Le ministre de la Santé, Anas Doukkali a fait savoir, ce lundi au parlement, que les enquêtes préliminaires conduites par le Comité central multidisciplinaire de son département n'avaient enregistré aucun dysfonctionnement concernant la qualité du vaccin et les conditions de son stockage partout au Maroc. Une enquête interne au niveau de la maternité des Orangers devrait confirmer la nature de l'erreur médicale commise. Anas Doukkali, qui répondait à une question orale déposée par le groupe Istiqlalien de la première Chambre sur « les circonstances de décès d'un nouveau-né et de la détérioration de l'état de santé de six autres enfants à la maternité des Orangers de Rabat », a indiqué que l'enquête menée par le Comité central multidisciplinaire du ministère de la Santé et les examens nécessaires, avaient permis de déterminer les circonstances du décès survenu dans la maternité le 18 décembre dernier et reconnu par le ministère, tandis que six nouveaux nés dont l'état de santé présentait des détériorations ont été transférés le jour même au CHU Ibn Sina de Rabat. De ces six nouveaux nés, « un seul est décédé en cours de route », selon le ministère. Le vaccin mis « hors de cause » « Le vaccin utilisé à la maternité des Orangers de Rabat est le même que dans le reste des centres, et aucune complication n'a été rapportée dans aucun de ces centres », a indiqué le ministre. Il inscrit l'opération, à l'origine du drame, dans le cadre du Programme national de vaccination recommandé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). « A compter de 2017, les établissements de santé du ministère ont commencé à vacciner les nouveau-nés contre l'hépatite B pendant les premières 24 heures suivant la naissance, et ce conformément aux recommandations de l'OMS », a-t-il expliqué. Les interrogations autour de l'administration de vaccins à un temps jugé « précoce » devaient en effet trouver des réponses. Anas Doukkali défend l'idée que ce programme suivi à la maternité des Orangers, malgré ses conséquences accablantes pour les familles des nouveaux-nés, est « régi par un règlement et par un protocole spécial à l'instar du reste des établissements de santé relevant du ministère ». « Un décès à la maternité, et un autre au cours du transfert aux CHU » Le ministre de la Santé a précisé au cours de sa réponse que le personnel médical et infirmier s'était dépêché de veiller sur l'état de santé de six nouveau-nés transférés en urgence au département de réanimation et de soins intensifs relevant de l'hôpital de pédiatrie du CHU Ibn Sina. C'était après le décès d'un premier nouveau né, dans la maternité des Orangers. « Ceci a permis d'améliorer l'état de santé de cinq bébés, dont quatre ont pu quitter l'hôpital. Un bébé reste dans un état stable sous surveillance médicale et son état s'est nettement amélioré, tandis qu'un autre est décédé avant d'être transféré à l'hôpital pour enfants », certifie Anas Doukkali. Il a en fin indiqué que la direction de du CHU Ibn Sina avait à son tour ouvert une enquête interne afin de clarifier l'affaire et que le ministère public avait également ouvert une enquête, soulignant que son ministère « prendrait toutes les mesures nécessaires à la suite des recherches judiciaires ».