Le brevet, déposé le 29 novembre 2018, décrit une caméra intégrée dans une sonnerie qui dispose d'un programme de reconnaissance faciale. Jusque-là, rien d'alarmant, sachant qu'Amazon souhaite faciliter, à leurs livreurs identifiés et surveillés, l'accès des domiciles pour faire cesser les vols de colis. Dans le brevet, sont décrites plusieurs fonctionnalités. On peut déclarer des visages « amis », comme les membres de votre famille et aussi des visages « suspects », comme une belle-mère trop intrusive ou encore un voisin trop curieux. Cependant, là où le bât blesse, c'est que l'on peut paramétrer la sonnerie pour que tous les visages « suspects » inscrits dans la base de données de la police les alarment directement. Et ce sans intervention humaine. Une mobilisation de la société civile L'association américaine des libertés civiles (ACLU) monte au créneau contre le géant Amazone. « L'histoire de la surveillance par les gouvernements rend évident que la surveillance des visages va pénaliser les groupes de personnes déjà ciblés par le gouvernement et sujet au profilage racial et aux abus — les immigrants, les personnes de couleurs et les anciens condamnés » déclare-t-elle sur son site. Elle rappelle également les dangers de la reconnaissance faciale, qu'elle a déjà démontrés lorsqu'elle s'est attaquée au système de reconnaissance faciale d'Amazone (Rekognition). L'Association l'a testé en scannant les visages des 535 membres du Congrès, le logiciel a identifiait 28 membres du Congrès comme criminel. L'association craint que ce type de technologie accentue les inégalités. Tout d'abord, parce que la reconnaissance faciale est moins précise sur les visages « de personnes de couleurs et des femmes ». Et que ce logiciel peut être utilisé à des fins d'oppression sur les opposants politiques. Une mobilisation de la Silicon Valley Les grands ingénieurs de la Silicon Valley prennent position et s'opposent de plus en plus à l'utilisation de leur travail à des fins liberticides ou militaires, comme les salariés de Google, qui ont refusé que le moteur de recherche réponde à des appels d'offres de l'armée. D'ailleurs, Kent Walker, senior vice-président en charge des questions légales, d'éthique et de sécurité pour Google explique, sur le blog officiel de la société, que la reconnaissance faciale peut être un réel outil pour la recherche des personnes disparue par exemple. Toutefois, toute nouvelle avancée technologique peut avoir de lourdes conséquences, elles doivent donc être appréhendées avec beaucoup de précautions. C'est pour cela que Google s'engage à ne pas vendre leur technologie tant qu'ils ne sont pas assurés qu'elle sera respectueuse des principes et valeurs du moteur de recherche.