C'est un drame. Le bilan des décès s'établit à 28 morts avec trois nouveaux corps retrouvés, en fin de journée lundi 08 février 2021, dans l'atelier "clandestin" de confection submergé par les eaux de pluies à Tanger. Atelier clandestin ? » ou « Atelier illégal? »... Cette tragédie a suscité une vive émotion à travers le Maroc. La catastrophe qui a endeuillé des dizaines de familles repose encore une fois la question du respect des lois et des règles de sécurité des travailleurs. Les drames du genre, hélas, rappellent à chaque fois l'urgence d'appliquer la législation régissant les secteurs de l'industrie et de l'emploi. Quid des conditions de travail des employés de ces «ateliers de la misère» ? Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes et acteurs de la société civile s'interrogent sur la « clandestinité » de l'atelier de textile de Tanger. Usine clandestine voudrait dire salariés non déclarés, activité non licenciée, inspecteur de travail aux abonné absents, ministère de l'emploi insouciant, autorité complaisante, toute la chaîne est défaillante de bout en bout... — younes khalid (@KhalidYounes) February 8, 2021 Dans un communiqué diffusé en fin de matinée du 08 février, la wilaya de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a indiqué que l'unité où a eu lieu le drame était « clandestine ». Située dans la cave d'une villa du quartier Hay Alinas, dans la zone d'El Mers, celle-ci a, selon les autorités locales, « subi une infiltration d'eaux de pluies » qui a « encerclé certains » de ses occupants. L'unité emploierait illégalement pas moins de 130 personnes, selon les premières informations relayées par la presse locale, ce qui a suscité l'incompréhension et la colère des internautes marocains. Est ce possible? Une usine clandestine dans la cave d'une villa. Infiltration d'eaux de pluies, 28 morts, selon un bilan provisoire. De quelle clandestinité on parle quand des dizaines de personnes se rendent chaque jour sur un lieu de travail...en bus... — azizdaouda.com (@AzizDaouda) February 9, 2021 Pour l'instant, aucune information n'a filtré sur les conditions de travail exactes des victimes dans cet atelier, au quartier résidentiel de Braness. Son propriétaire aurait été arrêté lundi après-midi. Une enquête a été ouverte par les autorités compétentes sous la supervision du parquet pour élucider les circonstances de cet incident et déterminer les responsabilités, ont annoncé plus tôt dans la journée les autorités locales. #Tanger: 28 morts, c'est le bilan de la tragédie survenue dans une unité clandestine de textile. Des dizaines de personnes ont été encerclées par les eaux pluviales dans une cave. Le propriétaire a été interpellé et une enquête ouverte pour définir les responsabilités. Reportage. pic.twitter.com/Mhs6RsOPEl — 2M.ma (@2MInteractive) February 8, 2021 La tragédie de Tanger a braqué les projecteurs sur les «ateliers de misère» du secteur textile, pilier de l'économie marocaine, où des ouvriers souvent sous- payés travaillent à des cadences infernales dans des conditions de sécurité largement insuffisantes. Outre l'exploitation de la main d'œuvre dans ce genre d'atelier, les conséquences sont nombreuses : fraude fiscale, réduction des salaires, non-paiement des charges sociales, non-respect des règlements sur les conditions de travail. Mais en revanche, les salaires et les avantages sociaux perdus par les ouvriers, ainsi que les recettes non collectées par le fisc se retrouvaient de l'autre côté du bilan, sous la forme de bénéfices supplémentaires pour les contrevenants! La catastrophe aurait-elle pu être évitée ? Leurs responsables auraient-ils ignoré les mises en garde sur la météorologie nationale, leur enjoignant de continuer le travail ? Y aurait-il un manque de respect des normes de construction en vigueur ? autant de questions qui méritent des réponses au moment qu'il s'agit de normes dites d'application obligatoire. Autrement dit, tous les concernés doivent scrupuleusement les respecter et les appliquer sous peine d'être poursuivis, condamnés et emprisonnés. Malheureusement, les contrevenants parviennent très souvent à passer entre les mailles du filet.