Deux semaines après leur évacuation en urgence à cause des inondations, le retour progressif des populations s'organise dans les zones sinistrées. Une opération encadrée, planifiée et sécurisée par les autorités, à mesure que les conditions météorologiques s'améliorent et que les indicateurs de terrain passent au vert. Ksar El Kébir : Retour encadré et transport gratuit Dans la province de Larache, notamment à Ksar El Kébir, les opérations de retour ont été lancées dans le cadre de plans logistiques spécifiques à chaque territoire. Plusieurs quartiers sont concernés, parmi lesquels Bab El Oued, la médina, Chariâa, Salam, Nahda, Saâda, l'ancien camp militaire ou encore Al Arouba. Pour faciliter la mobilité des familles, des voyages en train gratuits ont été programmés depuis Tanger Ville vers Ksar El Kébir, en complément d'autobus mobilisés depuis plusieurs points de rassemblement. Le retour des populations s'accompagne d'un dispositif sanitaire renforcé. Le Groupement sanitaire territorial de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, relevant du ministère de la Santé et de la Protection sociale, a déployé un plan d'urgence pour sécuriser le parcours de retour et garantir la continuité des soins. Des unités médicales mobiles et ambulances ont été positionnées dans les principaux points de transit : gares ferroviaires, stations de bus et centres d'hébergement, pour assurer consultations, interventions d'urgence et suivi des cas sensibles. Le dispositif a été élargi à l'ensemble de la province de Larache, avec renforcement des capacités de l'hôpital provincial pour la prise en charge des urgences et interventions chirurgicales, mobilisation d'équipes médicales et paramédicales, ainsi que déploiement d'unités fixes dans 11 centres d'hébergement. Le Gharb aussi Dans la commune de Gharb Beni Malek, à Mechraa Bel Ksiri, la première phase de retour a démarré dimanche, sous la supervision des autorités locales et provinciales, après la baisse du niveau des eaux de l'Oued Sebou. Dès les premières heures de la journée, les services préfectoraux, appuyés par les Forces auxiliaires et la Gendarmerie royale, ont coordonné et sécurisé l'opération afin d'assurer un retour dans des conditions de sécurité et de fluidité optimales. Selon les données locales, près de 70 familles, environ 300 personnes, ont regagné leurs domiciles dans ce premier contingent, tandis qu'un second groupe d'environ 800 personnes devait suivre le lendemain. Les familles issues notamment des douars Nouirate El Oued, Ouled El Ghoul et Laabcha El Akla, hébergées auparavant à l'école Ibn Roumi et au collège Nouirate, ont ainsi pu retrouver leurs habitations. D'autres, originaires des douars El Haytham, Ouled Riahi et Beni Aziz, restent provisoirement installées dans des structures d'accueil, dont Dar Taliba, en attendant leur retour. Un plan intégré La préfecture de Sidi Kacem avait annoncé, en amont, la mise en place d'un plan intégré pour encadrer chaque étape du retour des populations évacuées, avec identification des moyens de transport, des itinéraires et du calendrier de déploiement. L'opération concerne un large périmètre territorial, incluant des quartiers de Mechraa Bel Ksiri, Laymoun et Bioutat ainsi que de nombreux douars relevant de plusieurs communes, dont Selfat, Tekna, Moulay Abdelkader, Sidi Azzouz, Lamrabih, Sidi El Kamel, Ermilate, Dar Laaslouji, Sefsaf, Ouled Nouel ou encore Sidi M'hamed Chelh. Les autorités précisent que l'annonce des autres zones et des phases suivantes interviendra progressivement, en fonction de l'évolution de la situation et de la réhabilitation des infrastructures et axes de circulation. Le mouvement de retour concerne aussi les provinces de Sidi Slimane et Kénitra. Les autorités ont annoncé la reprise progressive vers plusieurs douars et communes, dont Ouled Hcine, Mograne, Sidi Allal Tazi, Souk Tlat El Gharb et Sidi Mohamed Lahmar, selon un calendrier échelonné tenant compte de la situation hydrologique et logistique. Respecter les consignes Le ministère de l'Intérieur souligne que ces opérations s'inscrivent dans une approche progressive, priorisant la sécurité. Les zones les plus touchées avaient été classées sinistrées, nécessitant d'importants travaux de nettoyage, de réhabilitation et de rétablissement des réseaux d'eau, d'électricité, d'assainissement et de télécommunications, ainsi que la réouverture des routes. Les autorités appellent par ailleurs les habitants non encore concernés à ne pas regagner leurs domiciles sans autorisation officielle, des points de contrôle ayant été instaurés pour encadrer les flux. Ce retour, organisé étape par étape, marque ainsi une phase clé vers la normalisation de la vie dans les territoires frappés par les intempéries, après des semaines de mobilisation exceptionnelle des pouvoirs publics et des services d'intervention.