Le Conseil de sécurité mènera courant avril des discussions au sujet du Sahara en abordant précisément la mission onusienne, MINURSO. Des réunions sont prévues pendant deux jours à cet effet. Dans le cadre du suivi périodique consacré aux mission de maintien de paix dans le monde au niveau de l'organe exécutif des Nations Unies, la mission MINURSO fera partie du planning du mois d'avril avec deux réunions qui lui seront consacrées. En effet, la planning du Conseil de sécurité a prévu deux réunions de consultation au sujet de la MINURSO, la mission d'observation du cessez le feu au Sahara, le 24 avril et le 30 avril. Les autres dates du mois seront consacrées notamment à l'examen de la mission en Libye UNSMIL, celle du Soudan du sud UNMISS, la mission au Kosovo UNMIK et le BINUH en Haiti, ainsi que des réunions de suivi de la situation au Moyen-Orient, l'adoption de sanctions en Libye, des consultations sur la Syrie et la Colombie. Concernant le dossier du Sahara, la première réunion consacrée à des consultations sur la MINURSO pour aborder un rapport sur la situation sur le terrain, notamment les défis rencontrés et le respect du cessez-le-feu. La deuxième réunion quant à elle annonce un « examen stratégique », une étape qui abordera les aspects techniques de la mission et visera à évaluer sa performance opérationnelle et l'adéquation de sa structure face aux évolutions politiques et de terrain qu'a connues le conflit ces dernières années. Ces réunions viennent à la suite d'une tournée d'une délégation des Nations Unies au Sahara, précisément à Laâyoune, effectuée du 24 au 30 mars. La même délégation s'est ensuite rendue à Nouakchott. Elle comptait de hauts responsables et experts onusiens, siégeant au sein du département des opérations de maintien de la paix. Leur visite de terrain était destinée à observer et suivre le travail de la MINURSO au Sahara, tout en tenant une série de réunions techniques avec le commandement des forces onusiennes et des responsables marocains et mauritaniens. Ces visites qui n'ont pas prévu d'étape en Algérie dans leur programme, ont servi à la rédaction du rapport que le secrétaire général de l'ONU doit présenter ce mois-ci devant le Conseil de sécurité. Les discussions autour de la mission au Sahara s'intensifient dans un contexte où les Etats-Unis poussent vers le reconsidération de l'efficacité des anciennes missions, avec l'objectif de revoir celles n'ayant pas réussi à créer des résultats sur le terrain, en dehors des évaluations techniques. Dorénavant, les missions sont de plus en plus scrutées et sont attendues pour apporter une contribution au règlement politique des conflits. Le 20 mars dernier, lors d'une audition devant le Congrès américain à New York consacrée à la réforme globale des missions de paix de l'ONU, Washington a clairement affiché son intention de revoir le rôle de la MINURSO. «Nous envisageons une revue stratégique de la force de maintien de la paix au Sahara occidental, qui est présente depuis 50 ans», avait déclaré l'ambassadeur-représentant des États-Unis à l'ONU, Mike Waltz, à cette occasion. Dans le cas de la MINURSO, cette mission a montré son efficacité dans le maintien du cessez-le-feu conclu en 1991 tout le long du mur de défense marocain, en empêchant les intrusions du Polisario et ses attaques. Toutefois, elle continue de faire l'objet d'obstacles opérationnels et de limites techniques dans ses prérogatives, à l'Est du berme, une partie illégalement contrôlée par la milice du polisario.