L'Assemblée générale des Nations Unies, tiendra au mois de juin deux séances de discussion sur le conflit du Sahara au niveau de la 4ème Commission chargée des questions politiques relatives à la décolonisation. Cette occasion devrait permettre d'appliquer et d'aligner les positions exprimées lors de la dernière résolution du Conseil de sécurité. Les dates des 16 et 17 juin 2026 ont été choisies pour la tenue de deux séances de discussion sur le conflit du Sahara avec la participation du Maroc et de l'Algérie en tant qu'observateurs à ses travaux. Ces réunions s'inscrivent dans le cadre de réunions préparatoires de la 81e session de l'Assemblée générale. Les deux séances devraient voir la participation de délégations et d'acteurs politiques, des droits de l'homme et économiques provenant des provinces du sud du Royaume, dans le but de fournir des informations de terrain sur la situation politique, économique, sociale et en matière de droits humains dans la région. Au menu des discussions, la Commission est attendue pour aborder le conflit régional sur la base de la résolution adoptée par l'Assemblée générale en décembre 2025, qui réaffirme le soutien des Nations Unies au processus de négociation lancé par le Conseil de sécurité en vertu de sa résolution 1754 de 2007. Par ailleurs, il s'agira notamment d'aligner les positions des Etats sur les décisions prises par le Conseil de sécurité, l'organe exécutif et le plus important au sein des Nations Unies. Toutefois, des questions demeurent autour de la continuité de cette commission étant donné le contenu des résolutions du Conseil de sécurité, en particulier la dernière adoptée en novembre 2025, qui a tranché pour l'Initiative d'autonomie soumise par le Maroc en 2007. Actuellement les Nations Unies font face à une situation compliquée où ses propres organes ne semblent porter des divergences de traitement. Le Conseil de sécurité privilégie aujourd'hui une solution politique pour le dossier du Sahara, pendant ce temps le Sahara continue d'être inscrit comme territoire non autonome au niveau juridique et reste traité au niveau de la commission de décolonisation. La situation traduit un non-sens puisque juridiquement, l'ONU considère que le processus de décolonisation n'est pas achevé, alors que le Conseil de sécurité établit un cadre légal et politique clair, en validant expressément la proposition d'autonomie marocaine de 2007 comme cadre exclusif de solution politique et confirme par conséquent que le Sahara est sous souveraineté marocaine. Autrement dit, les organes de décolonisation (C-24) semblent avoir un mandat obsolète, puisqu'ils continuent leur suivi par inertie institutionnelle et protocole, en suivant seulement la liste officielle des territoires non autonomes de 1963. Il y a donc une dissonance entre le Conseil de sécurité dont les décisions et résolutions sont juridiquement contraignantes et la Commission de décolonisation chargée de recommandations et suivi historique. Pour rappel, la dernière résolution du Conseil de sécurité a validé l'option d'autonomie telle que soumise par le Maroc, en insistant sur la nécessité d'aboutir à une solution politique juste, durable et acceptable pour toutes les parties, dans le respect des principes de la Charte des Nations Unies et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. La résolution des Nations Unies souligne également l'importance de l'engagement des parties à manifester leur volonté politique et à entrer dans des négociations sérieuses de bonne foi et sans conditions préalables. Cette résolution constitue un tournant décisif dans l'approche du Conseil de sécurité vis-à-vis de ce conflit régional, ce changement pourrait réorienter le débat au sein de la Quatrième Commission, passant d'une logique de décolonisation classique à une approche politique et négociée fondée sur des résolutions contraignantes du Conseil de sécurité. Il reste toutefois le risque de voir cette commission instrumentalisée par les parties promouvant le séparatisme, avec à leur tête l'Algérie. Il sera donc impératif pour les organisations de la société civile sera de respecter les références onusiennes et d'éviter que ces rencontres soient un terrain de jeu pour promouvoir des discours séparatistes.