Le Sud-Africain, Raymond Hack, ancien président de la commission de discipline de la Confédération africaine de football (CAF), a sévèrement critiqué les décisions rendues à la suite des incidents survenus lors de la finale de la CAN opposant le Maroc au Sénégal le 18 janvier. Pour lui, la CAF a manqué une occasion historique d'imposer des sanctions à la hauteur de la gravité des faits. Intervenant sur la chaîne publique sud-africaine SABC, Hack, fort d'une longue expérience en matière de procédures disciplinaires dans le football, a estimé que les sanctions prises sont « non proportionnelles à la gravité des faits » observés sur et en dehors du terrain. La commission de discipline de la CAF a manqué de fermeté, notamment concernant le retrait des joueurs sénégalais du terrain après le penalty accordé au Maroc, suivi d'un retard de plus de 14 minutes avant la reprise du jeu, a-t-il soutenu, notant que c'est là une séquence qui a porté atteinte à l'image de la compétition au niveau continental et international. Pour l'ancien président de la commission de discipline, la responsabilité première incombe au sélectionneur sénégalais, qu'il a accusé d'avoir donné l'instruction de quitter la pelouse, un comportement qu'il qualifie de contraire à l'esprit du jeu. À ses yeux, la suspension de cinq matches accompagnée d'une amende reste en deçà du préjudice causé. Hack estime par ailleurs que des amendes financières ne suffisent pas dans ce type de situation et plaide pour des sanctions administratives et disciplinaires plus lourdes, afin de créer un précédent dissuasif. Il évoque des précédents internationaux où des instances dirigeantes ont infligé des suspensions longues pour des comportements jugés contraires à l'éthique sportive, soulignant que la crédibilité des compétitions repose sur l'application stricte des règlements. Concernant la demande marocaine d'entériner la victoire après le retrait sénégalais, Hack rappelle toutefois que la décision d'interrompre définitivement un match ou d'en tirer les conséquences sportives relève d'abord de l'arbitre sur le terrain, et non uniquement des commissions postérieures, ce qui, selon lui, complexifie l'interprétation réglementaire dans ce dossier. Il considère néanmoins que l'image de la CAF a été fragilisée par une application jugée peu rigoureuse des textes, insistant sur le fait qu'une instance organisatrice doit incarner l'autorité et l'exemplarité, notamment vis-à-vis des jeunes générations. « C'est l'un des épisodes les plus gênants jamais vécus par la CAF », a-t-il dit. Malgré des amendes globales dépassant le million de dollars infligées aux parties concernées, Hack considère que le véritable test pour la CAF sera sa capacité à faire respecter la discipline lors des prochaines compétitions. Pour rappel, la CAF a rejeté la réclamation du Maroc concernant le résultat de la finale, estimant que le retrait temporaire des joueurs sénégalais ne justifiait pas l'attribution du match aux Lions de l'Atlas, une décision qui continue d'alimenter le débat sur l'application des règlements disciplinaires en football africain.