Le Sénat de Floride a adopté la résolution SR 1798, un texte fort qui consacre l'importance stratégique des relations entre le Royaume du Maroc et l'État de Floride. Au-delà du symbole, cette initiative inscrit le partenariat maroco-américain dans une dynamique économique, diplomatique et territoriale assumée, avec en toile de fond la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur son Sahara et l'ambition atlantique portée par Rabat. La résolution adoptée par la chambre haute floridienne s'ouvre sur un rappel appuyé de la profondeur historique des relations entre Rabat et Washington. Le Maroc, souligne le texte, fut en 1777 le premier pays à reconnaître l'indépendance des États-Unis, un geste fondateur ensuite formalisé par le Traité d'amitié et de paix de 1786, présenté comme l'un des plus anciens traités diplomatiques toujours en vigueur dans l'histoire américaine. Ce socle historique est mobilisé pour ancrer la relation bilatérale dans le temps long et rappeler son caractère exceptionnel. Le document met également en avant un tournant plus récent. Il évoque la proclamation de décembre 2020 par laquelle le président Donald J. Trump a reconnu la pleine souveraineté du Royaume du Maroc sur son Sahara. Selon la résolution, cette décision a renforcé l'alliance stratégique entre les deux pays et ouvert une nouvelle ère de coopération en matière de paix, de sécurité et de développement régional. En inscrivant noir sur blanc cette reconnaissance dans un texte institutionnel, le Sénat de Floride lui confère une dimension politique supplémentaire au niveau d'un État fédéré clé du sud-est américain. Le texte insiste par ailleurs sur le leadership du Roi Mohammed VI, notamment à travers l'Initiative Royale pour la coopération atlantique, également désignée comme le Partenariat pour la coopération atlantique. Cette initiative est présentée comme un cadre ambitieux destiné à approfondir les liens politiques, économiques et culturels entre l'Afrique et les Amériques. Le Maroc y apparaît comme un hub stratégique du continent africain et un point d'entrée privilégié vers la Zone de libre-échange continentale africaine, renforçant son positionnement de passerelle entre plusieurs espaces géoéconomiques. Floride–Maroc, une architecture de partenariats concrets Au-delà des déclarations de principe, la résolution recense une série d'avancées concrètes qui structurent la relation entre la Floride et le Maroc. L'inauguration, en juin 2025, du Consulat général du Royaume du Maroc à Miami est présentée comme un jalon historique, illustrant la volonté de Rabat d'ancrer durablement sa présence diplomatique et économique dans le sud-est des États-Unis. Dans la foulée, plusieurs accords territoriaux sont venus densifier la coopération. En octobre 2025, la région Casablanca-Settat et le comté de Miami-Dade ont signé un mémorandum d'entente établissant un partenariat de type Sister Cities. L'accord vise à développer les échanges dans les domaines du commerce, de l'investissement, de l'innovation, de la durabilité et de la culture. Dans le même esprit, la Chambre de commerce, d'industrie et de services de Casablanca-Settat, l'American Chamber of Commerce in Florida et la CAMACOL ont conclu un accord tripartite destiné à stimuler la collaboration entre les secteurs privés marocain et floridien. La dimension territoriale s'étend également aux collectivités locales. La ville de Hollywood, en Floride, et celle de Laâyoune ont formalisé en novembre 2023 un accord de jumelage destiné à renforcer la coopération dans le tourisme, la culture, l'éducation et le développement durable. À travers cette initiative, le texte souligne le renforcement des liens entre les communautés marocaines et floridiennes, appuyé par l'action du consulat à Miami. Le volet économique n'est pas en reste. La résolution rappelle l'Accord de libre-échange États-Unis–Maroc signé en 2004, unique accord de ce type conclu entre Washington et un pays africain, qui a contribué à faire du Maroc l'un des principaux partenaires commerciaux des États-Unis sur le continent. Elle mentionne également l'accord de jumelage portuaire signé en 2002 entre le Port de Miami et le Port de Casablanca, destiné à renforcer la connectivité maritime et la coopération logistique dans le commerce transatlantique reliant l'Amérique du Nord, l'Afrique et l'Europe. En conclusion, le Sénat de Floride affirme reconnaître l'importance stratégique du Maroc comme pont entre l'Afrique, l'Europe et les Amériques, et se déclare favorable à un approfondissement de la coopération dans des secteurs clés tels que le commerce, les industries maritimes, le tourisme, l'énergie verte et l'éducation. Par cette résolution, la Floride inscrit noir sur blanc un partenariat appelé à s'intensifier, confirmant que la relation maroco-américaine ne relève pas seulement de la diplomatie fédérale, mais s'enracine désormais dans une architecture territoriale et économique structurée.