Le Roi Mohammed VI a accepté l'invitation du président américain Donald J. Trump pour devenir membre fondateur du Conseil de Paix, initiative visant à contribuer aux efforts de paix au Moyen-Orient et adopter une nouvelle approche pour résoudre les conflits dans le monde. Le choix du Maroc traduit la confiance dans sa capacité à jouer un rôle opérationnel discret mais déterminant dans cette région. Réservée à un cercle restreint de leaders mondiaux, la participation au Conseil de la paix s'inscrit dans une approche pragmatique axée sur l'efficacité et la production de résultats concrets. L'initiative américaine vise à mobiliser des acteurs capables de gérer des crises complexes tout en maintenant un équilibre stratégique entre puissance et délégation. Dans ce contexte, la présence du Maroc témoigne de sa capacité à dialoguer avec différentes parties prenantes tout en préservant la légitimité internationale des actions entreprises. « Le Maroc, apte à opérer dans des zones de forte polarisation » « La décision du président Donald Trump d'inviter le Roi Mohammed VI à siéger comme membre fondateur du Conseil de la paix s'inscrit dans une logique strictement fonctionnelle », affirme Hicham Mouatadid. Dans une analyse livrée à Hespress FR, cet expert en stratégie politique souligne que « Washington cherche à constituer un noyau restreint d'acteurs capables de produire des résultats concrets dans des environnements de crise à forte complexité politique ». Le Maroc est perçu, selon Mouatadid, « non comme un acteur idéologique, mais comme un fournisseur de stabilité diplomatique, apte à opérer dans des zones de forte polarisation ». Du point de vue américain, poursuit l'expert, la gestion du dossier de Gaza impose de limiter l'exposition directe des États-Unis tout en conservant un contrôle stratégique du processus. «L'intégration du Maroc permet de déléguer une partie de la médiation à un acteur crédible, sans transférer le leadership », note l'analyste. Il s'agit d'un mécanisme classique d'«externalisation contrôlée », visant à préserver les intérêts américains tout en réduisant les coûts réputationnels et diplomatiques. L'intérêt stratégique du Maroc réside dans sa capacité à maintenir simultanément des canaux fonctionnels avec Washington, Tel-Aviv et les acteurs palestiniens reconnus. Cette position intermédiaire confère à Rabat une utilité opérationnelle rare : transmettre des messages, tester des options, désamorcer des blocages, « sans provoquer de réactions de rejet immédiates », précise Mouatadid. Dans une crise comme Gaza, cette fonction d'interface est plus déterminante que l'influence coercitive. Le format juridique du Conseil de la paix, conçu comme organisation internationale orientée vers des résultats, indique un déplacement du centre de gravité, du cessez-le-feu vers la gestion post-conflit. Le Maroc dispose d'une expérience reconnue dans l'articulation entre sécurité, gouvernance et développement. Sa présence renforce la crédibilité d'une approche qui vise à stabiliser durablement Gaza au-delà de la seule dimension sécuritaire. « L'adhésion du Maroc, tout en soutenant l'initiative américaine, introduit un mécanisme d'équilibre interne », observe l'analyste. Rabat reste fermement attaché au cadre des résolutions internationales et à la solution à deux États. Cette position permet au Conseil de conserver une marge de légitimité internationale, indispensable à l'adhésion d'acteurs régionaux et multilatéraux, sans remettre en cause le pilotage américain. Cette invitation consacre le Maroc comme partenaire de confiance à haute valeur ajoutée stratégique. « Il ne s'agit pas d'une reconnaissance morale, mais d'une validation de la prévisibilité, de la discipline diplomatique et de la capacité de Rabat à s'inscrire dans des processus longs, complexes et politiquement sensibles », relève Mouatadid. Ce capital de fiabilité est aujourd'hui un actif rare dans la région. Pour le Maroc, la participation à ce Conseil offre un levier d'influence indirect mais structurant. Elle permet de peser sur l'architecture des solutions, sur la séquence des priorités (sécurité, administration, reconstruction) et sur les paramètres de gouvernance future de Gaza. « Cette influence s'exerce sans exposition frontale ni engagement coercitif », précise encore l'analyste. Enfin, la présence du Maroc au sein du Conseil de la paix sur Gaza repose sur une convergence pragmatique d'intérêts. « Les États-Unis recherchent un partenaire opérationnel fiable, le Maroc consolide son positionnement comme acteur stratégique discret mais influent. Ce n'est ni une rupture ni un alignement idéologique, mais une intégration maîtrisée dans un dispositif de gestion de crise conçu pour produire des résultats mesurables dans un environnement à très haute instabilité », conclut Hicham Mouatadid.