permis d’identifier les relations commerciales internationales. Selon le ministre du Commerce extérieur, les exportations marocaines restent peu diversifiées, peu élastiques et à forte concentration géographique. Le système d’incitation et de promotion reste peu compétitif ; les produits primaires traditionnels sont à faible valeur ajoutée et certains secteurs exportateurs restent peu compétitifs. Les importations demeurent marquées par un fort rythme de progression caractérisé par l’achat de biens d’équipement industriel et une forte facture énergétique.
Dans le même sillage, l’ASMEX a conclu une convention avec le ministère du Commerce extérieur, laquelle convention a été signée par le ministre du Commerce extérieur et le président de l’ASMEX en présence de plusieurs personnalités représentant la profession. Le but de cet accord est de mettre à la disposition des consortiums d’exportation de biens et services, constitués ou en période de démarrage, ayant une structure stable et n’associant pas des entreprises d’un même groupe, une assistance de proximité en matière d’information, de présentation de dossiers, ainsi qu’une aide financière et des actions de promotion.
A l’instar des actions internes, il s’avère judicieux de mieux analyser le marché mondial pour cerner les produits prioritaires à l’exportation. Parce que jusqu’à présent, les échanges commerciaux demeurent caractérisés par la prédominance des secteurs classiques. 4 secteurs sur 9 couvrent leurs importations par les exportations (pêche, mines, textile-cuir, agroalimentaire). Et concernant les exportations, celles-ci restent marquées par la prédominance des industries mécaniques et métallurgiques, la chimie-parachimie, le textile et cuir, l’énergie et les industries électriques et électroniques.
Encore faut-il admettre qu’il est temps de mettre en place des instruments de financement adaptés aux besoins des entreprises, de mieux utiliser l’assurance à l’exportation et de mettre en place des facilités de change pour le financement des dépenses engagées à l’étranger.


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