Le bras syndical du parti de l'Instiqlal, l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), traverse une zone de fortes turbulences. Une crise interne ouverte oppose désormais une partie de sa direction à son secrétaire général, Naam Miyara, sur fond d'accusations liées à la gestion financière et à la cession présumée de biens appartenant à l'organisation. Le ton est monté d'un cran avec l'annonce par plusieurs membres du bureau exécutif de leur boycott d'une réunion clé, dénonçant un climat marqué par « l'opacité » et « l'absence d'explications suffisantes » concernant des informations circulant autour de la gestion des finances et du patrimoine du syndicat. Au cœur des tensions : des soupçons persistants autour de la cession de biens immobiliers et d'actifs de l'organisation. Des interrogations qui, selon les frondeurs, ne peuvent être éludées sans un débat interne structuré. Pour ces derniers, la priorité n'est pas une confrontation politique, mais l'activation des mécanismes institutionnels internes. Dans ce sens, une voix issue du camp des signataires insiste sur la nécessité de « lier responsabilité et reddition des comptes », en appelant à la tenue d'une session extraordinaire du conseil général, seule instance habilitée à trancher et à clarifier les zones d'ombre. Les mêmes sources estiment que les soupçons entourant la gestion du patrimoine imposent des explications internes « incontournables » avant toute projection vers l'avenir. Les contestataires considèrent, en outre, que les conditions d'un débat serein ne sont pas réunies à ce stade. D'où la poursuite d'une mobilisation interne, dans l'attente d'un geste de la direction, notamment concernant la convocation du conseil général, présenté comme l'organe décisionnel dont le bureau exécutif est censé appliquer les orientations. Face aux lectures politiques qui évoquent une tentative de « coup de force silencieux » au sein du bras syndical du PI, les contestataires opposent une fin de non-recevoir. Leur ligne de défense est claire : il ne s'agit pas de renverser une direction, mais d'exiger la transparence totale sur la gestion et de préserver la crédibilité d'une organisation historique. Dans cette optique, ils affirment attendre des réponses concrètes du secrétaire général dans le cadre institutionnel du conseil général, et non en dehors, condition jugée essentielle pour apaiser les tensions et éviter une détérioration plus profonde de l'image de la centrale.