Le rapport de la Cour des comptes (2024-2025) a examiné la situation financière des projets de dessalement de l'eau, mettant en évidence l'écart significatif entre l'augmentation des coûts de production et le tarif de vente adopté. Le rapport a également souligné les contraintes contractuelles et opérationnelles auxquelles ce secteur vital est confronté. DR ‹ › Le rapport de la Cour des comptes pour 2024-2025 met en lumière une hausse des coûts de l'eau dessalée issue des partenariats public-privé. Le document souligne que le coût du dessalement varie selon les projets, influencé par des facteurs techniques comme la capacité des usines, la qualité de l'eau, les coûts énergétiques, ainsi que des éléments contractuels tels que la contribution publique, la fiscalité, l'inflation, entre autres. Concernant l'usine d'Agadir, le rapport précise que le coût de référence par mètre cube est de 8,86 dirhams pour l'eau potable et de 5 dirhams pour l'eau destinée à l'irrigation. Toutefois, en 2024, le coût de l'eau potable a grimpé à 10,29 dirhams, marquant une hausse de 16 % par rapport au coût initial, en raison notamment de l'absence d'exemptions fiscales et de l'impact de la pandémie de COVID-19. Pour l'usine de Casablanca, le coût par mètre cube est fixé à 4,48 dirhams selon le modèle de référence du contrat de partenariat public-privé. Bien que ce tarif soit compétitif, le rapport indique qu'il pourrait fluctuer en raison des risques liés à l'inflation. Le fossé entre les coûts de production et les prix de vente Le rapport met également en avant un déficit opérationnel dû au coût élevé du dessalement par rapport aux prix de vente. Tandis que le coût par mètre cube varie entre 4,88 et 23,55 dirhams selon les usines, le prix de vente se situe entre 1,65 et 4,88 dirhams pour l'eau potable à la production. À Agadir, l'Etat, via l'Office national de l'électricité et de l'eau potable, compense la différence entre le coût d'achat de l'eau dessalée auprès du partenaire privé et son prix de vente à l'agence multiservices. Cette différence a atteint environ 684 millions de dirhams entre 2022 et 2024, et le déficit opérationnel total pourrait s'élever à environ neuf milliards de dirhams sur la durée du contrat de gestion déléguée, fixé à 27 ans. Pour les usines de dessalement de Safi et El Jadida, affiliées au groupe OCP et réalisées dans le cadre du plan d'urgence, le déficit opérationnel total s'élève à environ 1,02 dirham par mètre cube. Le groupe OCP s'engage à fournir l'appui financier nécessaire à sa filiale pour assurer la mise en œuvre et la gestion des projets de ressources en eau non conventionnelles. Quant aux usines de dessalement gérées par l'Office national de l'électricité et de l'eau potable à Al Hoceima, Akhfenir, Boujdour et Laâyoune, le coût total de production et de distribution dépasse largement le tarif appliqué. À Laâyoune, en 2023, le coût de production et de distribution par mètre cube a atteint environ 23,41 dirhams, contre un tarif moyen perçu de 5,06 dirhams. À Al Hoceima, le coût de production et de distribution par mètre cube s'élève à environ 16,66 dirhams, alors que le tarif moyen perçu est de 6,24 dirhams par mètre cube. Le rapport de la Cour des comptes explique que cet écart entre les coûts de production et les tarifs appliqués dans les usines de dessalement gérées par l'office dans les quatre villes mentionnées a engendré un déficit opérationnel total d'environ 212 millions de dirhams en 2023.