Placée sous l'impulsion de la chorégraphe sénégalaise Germaine Acogny, figure emblématique de la danse contemporaine africaine et fondatrice de l'Ecole des Sables, cette édition s'inscrit dans une dynamique de structuration du secteur et de valorisation des talents du continent et de sa diaspora. Le lancement de la Biennale coïncide avec la Journée mondiale de la danse, offrant une visibilité accrue aux expressions chorégraphiques africaines contemporaines. Pour Germaine Acogny, l'enjeu dépasse largement le cadre institutionnel : « Ce n'est pas l'Ecole des Sables qui reçoit, c'est le Sénégal », insiste-t-elle, soulignant l'engagement des autorités publiques à accompagner l'événement. Une première pour le pays, cette Biennale envoie un signal fort à la scène internationale sur sa capacité à accueillir de grandes manifestations culturelles. Au total, 340 compagnies ont soumis leur candidature. Après sélection, 25 troupes — dont 15 issues d'Afrique et de la diaspora et 10 sénégalaises — participeront à cette édition. Plus de 25 spectacles sont ainsi programmés, avec la présence attendue de près de 200 programmateurs internationaux, offrant aux artistes une opportunité de diffusion à l'échelle mondiale, notamment en Europe. Au-delà des représentations, la Biennale se veut un espace de rencontres, de création et d'échanges professionnels. Elle vise également à encourager les artistes africains à s'ancrer dans leur territoire d'origine et à contribuer au développement culturel local. Cependant, l'événement fait face à d'importants défis financiers. À quelques semaines de son ouverture, les organisateurs peinent encore à finaliser leur budget, avec un déficit estimé à environ 80 millions de francs CFA. Une situation révélatrice des difficultés structurelles de financement du secteur culturel en Afrique. Malgré ces contraintes, les initiateurs restent déterminés à maintenir un haut niveau d'exigence artistique et organisationnelle. Soutenue par les autorités sénégalaises, la Biennale constitue également un test pour les politiques culturelles nationales et leur capacité à soutenir des projets d'envergure. Pour Germaine Acogny, l'ambition est claire : faire reconnaître la culture comme un véritable moteur économique. Elle voit dans cette Biennale une opportunité de démontrer que l'investissement dans les arts peut générer des retombées positives tant sur le plan économique que sur l'image du pays. La manifestation se tient jusqu'au 3 mai à l'Ecole des Sables, située à Toubab Dialaw, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Dakar. Créée en 1997 à l'initiative de l'Institut français, la Biennale de la danse en Afrique célèbre cette année ses 30 ans, après une précédente édition organisée à Maputo en 2023.