Les Forces armées royales marocaines (FAR) examinent la possibilité d'acquérir jusqu'à 400 chars de combat sud-coréens de type K2 Black Panther, ainsi qu'un système de défense aérienne de moyenne portée Cheongung. Selon des informations rapportées par le site spécialisé Defense Blog, citant des sources industrielles en Corée du Sud, cette démarche s'inscrit dans une stratégie marocaine de diversification de ses fournisseurs militaires, au-delà des équipements traditionnellement acquis auprès des États-Unis et de partenaires européens. Si ce projet venait à se concrétiser, il s'agirait de la première intégration d'équipements militaires lourds sud-coréens au sein des FAR. A cet égard, des sources industrielles basées à Séoul ont fait avoir que l'intérêt manifesté par Rabat reflète une volonté de modernisation globale des capacités de défense terrestre et aérienne, après plusieurs années d'exploitation d'un parc hétérogène de véhicules blindés, souvent coûteux à entretenir et complexes sur le plan logistique. L'approche envisagée ne se limiterait pas à une seule plateforme, mais traduirait une réévaluation plus large de l'architecture défensive du Royaume. Le char K2 Black Panther, développé et produit par le groupe sud-coréen Hyundai Rotem, figure parmi les chars de combat les plus avancés au monde. Présenté pour la première fois en 2009 lors du salon ADEX à Séoul, il a été officiellement intégré à l'armée sud-coréenne à partir de 2014 pour remplacer les anciens chars M48 Patton. Conçu sur la base de technologies nationales, le K2 se distingue par un blindage composite renforcé, des systèmes de protection active, ainsi qu'une résistance élevée aux projectiles de gros calibre. Opéré par un équipage de trois personnes, le K2 Black Panther est armé d'un canon Rheinmetall de 120 mm, compatible avec les munitions standard de l'OTAN, capable de tirer jusqu'à quinze coups par minute. Il peut également utiliser des munitions intelligentes de type KSTAM, tout en étant doté de systèmes de protection contre les menaces chimiques et biologiques. En parallèle, le système Cheongung (également connu sous le nom de KM-SAM) constitue l'un des piliers de la défense aérienne sud-coréenne depuis son entrée en service en 2016. Développé par LIG Nex1 avec l'appui de l'agence sud-coréenne de développement de la défense, ce système repose sur un radar multifonctions conçu par Hanwha Systems, et comprend plusieurs plateformes de lancement vertical équipées chacune de huit missiles. Capable d'intercepter des aéronefs à une distance allant jusqu'à 40 kilomètres et des missiles balistiques à moyenne portée jusqu'à 20 kilomètres, le Cheongung représente une solution intermédiaire entre les systèmes de courte portée et les dispositifs de défense stratégique longue portée. Cette orientation potentielle vers des équipements sud-coréens confirme la dynamique de modernisation continue des FAR, dans un contexte régional marqué par l'évolution rapide des menaces et la nécessité de renforcer la cohérence des capacités de défense du Royaume, tout en préservant une marge d'autonomie stratégique dans le choix de ses partenariats militaires.