Alors que la controverse autour des refus de visas opposés à des chauffeurs marocains du transport international continue d'alimenter le débat, l'ambassade de France au Maroc a tenu à apporter des clarifications face à l'indignation exprimée par les professionnels du secteur. Depuis plusieurs mois, ces derniers dénoncent en effet un durcissement des procédures, qu'ils jugent brutal et préjudiciable à la fluidité des échanges commerciaux entre le Maroc et l'Union européenne. Depuis octobre dernier, de nombreuses entreprises marocaines de transport routier international font état de refus de visas concernant leurs chauffeurs, malgré des dossiers qu'elles estiment complets et conformes. Ces rejets ont eu des conséquences immédiates sur l'activité du secteur : annulations de trajets, retards de livraison, pénalités contractuelles et pertes financières importantes. Au-delà de l'impact économique, les professionnels alertent sur l'atteinte portée à leur crédibilité auprès de leurs partenaires européens, dans un contexte de forte intensification des échanges commerciaux. Face à ces préoccupations, l'ambassade de France a confirmé avoir été saisie, au cours des derniers mois, par des entreprises de transport intercontinental évoquant une hausse perçue des refus de visas. Dans un souci d'apaisement, ses services consulaires indiquent avoir engagé un dialogue direct avec les acteurs concernés, recevant à la fois des représentants du secteur et des parlementaires marocains venus relayer leurs inquiétudes. La mission diplomatique a ainsi expliqué à Hespress FR que ces échanges ont permis d'exposer les contraintes juridiques strictes qui encadrent l'octroi des visas Schengen, en particulier la vigilance imposée par le code européen des visas sur la qualité et la conformité des demandes. Les autorités françaises soulignent que cette rigueur ne vise pas un secteur ou une nationalité en particulier, mais s'inscrit dans un cadre réglementaire commun à l'ensemble de l'espace Schengen. Dans le même temps, les services consulaires affirment avoir pris en considération les réalités propres au secteur du transport routier, qualifié de « très dynamique » et confronté à de fortes tensions en matière de recrutement. Des contacts directs ont ainsi été établis avec certaines entreprises afin de mieux comprendre leurs contraintes opérationnelles et leurs besoins en mobilité, précisent ils. L'ambassade insiste, en outre, sur le caractère stratégique du transport routier dans les relations économiques entre le Maroc et la France. Consciente que ce secteur constitue un maillon essentiel des chaînes logistiques et du commerce bilatéral, elle assure que les services français des visas « poursuivent leurs efforts pour faciliter les mobilités légales, dans l'esprit du partenariat d'exception renforcé conclu entre les deux pays en octobre 2024 ».