Un drone des Forces armées royales (FAR), a bombardé, mercredi dernier, un véhicule d'orpailleurs en provenance des camps de Tindouf en Algérie. Les orpailleurs se trouvaient dans la zone tampon au Sahara, à à environ 200 kilomètres de la région mauritanienne de Zouerate. Selon des sources informées dans le secteur de l'orpaillage artisanal en Mauritanie, le drone a détruit le véhicule des orpailleurs dans la zone dite de « Karzarz », sans faire de victimes humaines. L'armée marocaine exerce un contrôle total de l'espace aérien des territoires marocains, y compris la zone tampon du Sahara, qui est une zone de guerre interdite aux civils. Les FAR y déploient des drones afin d'assurer la surveillance de la zone de mener des frappes de précision contre toute cible ou mouvement suspect s'introduisant dans cette zone. Les sources ont déclaré à Hespress que l'armée algérienne avait mené, dans la nuit de lundi dernier, une opération de raid contre un site minier artisanal regroupant des dizaines d'orpailleurs dans une zone appelée « Igrik ». Lors de cette intervention, quatre véhicules ont été saisis, des tirs à balles réelles ont été effectués et des dizaines de personnes ont été arrêtées. D'autres orpailleurs ont constaté la présence de traces de balles et de sang sur le site après l'intervention des forces algériennes. Le nombre exact des personnes visées par les interventions algériennes n'est pas connu, leurs nationalités et leurs sort non plus. Mercredi également, l'armée algérienne a mené une autre opération dans un site situé dans la zone de « Ghiouarat », où plusieurs orpailleurs ont été interpellés, parmi lesquels figuraient également des Mauritaniens, indiquent les mêmes sources consultées. Leur sort reste inconnu, à l'instar des personnes arrêtées lors des autres opérations. Les sources opérant dans le secteur de l'orpaillage a indiqué que les ressortissants mauritaniens connaissent parfaitement le danger de l'exploitation minière en dehors des frontières, mais s'exposent volontairement à ces dangers malgré le risque. Ces incidents créent une gêne diplomatique entre la Mauritanie et les pays limitrophes où s'exercent ces activités, indiquent les sources mauritaniennes. A noter que les autorités de Nouakchott, ne réagissent presque jamais aux informations faisant état de disparition d'orpailleurs mauritaniens en dehors du territoire national, et spécialement lorsqu'il s'agit de la zone tampon au Sahara. Cette zone est régie par l'accord de cessez-le-feu de 1991 et par l'Accord militaire n°1 conclu entre le Maroc et la mission de surveillance onusienne MINURSO. Les accords interdisent la présence ou toute activité armée du polisario, tout déploiement militaire, toute construction ou installation à caractère militaire, ainsi que toute action susceptible de modifier le statu quo ou de constituer une violation du cessez-le-feu. Les activités et les présences civiles également y sont non autorisées, telles que l'orpaillage clandestin, la contrebande ou la circulation de groupes armés. En revanche, sont autorisés la surveillance et l'observation de la zone par la MINURSO, le contrôle de l'espace aérien et la surveillance permanente par les FAR, ainsi que des interventions ciblées et proportionnées visant à neutraliser des menaces sécuritaires ou des activités illégales. Les zones frontalières de la région, entre le Maroc, la Mauritanie et l'Algérie, sont devenues des espaces d'activité pour des réseaux impliqués dans l'orpaillage et l'extraction illégale de minerais, ainsi que dans la contrebande de drogue et de carburant. Ces réseaux regroupent des individus originaires de Mauritanie, des camps de Tindouf en Algérie et de plusieurs pays africains, qui exploitent l'immensité des frontières pour mener leurs activités criminelles. Selon la source, la lutte contre ces pratiques ne relève plus de la sensibilisation ou de la prévention, mais nécessite des mesures de répression et des sanctions sévères. Elle ajoute que les syndicats de l'orpaillage artisanal appellent depuis longtemps les autorités mauritaniennes à sanctionner sévèrement leurs ressortissants impliqués dans ces activités illégales pour non-respect des frontières de voisinage. Ils demandent par ailleurs un renforcement de la surveillance sécuritaire aux frontières et l'installation de points de contrôle relevant de l'armée et de la gendarmerie, afin de réduire les risques sécuritaires, politiques et diplomatiques découlant des agissements de certains orpailleurs irresponsables.