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Entretien : «La situation actuelle du marché a un impact limité sur l’activité de Maroclear»
Publié dans Finances news le 22 - 10 - 2009

* La morosité du marché boursier ne semble guère gêner le développement de l’activité de Maroclear.
* Le dépositaire central est en train de déployer une plate-forme de dernière génération répondant aux meilleurs standards internationaux.
* Fathia Bennis, PDG de Maroclear, répond aux questions de Finances News Hebdo.
- Finances News Hebdo : La Bourse de Casablanca tourne au ralenti depuis plusieurs mois. Comment cela s’est-il répercuté sur l’activité de Maroclear ? Vos objectifs, en termes de résultats, vont-ils être atteints à l’issue de l’exercice 2009 ?
- Fathia Bennis : Permettez-moi d’abord d’apporter un éclairage sur le rôle que joue Maroclear dans le paysage financier de notre pays. En effet, dans le cadre de ses prérogatives réglementaires, Maroclear ne joue pas uniquement le rôle de dépositaire central pour les valeurs cotées, mais pour tous types de valeurs : instruments de taux, parts d’OPCVM, etc… Je rappelle au passage, qu’à part les cas où la loi rend obligatoire la dématérialisation des valeurs émises auprès du dépositaire central, tout émetteur a des avantages certains d’enregistrer ses valeurs auprès du dépositaire central qu’est Maroclear.
Pourtant, la partie la plus visible des services que rend Maroclear à la communauté financière est celle liée au traitement post-marché des opérations de Bourse, bien que les moyennes quotidiennes dénouées par Maroclear sur le marché de gré à gré dépassent de loin les moyennes en montant des négociations en Bourse.
Je signale par ailleurs que Maroclear assure la gestion du système de règlement titres, qui permet le dénouement de toutes les transactions impliquant des mouvements titres sur le marché (négociations Bons du Trésor, Repo, opérations interbancaires…). À cela, s’ajoutent plusieurs autres services, notamment ceux liés à la gestion des OST, etc…
Pour ce qui est de l’impact de la situation que connaît actuellement le marché boursier sur l’activité de Maroclear, bien que perceptible sur les capitalisations gérées ou encore sur le nombre d’opérations boursières dénouées, cet impact reste limité.
Rappelons que Maroclear est une institution qui a pour vocation d’offrir des services à la communauté financière et, de ce fait, les niveaux de tarification des services sont en adéquation avec le niveau requis pour le financement du fonctionnement et de l’effort d’investissement requis par la mise en place de nouveaux services ou l’amélioration de la résilience de ses systèmes.
Je rappellerai par ailleurs que, depuis sa création, Maroclear a pu autofinancer tous les projets qu’elle a initiés au service de la place.
- F. N. H. : Maroclear avait initié deux importants projets : la refonte totale de l'outil de gestion et la mise à niveau du plan de continuité d’activité. Où en êtes-vous avec ces deux chantiers ?
- F. B. : Il s’agit, en effet, d’une mise à niveau globale de l’ensemble de nos infrastructures matérielles, télécoms et logiciels. Ce projet, dont la mise en œuvre a démarré depuis 2007, mais dont les prémices de réflexion remontent à 2005, vise en effet à doter notre établissement d’une plate-forme de dernière génération aux meilleurs standards.
De surcroît, la solution qui est mise en ?uvre est une solution qui a fait ses preuves chez bon nombre de dépositaires à travers le monde. Elle scelle ainsi un partenariat voulu à long terme avec l’un des géants mondiaux des services informatiques, qui disposent d’un long registre de références de par le monde et qui a la prétention de devenir le leader mondial de ce type d’activité. Au-delà des aspects techniques liés à la haute disponibilité des services, le nouvel outil de gestion apporte des solutions appropriées à plusieurs problématiques de la place, en intégrant de nouvelles fonctionnalités. Ce qui implique fondamentalement une meilleure discipline de la part des acteurs.
Venons-en maintenant à l’avancement de ce projet. Le projet est en phase de déploiement avancé; nous finalisons à la date d’aujourd’hui les recettes fonctionnelles et techniques et préparons le lancement des phases d’accompagnement du changement et de préparation du démarrage.
Nous signalons à cette occasion que, parallèlement aux chantiers Maroclear en cours, des efforts sont déployés par l’ensemble de nos partenaires et affiliés pour la réalisation à temps des adaptations nécessaires. Aussi, je souhaiterais louer les efforts fournis dans ce cadre par la Direction du Trésor et des investissements extérieurs, Bank Al-Maghrib, le CDVM, l’APSB, le GPBM et nos affiliés pour la réussite de ce projet de Place.
En matière de continuité d’activité, Maroclear poursuivra ses efforts pour l’amélioration constante de ses dispositifs de continuité et de maîtrise des risques.
- F. N. H. : Dans le cadre du plan de développement de la Bourse, il est notamment prévu de porter le nombre d’entreprises cotées à 150 à l’horizon 2015, avec 500.000 investisseurs. Pensez-vous que la plate-forme de production de Maroclear est suffisamment dimensionnée pour soutenir cet accroissement d’activité éventuel, tout en garantissant un certain niveau de fiabilité et de sécurité dans le traitement des opérations ?
- F. B. : Notre capacité à répondre à des accroissements de volumes importants était un des éléments-clés qui ont prédéterminé le choix des infrastructures qui seront mises en place dans le cadre de la nouvelle solution. Il convient d’indiquer, dans ce registre, que l’infrastructure qui sera mise en œuvre dans le cadre de la nouvelle solution est une infrastructure évolutive.
Nous avons, dès à présent, pris les options nécessaires auprès de nos fournisseurs pour permettre cet accroissement de volume, sans que cela n’entraîne de surcoûts importants.
Par ailleurs, il est à rappeler que, dans le cadre de la mise en place d’infrastructure évolutive, il faut, en plus des aspects liés aux capacités de traitement matériels et réseaux télécoms, inclure les aspects liés aux architectures des solutions logiciels, à l’organisation des traitements et à la capacité contractualisée des fournisseurs à proposer les solutions requises.
En tout état de cause, les efforts consentis par Maroclear nous permettent d’affirmer avec sérénité que nous serons en mesure de répondre à des accroissements de volumétrie, mais aussi à des modifications de configuration et / ou d’organisation des marchés.
- F. N. H. : Il y a un peu plus d’un an, votre expertise a été sollicitée à l’étranger, à travers notamment l’assistance technique et opérationnelle fournie au Gabon où un dépositaire central a été installé avec succès. Avez-vous eu des expériences similaires par la suite dans la sous-région notamment ?
- F. B. : Maroclear s’inscrit dans les efforts qu’entreprend notre pays dans le cadre du renforcement de la coopération Sud-Sud, et se met d’ailleurs volontiers, à chaque fois que cela lui est demandé, au service d’institutions similaires, que ce soit pour des assistances techniques ou opérationnelles.
Nous continuerons d’ailleurs à appuyer, dans le cadre de notre domaine de compétence, les actions des pays de la Communauté Economique des Etats d'Afrique Centrale ou autres pour le développement de leurs marchés financiers.
D’ailleurs, nous sommes constamment sollicités pour partager notre expérience avec des pays amis.
- F. N. H. : Plus globalement, quelles sont les priorités arrêtées par Maroclear à moyen et long termes ?
- F. B. : Dans le cadre de son plan de développement, Maroclear a retenu les axes de développement stratégiques suivants : le développement de nouveaux services, l’accompagnement de l’innovation financière dans notre pays ; la promotion de la standardisation des méthodes et pratiques permettant ainsi une meilleure maîtrise des coûts au niveau de tous les acteurs de la chaîne titres; et l’amélioration constante de la résilience, à travers l’amélioration des dispositifs continuité et maîtrise des risques.
- F. N. H. : Aujourd’hui, le marché boursier semble souffrir d’un sérieux problème de liquidité. En tant qu’ancienne patronne de la Bourse, quelles sont les pistes que vous suggérez et qui sont susceptibles de rendre la place casablancaise encore plus dynamique ?
- F. B. : La politique des pouvoirs publics au Maroc a favorisé une culture de stabilité économique, gage d’un fonctionnement efficace des marchés financiers. Fort d’un environnement politique et économique stable, des efforts ont été consentis par l’ensemble de la communauté financière dans le sens de la création d’un marché boursier mature présentant tous les gages nécessaires à l’encouragement de l’investissement sur ce marché.
Durant les deux dernières décennies, et grâce aux grands efforts qui ont été consentis par tous les acteurs, le marché boursier casablancais a connu une progression significative.
Par ailleurs, notre marché gagnerait en maturité et liquidité en encourageant;
• l'hétérogénéité des acteurs du marché en termes de besoins de transaction, d’évaluations des risques et d’horizons d'investissement;
• l’investissement à long terme non spéculatif;
• l’augmentation de la taille des émissions;
• une structure du marché (en terme de type de valeurs) plus diversifiée offrant plus d’opportunités pour le partage des risques.
Pour notre part, nous continuerons à travailler en concertation avec l’ensemble des acteurs pour fournir des infrastructures de traitement post-marché (systèmes de paiement et de règlement, …) résilientes qui favorisent la participation active et peuvent contribuer à rendre le marché plus résistant aux chocs, améliorant ainsi sa liquidité.
- F. N. H. : Par ailleurs, l’on se rend compte souvent que lorsque l’euphorie s’empare du marché, avec en toile de fond des échanges et des volumes encore plus importants, les irrégularités tendent à se multiplier. Ne pensez-vous pas que, finalement, dans le processus de modernisation du marché boursier, le volet réglementaire accuse un certain retard ?
- F. B. : Depuis le 17ème siècle, l’évolution des marchés boursiers a été caractérisée par une succession de cycles de hausse et de baisse. Toutefois, si on analyse l’évolution à part dans le cas de crise majeure (Guerre mondiale), ces marchés ont toujours progressé, offrant ainsi à l’entreprise des opportunités de financement plus équilibré lui permettant d’assurer sa pérennité, sa profitabilité et sa compétitivité.
L’autorégulation ayant montré ses limites, il convient de rappeler que l’évolution précitée implique fatalement le développement de pratiques plus ou moins préjudiciables au marché, sans que cela ne remette en cause de manière fondamentale ni le rôle du marché boursier ni ses lois.
En matière de régulation, une grande vigilance a toujours prévalu, ce qui permet, dans le cas où des risques sont identifiés, de fournir les cadres nécessaires permettant ainsi au marché d’évoluer en toute efficacité. L’enjeu est de permettre aux professionnels et aux épargnants d’avoir confiance.
Je retiendrai, pour ma part, que sur la Place, il existe entre acteurs, autorités de marché et autorités de tutelle, un esprit de concertation sain.


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