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La ligne rouge
Publié dans Finances news le 02 - 07 - 2009

Le verdict est tombé dans le cadre du procès intenté par Mouammar Kadhafi contre trois journaux marocains : «Al Massae», «Al Jarida Al Oula» et «Al Ahdath Al Maghribiya» ont été condamnés chacun, lundi 29 juin, par le tribunal de première instance de Casablanca, à verser à la partie plaignante 1 million DH de dommages et intérêts et 100.000 DH d’amende pour «atteinte à la dignité d’un chef d’Etat».
Une bien lourde sentence pour ceux qui ont eu l’outrecuidance de critiquer le chef d’Etat libyen.
Et les cris d’orfraie lancés par les organisations des droits de l’homme, Reporters Sans Frontières, la Fédération marocaine des éditeurs de journaux ou encore le Syndicat national de la presse marocaine dès l’entame de ce procès, n’y ont visiblement rien changé.
La véritable question à se poser dans cette affaire est de savoir si, effectivement, ce procès avait lieu d’être.
A l’évidence non. Car si la liberté d’expression interdit aux journalistes de se livrer à un quelconque «libertinage», elle leur donne, tout autant, le droit de porter sur la place publique leur opinion sur… un homme public. Et Kadhafi en est un, même s’il a un rang particulier. Dès lors, cette opinion peut être favorable ou critique.
Mais si critiquer un chef d’Etat étranger est systématiquement assimilé à de la diffamation, il ne reste plus aux journalistes qu’à ranger leur plume braillarde et changer de métier.
On le sait, la critique a toujours eu mauvaise presse. Mais comme l’a si bien dit l’actrice et réalisatrice française, Maria de Medeiros, «la critique est plus que légitime, elle est nécessaire, on peut être d'accord ou pas, mais l'espace critique est absolument indispensable».
Une assertion à laquelle ne souscrit visiblement pas la Justice marocaine qui, une fois n’est pas coutume, manifeste, et de fort belle manière, son profond désamour vis-à-vis de la presse nationale, quitte à piétiner les fondements d’un Etat de droit. De manière gauchement subtile. Car la Justice marocaine a changé son fusil d’épaule, pour ne pas dire de méthode.
Aujourd’hui, à défaut des contraintes par corps et des interdictions d’exercer, c’est l’asphyxie financière qui est privilégiée. Dans un secteur où la plupart des éditeurs de journaux, touchés par la crise, tirent le diable par la queue, condamner ces publications à décaisser chacune 1 MDH, c’est en quelque sorte signer leur arrêt de mort, en mettant en péril des dizaines d’emplois.
C’est visiblement le but recherché. Car, pour des procès de ce genre, même si celui-ci ne saurait être justifié, le but recherché, avant toute chose, est de laver l’honneur du plaignant en condamnant les publications concernées à verser une somme symbolique.
En faisant monter les enchères de la sorte, c’est implicitement l’aveu d’une volonté soutenue de museler la presse et de la contraindre à s’asseoir sur le banc des béni oui-oui.
Et aucune publication ne semble être à l’abri d’une telle sanction, dès lors que les journalistes se baladent, sans le savoir, entre ces fameuses «lignes rouges» invisibles qui font polémique.
Alors, ne vous étonnez pas si, demain, l’auteur de ces lignes est poursuivi pour diffamation. Car peut-être bien que j’ai franchi ces… lignes rouges invisibles. Qui sait ?


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