DR ‹ › Après Fès et Meknès, la pièce «L'héritage inconnu» de Mohamed Ouachen fera escale, le 1er avril à la Salle Bahnini de Rabat, avec le soutien de la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l'étranger (MRE). Conçu comme un hommage à la sociologue et écrivaine Fatema Mernissi, ce spectacle s'articule autour d'une lettre et d'un héritage. «Cinq femmes et un homme se retrouvent convoqués dans l'étude d'un maître notaire. L'annonce est tombée comme un couperet : ils et elles ont été désigné·es pour hériter d'une fortune et d'un théâtre. Mais à une condition absurde et captivante : ils doivent découvrir l'identité du défunt… avant la fin de la journée», relate l'auteur et metteur en scène belgo-marocain. Celui-ci propulse ses personnages, à travers leur quête, vers «des lieux chargés de symboles – un salon, une bibliothèque, un café – où les certitudes vacillent». Ils se questionnent, en filigrane, sur la valeur du véritable legs : est-ce de l'argent, un combat, une idée ou une libération ? Dans une dynamique collective et personnelle, Mohamed Ouachen a conçu sa pièce à travers un atelier théâtre avec un groupe de femmes à Molenbeek, à l'initiative de Malika Saissi, productrice du projet ayant voulu «rendre hommage à la pensée de Fatima Mernissi». «Ces femmes, d'origine marocaine pour la plupart, avaient une envie forte, presque viscérale : monter sur les planches pour raconter leurs histoires, leurs parcours, leurs vécus en tant que femmes issues de l'immigration, tiraillées entre deux cultures, entre héritage familial et émancipation personnelle», explique Mohamed Ouachen. Le spectacle devient un espace d'expression pour elles, tout en mettant en avant une «sociologue et féministe visionnaire» qui a «disséqué les mécanismes du patriarcat dans le monde arabo-musulman». À partir de là, Mohamed Ouachen dit avoir donné à la dramaturgie de la pièce la forme d'un polar théâtral, «pour que la voix collective de ces femmes devienne le support de l'hommage».