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Affaire Imane : KMKB réclame des sanctions sévères et rejette les peines alternatives
Publié dans Hespress le 26 - 09 - 2025

Les agressions violentes contre les femmes se multiplient au Maroc, révélant chaque fois un peu plus les failles d'un système juridique qui peine à les protéger. Les réseaux sociaux s'enflamment d'indignation, mais cette colère populaire reste souvent sans effet concret sur les politiques publiques et les décisions législatives. Le drame survenu à Taza en est une nouvelle illustration, avec une affaire qui a bouleversé l'opinion et remis sur la table la question de l'impunité. C'est l'affaire d'Imane.
Mardi dernier, la ville de Taza a été secouée par cette affaire tragique : Imane, une jeune femme, a été violemment agressée à l'arme blanche par son ex-mari. Elle a subi de graves blessures au visage avant d'être transportée d'urgence à l'hôpital pour recevoir les soins nécessaires. Les autorités judiciaires et sécuritaires ont, dans la foulée, ouvert une enquête judiciaire.
Le parquet près la Cour d'appel de Taza a en effet déféré jeudi devant le juge d'instruction le principal suspect dans l'affaire dite de « l'agression d'Imane ». Selon une source judiciaire, cette décision intervient à la suite de l'achèvement de l'enquête préliminaire menée par les services compétents. Le mis en cause, ex-mari de la victime, fait face à de lourdes accusations, dont tentative de meurtre, viol, séquestration et menaces de commettre un crime.
Le juge d'instruction a ordonné l'ouverture d'une enquête approfondie afin de déterminer toutes les circonstances et responsabilités liées à ce drame qui a bouleversé Taza et suscité une vive émotion au niveau national.
Au-delà de l'émotion qu'elle suscite, cette affaire met une nouvelle fois en lumière la problématique de la violence faite aux femmes. Sur les réseaux sociaux, l'indignation est massive. Dans les milieux féministes, elle relance un débat brûlant : celui de l'impunité, aggravée selon eux par la récente réforme des peines alternatives.
Ghizlane Mamouni, présidente de l'association Kif Mama Kif Baba, livre une lecture particulièrement alarmante. « Le cas d'Imane a choqué l'opinion publique en général et le mouvement féministe en particulier. Il cristallise l'agrégation de violences que subissent les femmes jusqu'au passage à l'acte ultime : le féminicide », affirme-t-elle.
Pour elle, l'histoire d'Imane illustre d'abord la persistance de pratiques sociales destructrices. «Imane a d'abord subi la cruelle violence sociale de devoir épouser son violeur... Car malgré l'abrogation de l'article 475 du code pénal en 2014 à la suite de l'affaire Amina Filali, force est de constater que ce fléau est loin d'avoir été endigué », précise-t-elle.
La présidente de l'association rappelle également que l'impunité a souvent un effet aggravant : «Elle a par la suite subi les sévices psychologiques et physiques infligés par son ex-mari, que l'impunité ressentie a poussé à exercer une violence extrême : essayer de la tuer et la laisser totalement défigurée ».
Mais ce qui inquiète le plus aujourd'hui, c'est l'impact de la réforme entrée en vigueur en août dernier. « Avec la réforme concernant les peines alternatives, on voit poindre une autre forme de violence, juridique cette fois-ci : malgré les revendications pressantes du mouvement féministe pour l'empêcher, les auteurs de violences contre les femmes, comme l'ex-mari d'Imane, pourront bénéficier de peines alternatives... Autrement dit, cette nouvelle loi participe à renforcer l'impunité des auteurs de violences contre les femmes et donc à encourager ces violences ! », dénonce Mamouni.
Aussi, la militante estime que le Maroc a manqué une occasion cruciale de montrer sa détermination à protéger les femmes. « À Kif Mama Kif Baba, nous sommes dans l'incompréhension face au refus paradoxal de nos décideurs politiques de prendre en compte la revendication du mouvement féministe consistant à empêcher les auteurs de violences à l'encontre des femmes de bénéficier de peines alternatives. C'est une occasion ratée de démontrer l'engagement de notre pays en faveur de la protection des femmes », dit-elle.
Au nom de son association, Ghizlane Mamouni conclut par un appel clair : « Aujourd'hui, nous exigeons de la justice des sanctions fortes, dissuasives, à la hauteur de la barbarie subie par Imane. »
Une exigence qui résonne largement auprès des militantes et citoyens qui, depuis plusieurs jours, réclament que l'affaire Imane ne se transforme pas en un nouvel exemple d'impunité, mais qu'elle marque au contraire un tournant dans la lutte contre les violences faites aux femmes au Maroc.


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