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Rencontre
Publié dans Finances news le 25 - 11 - 2004

«Michel Foucault ou les nouvelles tâches de l’intellectuel» : tel est le thème proposé par le professeur Jean-François Poirier, aujourd’hui, à 19h à l’IFC. Une autre occasion pour redécouvrir cet illustre penseur.
L’idéal humanitaire des sociétés civilisées serait, pour Michel Foucault, «surveiller et punir». C’est d’ailleurs l’intitulé de l’un de ses ouvrages les plus importants. La liberté, aux yeux de ce philosophe français, serait un mythe inaccessible que la fameuse philosophie des lumières n’a fait que «quadriller».
À l’origine, la désagrégation lente et progressive des formes traditionnelles de penser ont réveillé dans l’âme humaine des déchirements que le slogan unitaire de la liberté a réussi à masquer. Avec Michel Foucault, on est en présence d’un penseur qui critique le libéralisme politique par ses propres valeurs. Il ne procède pas à la manière des relativistes, ni d’ailleurs à celle des moralisateurs. En ne s’identifiant à aucun mouvement politique précis, Michel Foucault a voulu que son «statut» d’intellectuel français ne soit altéré par aucune sensibilité. Cela ne signifie pas, pour autant, que cet ancien professeur au Collège de France dénigre le monde politique. Au contraire, il ne voulait surtout pas afficher un consentement quelconque pour les règles du jeu politique préétablies. Il croit avec force qu’aucune valeur n’est assez puissante pour mettre fin à la détresse spirituelle de l’Homme. C’est désormais son
destin.
Michel Foucault a pénétré dans les champs ordinairement négligés par la science politique. En axant son attention sur la notion de «discipline», opérante dans toutes les activités humaines, Michel Foucault a substitué au mot de société «libérale» le qualificatif de «disciplinaire». Pourtant, un véritable conditionnement de l’être humain se fait. Depuis les emplois du temps scolaires jusqu’à à l’asile des fous, la liberté ne se trouve que dans le discours. Dans son ouvrage «Les mots et les choses», ce grand penseur de l’analyse de l’ordre du discours politique révèle l’union de tous les libéraux du monde autour de la valeur de la liberté… sans pouvoir la libérer pour autant. «Le 18ème siècle avait certes inventé l’idée de liberté, mais il lui a également dressé un sous-bassement idéologique : la société disciplinaire dans laquelle nous vivons aujourd’hui», a-t-il écrit.


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