À l'été 1996, Michael Jackson est au sommet de sa puissance scénique. Sa tournée mondiale HIStory, gigantesque machine à succès, doit traverser les continents et marquer son passage en Afrique. Une date est annoncée au Maroc, à Casablanca. Elle n'aura jamais lieu. Flashback. DR ‹ › En juillet 1996, la venue de la star américaine au Maroc est actée et largement médiatisée. Jackson se rend à Casablanca pour préparer l'événement. Des images d'archives le montrent parcourant la ville sous haute sécurité, saluant des fans massés sur son passage. La séquence la plus marquante le montre à la Mosquée Hassan II, accueilli par des musiciens traditionnels. Une autre le situe au Stade Mohammed V, où devait se tenir le concert. L'événement est alors prévu pour septembre 1996. Tout semble en place. Un contexte politique sous tension feutrée Mais le Maroc de 1996 n'est pas un terrain neutre pour ce type de grand spectacle. Le pays est encore sous le règne de Hassan II, dans les dernières années d'un pouvoir marqué par un contrôle étroit de l'espace public. La fin de règne est une période de transition : ouverture progressive, certes, mais prudence constante sur les rassemblements de masse. Les grandes manifestations publiques restent encadrées, parfois limitées, dans un souci de stabilité. Dans ce contexte, accueillir une star planétaire capable de mobiliser des dizaines de milliers de jeunes pose question. La dimension culturelle se double d'un enjeu sécuritaire et politique. L'annulation, sans explication officielle En août 1996, à quelques semaines de l'échéance, la nouvelle tombe. Le concert est annulé. Des médias internationaux comme MTV et Reuters relaient l'information, en s'appuyant notamment sur des sources marocaines, dont 2M. La chaîne évoque une décision des autorités, sans justification officielle. Une hypothèse circule : la crainte de voir affluer plus de 100 000 spectateurs. Aucune communication claire ne viendra confirmer ou infirmer cette version. Le flou domine, alimentant jusqu'à aujourd'hui les spéculations : prudence sécuritaire ? réticence politique ? simple désaccord organisationnel ? Quelques semaines plus tard, la tournée africaine de HIStory se poursuit ailleurs. Tunis accueille bien Michael Jackson en octobre 1996. Le concert a lieu, devant un public massif, dans une ambiance spectaculaire à la hauteur de l'événement. Avec le temps, ce concert avorté est devenu un épisode à part dans la mémoire culturelle marocaine. Celui d'un rendez-vous manqué avec l'une des plus grandes icônes de la musique mondiale. Il révèle les tensions d'une époque : entre ouverture et contrôle, entre désir de modernité et réflexes de prudence.