La reconnaissance faciale est au cœur d'un dilemme aux Etats-Unis. Entre respect de la vie privée et protection rapprochée, San Francisco a fait son choix. Le foyer du Golden Gate Bridge a voté non à l'implémentation de caméras pour la reconnaissance faciale des individus dans les différents espaces de la ville. Le Conseil de surveillance de San Francisco a rendu son verdict, le 14 mai, pour ce qui est de la question de la mise en place de caméra de surveillance à reconnaissance faciale dans la ville. Que ce soit par des entités publiques, ou même par les forces de l'ordre, notamment le San Francisco Police District (SFPD), la reconnaissance faciale a été totalement bannie par le Conseil. Ce qui est intéressant pour les experts du domaine est surtout le fait que la ville est le berceau de plusieurs technologies numériques révolutionnaires dans le monde. Suite à ce vote, il sera totalement interdit d'utiliser le matériel déjà en place, en le mettant à jour avec des logiciels ou toute autre modification techniques, afin de faire usage de la reconnaissance intelligente des visages. Le vote s'inscrit dans le cadre d'un texte présenté en janvier dernier, baptisé «Stop Secret Surveillance», dont l'objectif est de mettre un terme à la surveillance 24 h/7 j des individus dans les différentes artères de la ville. En effet, les supporters du texte en question avancent le fait que les individus ont le droit à une vie privée, et qu'ils peuvent être protégés par les forces de l'ordre sans avoir à être surveillés constamment. San Francisco devient ainsi la première ville au monde à interdire officiellement l'implémentation de la reconnaissance faciale sur son territoire. Cela dit, le texte en question apporte de nouvelles dispositions pour ce qui est de la lecture automatique des plaques d'immatriculation, la détection des coups de feu, en plus d'imposer aux agences gouvernementales de présenter à la ville leurs projets concernant la sécurité, notamment la reconnaissance biométrique, l'utilisation de drones à caméras, la collecte d'informations via scanners corporels, etc. Toutefois, ce texte ne concerne pas les entités privées, notamment les magasins, les salles de sport, les centres commerciaux et les organismes fédéraux. De plus, cela s'applique même aux aéroports, les services de la Douane et de l'Immigration, et le port de San Francisco. Cela dit, les individus gérant ces établissements et institutions disposent de la possibilité d'apporter à la police des preuves, notamment des images ou vidéos, qui pourraient être utiles lors d'enquêtes.