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Petites histoires entre potes
Publié dans Finances news le 02 - 05 - 2008

Les jours qui suivirent, les commentaires allèrent bon train. L’argutie «officielle» servie pour justifier le veto du CEC est que le projet de partenariat entre la BMCE et la Caisse d’Epargne n’était guère… structurant pour l’économie nationale.
La vérité, du moins ce qui semblait être vrai pour la majorité des observateurs avertis est, d’un côté, que les pouvoirs publics étaient davantage favorables à un rapprochement maroco-marocain. Et pas n’importe lequel : la BCM devait forcément trouver sa moitié. Quitte à «bafouer» les règles de bienséance. Et c’est bien ce qui a eu lieu, fort du soutien dont elle a pu bénéficier en haut lieu.
Sur un autre volet, les analyses sont allées plus loin pour aboutir à une conclusion : la présence de capitaux étrangers dans les établissements bancaires commençait à déranger.
Cette présence était certes historique, avec notamment des filiales de banques françaises comme le Crédit du Maroc, la BMCI ou encore la SGMB. Mais l’appétit des étrangers pour grignoter dans le capital des banques marocaines est allé grandissant, avec une présence de plus en plus significative de nouveaux groupes dans le système bancaire. Car à côté des Français, d’autres groupes étrangers se sont positionnés dans le tour de table des banques locales, avec des participations minoritaires mais significatives qui leur donnent, selon le cas, un droit de regard sur la gestion.
C’est ce droit de regard qui a semblé gêner les autorités dans le projet de partenariat BMCE – Caisse d’Epargne. Et mieux, il semble qu’il était prévu, outre les 20% qu’allait prendre la Caisse d’Epargne, qu’elle porte plus tard sa participation à 33% pour atteindre la minorité de blocage et pouvoir intervenir dans la gestion de l’établissement.
Toutefois, pour maints observateurs avertis, la décision du CEC était «légitime», même si elle n’est pas innocente. Il s’agit de protéger le secteur de la mainmise des banques étrangères, tout en favorisant l’émergence d’établissements puissants (comme la BCM) qui font autorité sur le marché. Un protectionnisme déguisé en quelque sorte, dans un contexte de libéralisation. Une libéralisation qui, pour d’aucuns, ne doit pas cependant empêcher de «protéger certains secteurs-clés de notre économie, notamment le secteur bancaire, de certaines convoitises». Surtout que «même si la présence de ces capitaux témoigne de la crédibilité de notre système bancaire, il n’en demeure pas moins vrai que l’apport des banques étrangères pour l’économie nationale reste quand même modeste, compte tenu des positions stratégiques qu’elles occupent et leur présence relativement longue sur le territoire pour certaines». «Le Maroc est davantage considéré comme un centre de profit : c’est comme si elles investissaient dans un portefeuille d’actions pour réaliser uniquement des bénéfices; il n’y a pas véritablement de transfert de savoir-faire. Leur présence est donc purement… financière», soulignait un expert de la place.
Mais qu’importe, Othman Benjelloun était bien décidé à trouver un nouveau partenaire, après la tentative avortée avec la Caisse d’Epargne.
De son côté, Oudghiri semblait jubiler : il n’a pas eu ce qu’il voulait; Benjelloun non plus. Lui aussi réfléchissait à une autre alternative. Il lui fallait impérativement trouver une niche de croissance.
(à suivre)


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