Après avoir submergé plusieurs quartiers résidentiels de Ksar El Kebir au cours des deux derniers jours, les eaux de l'Oued Loukkos ont connu un recul relatif ce vendredi matin, alors que les opérations d'évacuation et de mise à l'abri des habitants se poursuivent. Durant la nuit de jeudi à vendredi, les autorités locales, appuyées par la protection civile et des acteurs de la société civile, ont intensifié les opérations d'évacuation dans différents secteurs de la ville. Des engins lourds, des camions ainsi que des embarcations pneumatiques ont été mobilisés afin d'atteindre les zones les plus durement touchées par la montée des eaux. Selon des sources locales, l'accalmie observée au niveau de la mer a facilité l'écoulement d'importants volumes d'eau acheminés par l'oued Loukkos, contribuant ainsi à la baisse progressive du niveau des inondations dans certains quartiers. Dès la matinée de vendredi, les autorités ont entamé l'installation de tentes destinées à accueillir les familles sinistrées. Les personnes évacuées ont été provisoirement relogées dans plusieurs centres d'hébergement à travers la ville, notamment à l'internat du lycée Oued El Makhazine, réservé aux femmes, et à celui du lycée qualifiant Al Mohammedia, affecté à l'accueil des hommes, y compris des habitants des quartiers Diwan et Azib Rfaii. Les opérations de secours ont permis l'évacuation d'un nombre important de résidents, mais devraient se poursuivre tout au long de la journée, certaines familles refusant encore de quitter leurs habitations malgré les alertes, sur fond de craintes liées à de nouvelles précipitations annoncées dans les prochains jours. Toujours selon les mêmes sources, des unités des Forces Armées Royales déployées sur place ont commencé l'installation de tentes au niveau de la route de Tataft, tandis que le conseil communal s'apprête à ouvrir d'autres structures sociales en coordination avec la province de Larache. Dans la nuit, la cellule de crise présidée par le gouverneur de la province de Larache a appelé les habitants à évacuer plusieurs quartiers à risque, notamment Bouanani, Sidi Kamel, Azib Rfaii, Al Andalous, Al Marina, Al Amal, Achourouk, Doha et d'autres zones exposées. Ces décisions font suite à l'inondation massive de ces quartiers par les eaux de l'oued Loukkos, avec des niveaux dépassant parfois un mètre, provoquant d'importants dégâts matériels et l'isolement de populations dans des communes voisines telles que Ksar Bjir, Ouled Ouchih ou encore Souaken, comme l'a indiqué Mohamed Essimo, président du conseil communal. Par ailleurs, une réunion gouvernementale d'urgence est prévue ce vendredi sous la présidence du ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, en présence de plusieurs responsables concernés, afin d'examiner les mesures à adopter face à cette situation exceptionnelle, dont l'ampleur des pertes matérielles reste à évaluer. Sur le plan hydrique, le barrage Oued El Makhazine affichait, vendredi matin, un taux de remplissage de 100 %, avec un volume estimé à 672 millions de mètres cubes. Dans le même temps, le taux de remplissage global des barrages du bassin du Loukkos atteignait 77,4 %, pour un volume total avoisinant 1,5 milliard de mètres cubes.