Dense et engagé, le de discours Rahma Bourqia, présidente du Conseil Supérieur de l'Éducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique, a donné le coup d'envoi de la 8e session de l'Assemblée générale du Conseil. Une session placée sous le signe de la réforme structurelle de l'enseignement supérieur et de l'innovation, à travers deux projets majeurs : l'avis du Conseil sur le projet de loi relatif à l'enseignement supérieur, à la recherche scientifique et à l'innovation, ainsi que celui sur les référentiels métiers et compétences relevant du même secteur. D'entrée de jeu, la présidente a insisté sur l'impératif d'une révision législative profonde, estimant que la loi actuelle (01.00), en vigueur depuis près de 25 ans, ne répond plus aux réalités ni aux exigences du XXIe siècle. Elle a souligné la nécessité d'un nouveau cadre capable d'accompagner les mutations sociales, économiques, technologiques et environnementales qui bouleversent l'écosystème universitaire marocain. Bourqia a rappelé que les universités doivent redevenir des pôles d'excellence, des foyers de savoir, de production scientifique et technologique, et de formation de citoyens capables de contribuer activement au développement du pays. Selon la responsable, cela suppose non seulement un contenu pédagogique actualisé, mais aussi une gouvernance rénovée et des outils de pilotage plus performants. « Il faut que le nouveau modèle d'enseignement supérieur donne aux jeunes les moyens de comprendre un monde en constante mutation, tout en les préparant à innover, à penser, et à agir », a-t-elle déclaré. Cette vision ambitieuse repose sur une combinaison entre efficacité, éthique, équité et innovation pédagogique, dans un contexte mondial marqué par la montée en puissance de l'intelligence artificielle générative et la démocratisation du numérique. Face à l'augmentation continue du nombre d'étudiants, notamment dans les universités publiques, et à des ressources souvent limitées, Bourqia a insisté sur la nécessité d'une gestion plus rationnelle et équitable, sans jamais renoncer à la qualité. Elle a mis l'accent sur le rôle déterminant du numérique, notamment l'enseignement à distance, pour réduire les inégalités spatiales et sociales d'accès à l'université. Elle a également abordé avec lucidité les mutations de la profession enseignante, appelant à une réflexion éthique et pédagogique sur l'intégration de l'IA dans les pratiques universitaires. Pour elle, il est grand temps où les universités doivent réfléchir institutionnellement aux usages de l'IA, à ses implications sur les contenus, les examens, et la formation continue des enseignants. Ainsi, Bourqia a rappelé que l'université ne saurait se limiter à une simple fonction utilitaire. Elle est également un espace d'éthique, de valeurs et de transmission entre générations. Elle a plaidé pour un enseignement supérieur qui forme des citoyens capables de réflexion rationnelle et de participation civique, dans un monde où les défis écologiques, sociaux et économiques exigent plus que jamais des réponses créatives et collectives. Et de conclure : la présidente du Conseil a affirmé que la réforme législative attendue ne doit pas être un simple ajustement, mais bien une transformation structurelle du système. Elle a exprimé l'espoir que cette session de l'Assemblée générale constitue une étape constructive vers un enseignement supérieur marocain plus juste, plus performant, et en phase avec les défis de demain.