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Energie/développement durable : Une équation difficile à résoudre
Publié dans Finances news le 29 - 10 - 2009

* Les nouveaux défis ne sont pas uniquement liés à la hausse du prix du pétrole ou à l’épuisement des réserves d’hydrocarbures, mais davantage au changement climatique.
* Les tendances actuelles de consommation et de production d’énergie se traduisent par des émissions de gaz à effet de serre qui devront être, en 2050, supérieures à ce que la communauté des scientifiques juge acceptable.
* En la matière, le Maroc a du chemin à parcourir.
Energie et développement durable, telle est la thématique de la conférence organisée récemment par la Fédération de l’Energie. Étaient présents à cette rencontre de nombreux experts, venus des quatre coins du monde, pour débattre de cette équation devenue complexe et dont la variable « développement durable » est déterminante. A noter que depuis la session parlementaire tenue en octobre dernier, le Souverain avait institutionnalisé le développement durable comme élément-clé de toute stratégie de développement.
Et depuis lors, le patronat n’a pas cessé de sensibiliser les entreprises pour qu’elles intègrent l’efficacité énergétique dans leurs stratégies.
Aussi, la crise financière internationale s’est-elle traduite par une crise économique au Maroc tout en révélant un certain nombre d’inefficiences. Elle a mis à nu un mode de production très peu soucieux du contexte naturel, un équilibre précaire des matières premières, une désertification et une problématique du réchauffement climatique de plus en plus urgente. Le réchauffement climatique s’avère aujourd’hui une réalité prouvée. Parce que les tendances actuelles de consommation et de production d’énergie se traduisent par des émissions de gaz à effet de serre qui devront être, en 2050, supérieures à ce que la communauté des scientifiques juge acceptable.
D’après A. Alaoui, président de la Fédération de l’Energie, un citoyen des USA consomme chaque année 8 tonnes équivalent pétrole. En Asie, un citoyen chinois consomme moins d’une tonne équivalent pétrole par an et veut davantage de croissance économique et davantage de richesse. Il conclut que si les Chinois étaient aujourd’hui équipés comme le sont les Européens, ils posséderaient 700 millions de voitures consommant la totalité de la production de pétrole du Moyen-Orient, soit 60% de la production mondiale.
L’environnement au second rang
Le Maroc s’y est pris tardivement et la crise internationale pourrait être considérée comme un déclencheur d’une nouvelle stratégie où l’environnement est le nœud du futur. «Les modes économiques au Maroc sont peu soucieux de l’environnement, d’où l’impérieuse nécessité de s’inscrire désormais dans le développement durable, de procéder à des lectures croisées des stratégies sectorielles… », annonce T. Mouline, directeur de l’Institut Royal des Etudes Stratégiques. Il s’empresse d’ajouter : « Jusqu’à présent, le Maroc ne dispose pas d’une politique de littoral ».
Pedro Moraleda, Directeur général de l’Observatoire Méditerranéen de l’Energie, a, par ailleurs, axé son intervention sur les perspectives énergétiques en Méditerranée au niveau du développement durable. Il a expliqué que la demande globale en énergie devrait doubler en 2030 par rapport à son niveau en 1990. La croissance de l’électricité au Sud va tripler celle du Nord avec toutes les émissions de CO2 qui en découlent. Les premiers challenges qui se posent sont : comment équilibrer l’offre et la demande ? Les opportunités sont l’impérative utilisation rationnelle de l’énergie, le développement des énergies renouvelables, l’exploitation du crédit carbone…
A l’instar des pays du Sud de la Méditerranée, le Maroc verra sa consommation en énergie doubler en 2030. Cette hausse de la consommation entraînera dans son sillage le problème de la sécurité des approvisionnements, le déficit de la balance des paiements et le réchauffement climatique.
Aujourd’hui, la notion de développement durable fait l’objet d’un large consensus. L’idée sous-jacente est la suivante : le développement sans respect de l’environnement engendre des déséquilibres, des dysfonctionnements et des blocages qui, tôt ou tard, remettront en cause le développement durable. Encore faut-il savoir que se préoccuper de l’environnement en oubliant le développement n’est pas envisageable. Il s’avère par ailleurs que sans développement les inégalités tant sociales que territoriales s’aggraveront. C’est pourquoi le Souverain a insisté sur la recherche de points d’équilibre nouveaux entre ces notions de développement et de durabilité.
En effet, si dans les pays développés, les pouvoirs publics ont pris à bras le corps cette problématique, au Maroc les choses traînent encore. A entendre les discours de nos responsables, la situation est alarmante et la marge de manœuvre est limitée. En raison des priorités et des frustrations d’une frange de la population, la priorité restera la croissance économique. Ils demeurent par contre optimistes et considèrent que des innovations pourraient changer radicalement l’organisation des systèmes électriques si, par exemple, était mise au point une technologie pour stocker l’électricité. Ils comptent énormément sur l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables qui pourraient apporter une contribution significative à l’approvisionnement en énergie dans des conditions économiques et environnementales plus acceptables.


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