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Projet d’Union pour la Méditerranée : La société civile livre son rapport
Publié dans Finances news le 10 - 07 - 2008

* Un groupe d’experts constitué au sein de l’IMRI a remis récemment à Omar Hilal, Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, ainsi qu’à Bruno Dethomas, ambassadeur de la Commission européenne à Rabat, un rapport sur le PUM.
* Tour d’horizon avec J. Kerdoudi, Président d’IMRI.
Finances News Hebdo : Vous avez élaboré, au sein de l’IMRI, un rapport sur le projet d’Union pour la Méditerranée. Pouvez-vous nous dire quelles sont les principales raisons qui vous ont poussés à élaborer un tel rapport ?
Jawad Kerdoudi : Nous avons créé, au sein de l’IMRI, un groupe d’experts marocains pour étudier le projet d’Union pour la Méditerranée, qui avait été lancé par le Président Sarkozy au printemps 2007. La principale raison d’élaboration de ce rapport est de fournir une contribution de la société civile à nos autorités, afin qu’elles puissent en tenir compte lors des prochaines échéances de ce projet. C’est ainsi que ce rapport a été remis officiellement le 03 juillet 2008 à Monsieur Omar Hilal, Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération.
F. N. H : Quels sont les points saillants de ce rapport ?
J. K : Ce rapport a repris les principaux thèmes du projet qui ont été déclinés en cinq groupes de travail : composition géographique et problèmes politiques, institutions (fonctionnement et financement), projets de développement économique, questions d’éducation, culture, formation et recherche et problèmes de l’environnement
Pour chacun de ces thèmes, le groupe de travail a recensé les propositions faites par les pays du Nord de la Méditerranée, et surtout la Commission européenne, et a émis des recommandations qui ont été synthétisées à la fin du rapport.
F. N. H : L’environnement constitue une variable importante pour les pays du Sud de la Méditerranée. Quelles sont les actions préconisées par le groupe pour la préserver ?
J. K : Nous avons effectivement attaché une importance particulière aux problèmes de l’environnement, qui ne sont pas suffisamment pris en considération par les pays du Nord de la Méditerranée. Nous avons préconisé de mettre un système d’information méditerranéen sur l’environnement et le développement durable. Nous avons également proposé une concertation préalable des membres de l’UPM, avant toute réunion internationale concernant les problèmes de l’environnement. Enfin, nous avons souligné la nécessité d’une gestion rationnelle des zones littorales, une rationalisation de la consommation d’énergie fossile, et surtout des campagnes de sensibilisation de la population sur les problèmes de l’environnement.
F. N. H : La région sud-méditerranéenne souffre de plusieurs problèmes d’ordre politique, économique, social et culturel. Est-ce que vous pensez que ce projet tiendra compte de ces spécificités pour le mener à bon port ?
J. K : En effet, la région sud-méditerranéenne souffre actuellement de graves problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels. Sur le plan politique, la région a accompli peu de progrès concernant la démocratie et les droits de l’homme. Elle est de plus troublée par des conflits, dont le plus emblématique est le conflit arabo-israélien. La région manque également d’unité tant au Maghreb qu’au Machrek. Enfin, la région souffre du terrorisme et de l’immigration illégale. Sur le plan économique, c’est la région la plus pauvre de la planète après l’Afrique sub saharienne et quelques pays d’Asie. L’éducation n’a pas donné les résultats escomptés, et une large partie de la population est encore analphabète. La qualité de la formation est insuffisante, ainsi que la production culturelle et la recherche scientifique. Je pense que ce projet tiendra compte de ces spécificités, ne serait-ce que pour que la paix et la sécurité règnent au Nord et au Sud de la Méditerranée. Certes, les pays du Sud de la Méditerranée doivent compter avant tout sur eux-mêmes, mais le Nord peut apporter un partenariat précieux et utile pour le développement de toute la région.
F. N. H : Comment le projet d’UPM pourrait-il réduire le clivage entre le Nord et le Sud sachant que le processus de Barcelone s’est soldé par un échec ?
J. K : Par rapport au Processus de Barcelone, la valeur ajoutée de l’Union pour la Méditerranée tient à la gouvernance (co-présidence des Sommets et du Secrétariat) à l’élaboration de projets structurants (autoroutes terrestres et maritime, énergie solaire, dépollution de la Méditerranée, protection civile), ainsi qu’à la volonté des parties d’impliquer les sociétés civiles du Nord et du Sud de la Méditerranée.


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